Capture d'animaux sauvages pour le commerce d'animaux de compagnie – Énoncé de position

Le 14 novembre 2012

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) s’oppose à la capture d’animaux sauvages en vue d’en faire des animaux de compagnie ou de les vendre comme tels. 
 
Contexte
 
1. L’exploitation de la faune représente une menace importante pour la biodiversité mondiale. (1-5)
a. Des millions d’espèces de vertébrés et d’invertébrés sont capturées et troquées annuellement et ce commerce est en grande partie non réglementé et illégal. 
b. La capture et l’enlèvement de ces animaux pour le commerce d’animaux de compagnie se produit souvent en l’absence de connaissances à propos de la viabilité de la population de chaque espèce et peu d’initiatives existent afin de promouvoir la viabilité.
c. Certaines de ces espèces sont considérées comme menacées d’être en péril ou de disparaître.
 
2. Une grande proportion des animaux sauvages (jusqu’à 80 %) capturés pour le commerce des animaux de compagnie sont blessés ou meurent durant la capture et le transport. (2-4, 6-8)
a. Les conditions de manipulation et de transport des animaux capturés présentent souvent des préoccupations au niveau du bien-être et de l’éthique. 
b. Les animaux qui survivent à la capture et au transport sont souvent incapables de s’acclimater à la captivité.
c. Les animaux sauvages manifestent un éventail de comportements qui les aident à s’adapter à leur environnement naturel. Ils possèdent souvent une peur instinctive des humains et d’autres animaux domestiques et ne s’adapteront pas en vue de devenir de bons animaux de compagnie. 
d. Les renseignements sur les soins optimaux, les besoins comportementaux, les structures sociales et la nutrition de nombreuses espèces d’animaux sauvages ne sont pas couramment disponibles. Cela entraîne des soins sous-optimaux et la mort prématurée en captivité.
 
3. La capture peut aussi s’accompagner d’une importante destruction de l’habitat et de blessures ou de la mort inutiles de nombreuses espèces non ciblées (p. ex., les poissons tropicaux et les coraux). (2,9)
a. La pêche au cyanure est maintenant reconnue comme un facteur majeur causant la destruction des récifs coralliens.
b. On croit que le cyanure résiduel contribue à une mortalité retardée élevée des poissons marins. 
 
4. Le commerce mondial non réglementé des animaux sauvages peut contribuer à l’introduction d’espèces envahissantes non indigènes et de maladies animales exotiques qui présentent un impact potentiellement important pour l’économie et la santé publique. (6,10,11) 
a. Une surveillance minime des maladies est exercée pour les animaux non agricoles importés légalement. 
b. Le processus d’importation et de distribution nécessite souvent la garde des animaux dans des milieux à forte densité et dans des groupements d’espèces non naturels, ce qui crée la possibilité de transmission entre les espèces et d’amplification de pathogènes connus et inconnus. 
c. L’ACMV appuie l’éducation des consommateurs à propos des impacts négatifs de l’achat d’animaux exotiques.
d. L’ACMV appuie les efforts mondiaux pour combattre le commerce illégal de la faune par l’éducation communautaire et le renforcement des capacités des populations locales là où ces espèces sont recueillies, une recherche locale accrue pour mieux comprendre les effets de la récolte sur les populations sauvages ainsi que la mise en œuvre coordonnée de règlements et de leur application à l’échelle internationale.
 
BIBLIOGRAPHIE :
 
  1. HERRERA, M. et B. HENNESSEY. « Quantifying the illegal parrot trade in Santa Cruz de la Sierra, Bolivia, with emphasis on threatened species », Bird Conservation International,  2007, vol. 17, p. 295-300.
  2. LIVENGOOD, E.J. et F.A. CHAPMAN. The ornamental fish trade: An introduction with perspectives for responsible aquarium fish ownership. FA124,  2007. Disponible en anglais seulement au : http://edis.ifas.ufl.edu/fa124. Dernière consultation le 30 avril 2013.
  3. NATUSCH, D.J. et J.A. LYONS. « Exploited for pets. The harvest and trade of amphibians and reptiles from Indonesian New Guinea », Biodiverity Conservation, 2012, vol. 21, p. 2899-2911.
  4. SCHLAEPFER, M.A., G. HOOVER et C.K. DODD. « Challenges in evaluating the impact of trade in amphibians and reptiles on wild populations », BioScience, 2005, vol. 55, p. 256-264.
  5. TLUSTY, M.F., A.L. RHYNE, L. KAUFMAN et al. « Opportunities for public aquariums to increase the sustainability of the aquatic animal trade », Zoo Biology, 2012, vol. 00, p. 1-19.
  6. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES. Garde d’animaux sauvages ou exotiques comme animaux de compagnie. 2011. Disponible au : http://veterinairesaucanada.net/documents/keeping-native-or-exotic-wild-animals-as-pets
  7. ENGEBRETSON, M. « The welfare and suitability of parrots as companion animals: A review », Animal Welfare, 2006, vol. 15, p. 263-276.
  8. ROSEN, G.E. et K.F. SMITH. « Summarizing the evidence on the international trade in illegal wildlife », Ecohealth, 2010, vol. 7, p. 24-32.
  9. RUBEC, P.J., F. CRUZ, V. PRATT, R. OELLERS, B. MCCULLOUGH et F. LALLO. « Cyanide-free net-caught fish for the marine aquarium trade », Aquarium Sciences and Conservation,  2001, vol. 3, p. 37-51.
  10. PAVLIN, B.I., L.M. SCHLOEGEL et P. DASZAK. « Risk of importing zoonotic diseases through wildlife trade, United States », Emerging Infectious Diseases, 2009, vol. 15, p. 1721-1726.
  11. PEARL, M.C. « Wildlife trade: Threat to global health », Ecohealth, 2004, vol. 1, p. 111-112.
 
(Révisé en novembre 2012)