Amputation de la queue des bovins laitiers – Énoncé de position

Le 12 octobre 2016

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) s’oppose à l’amputation de la queue des bovins laitiers. L’amputation de la queue ne contribue pas à l’amélioration de la santé et du bien-être de la vache.

Sommaire

  • L’amputation de la queue des bovins laitiers a été perçue comme une intervention qui atténue le risque d’infection des pis, contribue à des vaches plus propres et améliore les conditions de travail des personnes qui travaillent auprès des vaches laitières.

    L’amputation de la queue des veaux ou du bétail adulte cause de la douleur et de l’inconfort et elle altère le comportement normal. 

    L’amputation de la queue est interdite dans plusieurs territoires du Canada.

    L’ACMV encourage les groupes de producteurs laitiers à sensibiliser leurs membres et à mettre au point des techniques de gestion de remplacement afin d’obtenir une hygiène adéquate pour les vaches laitières et d’améliorer les conditions de travail des préposés.

    Le bétail sans corne cause moins de blessures aux autres animaux et aux humains que les animaux à cornes.

Contexte 

  1. Les vaches utilisent leur queue pour chasser et empêcher les insectes d’atterrir et de mordre. Il a été démontré que les vaches sont incapables d’éloigner efficacement les mouches une fois que leur queue a été amputée (1,2).
  1. La pratique de l’amputation de la queue a été effectuée en s’appuyant sur l’hypothèse que cette intervention réduira le risque d’infection des pis, contribuera à des vaches plus propres et améliorera les conditions de travail des personnes travaillant auprès des vaches laitières. Des études scientifiques n’ont pas signalé des différences au niveau de l’hygiène des pis ou des jambes, du nombre de cellules somatiques ou de la prévalence de pathogènes intramammaires qui pourraient être attribuées à l’amputation de la queue (3-5). De plus, l’amputation de la queue n’a pas produit d’amélioration au niveau du rendement ni des caractéristiques pour les carcasses ou la santé chez les bovins de boucherie de pacs d’engraissement (6).
  1. L’amputation de la queue des veaux ou des bovins adultes cause de la douleur ou de l’inconfort. Après le placement d’une bande élastique sur la queue, les jeunes veaux manifestent des signes d’inconfort par leur comportement (ils effectuent plus de mouvements, se couchent moins et déplacent la tête vers la queue) (2). Chez les veaux plus âgés, même après le recours à l’anesthésie épidurale caudale et l’administration postchirurgicale d’un anti-inflammatoire non stéroïdien, l’amputation chirurgicale de la queue et l’utilisation d’une bande élastique autour du moignon pour l’hémostase peut être suivie de 1 à 3 jours de modifications du comportement qui indiquent une douleur aiguë (7). Les génisses courtaudées manifestent des signes de douleur chronique en raison d’une sensibilité accrue à la chaleur et au froid du moignon de la queue. La formation de neuromes, le risque d’infections postopératoires et la perte de la capacité de contrôler les mouches représentent des préoccupations de bien-être associées à l’amputation de la queue (8).
  1. Plusieurs territoires provinciaux interdisent l’acte d’amputation de la queue par les vétérinaires pour des raisons esthétiques (ou médicalement inutiles), car il n’existe aucune preuve scientifique appuyant les avantages perçus de l’intervention (5). L’ACMV encourage Les Producteurs laitiers du Canada à sensibiliser ses membres et à appuyer la mise au point de techniques de gestion de remplacement afin d’améliorer les conditions de travail des employés.
  1. Une étude à grande échelle récente a démontré que les vaches non courtaudées étaient en fait moins sales que les vaches ayant subi une amputation de la queue (9).
  1. Les personnes de tous les groupes démographiques s’opposent universellement et vivement à l’amputation de la queue des bovins laitiers (10).


Bibliographie

  1. CONSEIL NATIONAL POUR LE SOIN DES ANIMAUX D’ÉLEVAGE. Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers. (Révisé en 2009). Disponible au : http://www.nfacc.ca/codes-of-practice/dairy-cattle Dernière consultation le 15 juin 2016.
  1. EICHER, S.D. et J.W. DAILEY. « Indicators of acute pain and fly avoidance behaviors in Holstein calves following tail-docking », J Dairy Sci, 2002, vol. 85, p. 2850-2858.
  1. SCHREINER, D.A. et P.L. RUEGG. « Effects of tail docking on milk quality and cow cleanliness », J Dairy Sci, 2002, vol. 85, p. 2503-2511.
  1. TUCKER, C.B., D. FRASER et D.M. WEARY. « Tail docking dairy cattle: Effects on cow cleanliness and udder health », J Dairy Sci, 2001, vol. 84, p. 84-87.
  1. SUTHERLAND, M.A. et C.B. TUCKER. « The long and short of it: A review of tail docking in farm animals », Appl Anim Behav Sci, 2011, vol. 135, p. 179-191.
  1. KROLL, L.K., D.L. GROOMS, J.M. SIEGFORD, J.P. SCWEIHOFER, K. METZ et S.R. RUST. « Effects of tail docking on health and performance of beef cattle in confined, slatted-floor feedlots », J Anim Sci, 2014, vol. 92, p. 4108-4114.
  1. KROLL, L.K., D.L. GROOMS, J.M. SIEGFORD, J.P. SCHWEIHOFER, C.L. DAIGLE, K. METZ et M. LADONI. « Effects of tail docking on behavior of confined feedlot cattle », J Anim Sci, 2014, vol. 92, p. 4701-4710.
  1. EICHER, S.D., H.W. CHENG, A.D. SORRELLS et M.M. SHUTZ. « Short communication: Behavioral and physiological indicators of sensitivity or chronic pain following tail docking », J Dairy Sci, 2006, vol. 89, p. 3047-3051.
  1. LOMBARD, J.E., C.B. TUCKER, M.A.G. VON KEYSERLINK, C.A. KOPRAL et D.M. WEARY. « Associations between cow hygiene, hock injuries, and free stall usage on US dairy farms », J Dairy Sci, 2010, vol. 93, p. 4668-4676.
  1. WEARY, D.M., C.A. SCHUPPLI et M.A.G. VON KEYSERLINGK. « Tail docking dairy cattle: Responses from an online engagement », J Anim Sci, 2011, vol. 89, p. 3831-3837.

 

(Révision de juin 2016)