Castration des chevaux, des ânes et des mulets – Énoncé de position

Le 20 novembre 2012

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV)  considère la castration des chevaux, des ânes et des mulets comme une intervention qui devrait seulement être réalisée par un vétérinaire, en utilisant des techniques chirurgicales, anesthésiques et analgésiques appropriées. La castration des chevaux, des ânes et des mulets est une intervention non urgente présentant un risque considérable pour l’animal. L’ACMV encourage les autorités réglementaires provinciales à considérer la castration des chevaux, des ânes et des mulets comme un acte de la pratique vétérinaire et à établir des règlements en conséquence. En outre, l’absence d’anesthésie durant la chirurgie de castration équine causerait des souffrances animales évitables.

Contexte

  1. Chez les chevaux, les ânes et les mulets (équidés), à la naissance, les testicules sont retenus dans les anneaux inguinaux pour la plupart des animaux et peuvent ne pas descendre dans le scrotum pendant plusieurs mois, ce qui empêche la castration néonatale (1,2).
  2. La castration des équidés est une intervention chirurgicale invasive majeure présentant des risques considérables de complications postchirurgicales. Cette chirurgie est souvent effectuée dans l’intérêt du propriétaire et pour faciliter la gestion de l’animal. Les chirurgies non urgentes réalisées sur les animaux dans l’intérêt des humains exigent la plus haute obligation morale sur le plan du professionnalisme et des méthodes sans cruauté, incluant l’atténuation de la douleur (3,4).
  3. Il est essentiel de procéder à un examen vétérinaire avant la chirurgie afin d’établir l’anatomie normale du scrotum et de localiser les testicules, ce qui peut exiger la sédation et/ou l’anesthésie générale chez les animaux réfractaires. L’intervention chirurgicale devrait être effectuée dans un emplacement propice à la mise en œuvre des procédures chirurgicales stériles habituelles et le patient devrait recevoir la préparation préopératoire appropriée (1, 2). Le recours aux méthodes physiques ou aux relaxants musculaires comme seule forme de retenue pour la castration équine est considéré comme de la cruauté envers les animaux. Des analgésiques périopératoires doivent être utilisés pour contrôler la douleur (5,6). 
  4. En raison de la forte probabilité de complications postchirurgicales, il est essentiel qu’un préposé au bétail compétent exerce une surveillance postchirurgicale attentive. Le vétérinaire devrait fournir des renseignements appropriés sur les soins postopératoires se rattachant à cette intervention.

Bibliographie

  1. GREEN, P. « Castration techniques in the horse », In Practice, 2001, vol. 23, p. 250-260.
  2. SEARLE, D., A.J. DART, C.M. DART et D.R.HODGSON. « Equine castration: review of anatomy, approaches, techniques and complications in normal, cryptorchid and monorchid horses », Aust Vet J, 1999, vol. 77, p. 428-433.
  3. MASON, B.J., J.R. NEWTON, R.J. PAYNE et R.C. PILSWORTH. « Costs and complications of equine castration: a UK practice based study comparing standing nonsutured and recumbemt sutured techniques », Eq Vet J, 2005, vol. 37, no 5, p. 468-472.
  4. MOLL, D.H., K.D. PELZER, R.S. PLEASANT et P.D. MODRANSKI. « A survey of equine castration complications », J Equine Vet Sci, 1995, vol. 15, p. 522-526.
  5. MUIR, W.W. « Pain therapy in horses », Equine Vet J, 2005, vol. 37, no 2, p. 98-100.
  6. LOVE, E.J., P.M. TAYLOR, C. CLARK, H.R. WHAY et J. MURRELL. « Analgesic effect of butorphanol in ponies following castration », Eq Vet J, 2009, vol. 41, no 6, p. 552-556.

(Révisé en novembre 2012)