Castration des bovins, des moutons et des chèvres – Énoncé de position

Le 30 juillet 2012

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) recommande que, lorsque la castration des bovins, des moutons ou des chèvres est requise, elle devrait être réalisée au plus jeune âge possible en utilisant de l’analgésie et de l’anesthésie appropriées et que la technique utilisée convienne à l’âge de l’animal.

Contexte

  1. L’ACMV encourage l’élaboration et la mise en œuvre de protocoles analgésiques et anesthésiques pratiques pour la castration des animaux de ferme afin de traiter la douleur et la détresse aiguës et à long terme associées à cette intervention.
  2. La castration des bovins, des moutons et des chèvres représente un élément de routine de l’élevage du bétail et une méthode d’éviter un comportement sexuel et une gestation non souhaitables chez les vaches, les brebis et les biches et elle réduit l’agression envers les humains et d’autres animaux. Les mâles castrés produisent une viande d’une couleur, d’une répartition des graisses et d’une textures différentes qui la rendent plus acceptable aux consommateurs. Le bétail castré est moins susceptible que les taureaux intacts à vivre du stress à l’abattoir et ils ont moins de viande « à coupe sombre » (1-3).
  3. La castration est réalisée à l’aide de diverses techniques, incluant l’enlèvement chirurgical des testicules ou des techniques produisant la nécrose testiculaire (p. ex., bagues de caoutchouc, anneaux, pinces Burdizzo). Ces méthodes sont habituellement réalisées sans anesthésie ni analgésie et induisent des réactions de douleur importantes selon la méthode utilisée et l’âge de l’animal (4-5). La recherche a démontré que la castration des veaux, des agneaux et des chevreaux cause de la douleur aiguë et chronique (6-7).
  4. L’âge de l’animal au moment de la castration est un déterminant primordial de l’étendue des lésions aux tissus, de l’inflammation et de la douleur provoquée. Les ruminants devraient être castrés au plus jeune âge possible, préférablement lorsqu’ils sont manipulés pour la première fois, après le premier jour de la naissance (8). La castration à l’aide d’une bague de caoutchouc semble causer de l’inconfort minimal chez les veaux et les agneaux âgés de moins de 10 jours (6-8).
  5. Sans égard à la technique de castration choisie et à l’âge du patient, tous les ruminants bénéficient de l’utilisation d’une analgésie systémique (p. ex., un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien - AINS) et/ou d’une anesthésie locale (9,10).
  6. Les impacts négatifs de la castration sur le bien-être au moment du sevrage des bovins de boucherie à élevage intensif peuvent être minimisés par l’utilisation d’un anesthésique épidural local et l’usage de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens systémiques (6,7). Même si l’analgésie locale et épidurale améliorera le bien-être de l’animal durant la castration, une atténuation de la douleur après l’intervention est aussi requise pour prévenir des souffrances inutiles à l’animal (8).
  7. La castration devrait seulement être réalisée par un personnel compétent qui utilise un équipement approprié et bien entretenu ainsi que des techniques acceptées.

Bibliographie

  1. FIELD, R.A. « Effect of castration on meat quality and quantity », J An Sci, 1971, vol. 32, p. 849-858.
  2. SEIDEMAN, S.C., H.R. CROSS, R.R. OLTJEN et B.D. SCHANBACHER. « Utilization of the intact male for red meat production; A review », J An Sci, 1982, vol. 55, p. 826-839.
  3. TARRANT, P.V. « The occurrence, cause and economic consequences of dark cutting in beef – a survey of current information », in HOOD, D.E. et P.V. TARRANT, (éd.). Current Topics in Veterinary Medicine and Animal Science Volume10. The Hauge, Martinus Nijhoff, 1981, p. 3-35.
  4. BRESTSCHNEIDER, G. « Effects of age and method of castration on performance and stress response of beef male cattle: A review », Lstk Prod Sci, 2005, vol. 97, p. 89-100.
  5. HEWSON, C.J., I.R. DOHOO, K.A. LEMKE et H.W. BARKEMA. « Canadian veterinarians’ use of analgesics in cattle, pigs, and horses in 2004 and 2005 », Can Vet J, 2007, vol. 48, p. 155-164.
  6. COTEZEE, J.F., B.V. LUBBERS, S.E. TOERBER et al. « Plasma concentrations of substance P and cortisol in beef calves after castration or simulated castration», Am J Vet Res, 2008, vol. 69, p. 751-762.
  7. MOLONY, V., J.E. KENT et I.S. ROBERTSON. « Assessment of acute and chronic pain after different methods of castration in calves », Appl Anim Behav Sci, 1995, vol. 46, p. 33-48.
  8. ROBERTSON, I.S. « Effect of different methods of castration on behaviour and plasma cortisol in calves of three ages », Res Vet Sci, 1994, vol. 56, p. 8-17.
  9. STAFFORD, K.S. et D.J. KELLOR. « The welfare significance of the castration of cattle: A review », New Zeal Vet J, 2005, vol.53, p. 271-278.
  10. STAFFORD, K.J., D.J. MELLOR, S.E. TODD, R.A. BRUCE et R.N. WAD. « Effects of local anesthesia plus a non-steroidal anti-inflammatory drug on the acute response of calves to five different methods of castration », Res Vet Sci, 2002, vol. 73, p. 61-70.
  11. CURRAH, J.M., S.H. HENDRICK et J.M. STOOKY. « The behavioural assessment of alleviation of pain associated with castration in beef calves treated with flunixin meglumine and caudal lidocaine epidural anaesthesia with epinephrine », Can Vet J, 2009, vol. 50, p. 375-382.
  12. STILLWELL, G., M.S. LIMA et D.M. BROOM. « Effects of nonsteroidal anti-inflammatory drugs on long term pain in calves castrated by the use of an external clamping technique following epidural anesthesia », Am J Vet Res, 2008, vol. 69, p. 744-750.
  13. COATZEE, J.F. «  A review of pain assessment techniques and pharmacological approaches to pain relief after bovine castration: Practical implications for cattle production within the United States », Appl Anim Behav Sci, 2011, vol. 135, p. 192-213.

(Adopté en juillet 2012)