Chasse au phoque dans la région atlantique du Canada - Énoncé de position

Le 21 janvier 2016

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) accepte la chasse aux phoques seulement si elle s’effectue d’une manière non cruelle et durable. Sans égard à la méthode d’abattage, l’ACMV exige que le chasseur vérifie si l’animal est mort avant de le traîner sur un crochet ou de le saigner. Cette vérification peut s’effectuer en palpant le crâne afin de s’assurer qu’il est fracassé, ce qui indique qu’une portion importante du cerveau a été détruite.

L’ACMV croit que l’application complète du Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches (1) représente un élément nécessaire d’une chasse non cruelle et elle appuie également la surveillance permanente de la chasse par des observateurs indépendants afin de vérifier le respect des méthodes d’abattage appropriées.

L’ACMV préconise la formation obligatoire des chasseurs de phoques et la délivrance de permis à ces derniers en ce qui a trait au traitement sans cruauté des phoques.

Contexte

  1. Les jeunes phoques du Groënland, qui sont âgés d’environ quatre à six semaines, représentent 90 % ou plus des prises commerciales dans les eaux canadiennes. Ces phoques sont sevrés environ 12 jours après la naissance et ont perdu leur fourrure blanche de nouveau-nés (« blanchons ») lorsqu’ils sont chassés, même s’ils continuent de passer la majorité de leur temps à se reposer sur les banquises. Ces animaux possèdent des crânes particulièrement minces qui peuvent être complètement fracassés par un ou plusieurs vigoureux coups de hakapik (une longue massue). Par conséquent, l ‘ACMV considère qu’il s’agit d’une méthode rapide, efficace et humanitaire de tuer les jeunes phoques si elle est mise à exécution de manière appropriée.
  1. Particulièrement, lors de l’utilisation d’un hakapik, l’ACMV recommande que l’on frappe le crâne de chaque phoque avec des coups suffisamment vigoureux afin de garantir la destruction complète des deux hémisphères cérébraux.
  1. Lorsque des carabines sont utilisées, l’ACMV appuie le Règlement sur les mammifères marins actuel qui précise la vélocité minimale de l’énergie des balles qui peuvent être utilisées lors de la chasse, car il est plus probable que les balles respectant ces normes tuent un animal même si elles n’atteignent pas directement le cerveau, comparativement à des balles ayant des valeurs inférieures pour la vélocité et l’énergie.
  1. Sans égard à la méthode d’abattage, l’ACMV déclare fermement que le chasseur doit vérifier que le crâne est fracassé et les deux hémisphères cérébraux ont été complètement détruits afin d’assurer que l’animal est mort, avant de le traîner avec un harpon ou de le saigner.
  1. L’ACMV exprime des préoccupations à l’égard du tir de phoques dans les eaux, car cette méthode peut empêcher les chasseurs de vérifier si le crâne a été fracassé chez ces animaux et de confirmer qu’il s’est produit une destruction complète des deux hémisphères cérébraux avant les récupérer avec un crochet (2). Cette méthode peut aussi se traduire par un taux élevé inacceptable d’animaux qui ne peuvent pas être récupérés après le tir, ce qui entraîne donc des morts cruelles. De plus, l’incapacité de récupérer les animaux peut se traduire par la chasse de phoques additionnels qui n’aurait pas eu lieu autrement. (3).
  1. Dans certaines régions de la côte atlantique, les chasseurs de subsistance s’appuient sur l’utilisation de filets lancés à l’eau afin d’attraper et de noyer les animaux. L’ACMV s’oppose à cette méthode de chasse, car la noyade est considérée comme une mort lente et cruelle.
  1. L’ACMV croit que la récolte des populations de phoques doit se faire d’une manière durable, selon une approche prudente (4). Parce que cette approche se fonde sur une modélisation de la population, qui nécessite des suppositions et des incertitudes, et parce que l’ACMV se préoccupe à propos de la santé et du bien-être des populations animales, ainsi que des animaux individuels, il est essentiel de poursuivre des études portant sur la population.

Bibliographie

  1. Règlement sur les mammifères marins (RMM), 2010, DORS /93-56, ministre de la Justice, Canada, 29 p. Disponible au : http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/regulations/SOR-93-56/index.html Dernières consultations le 29 avril 2013.
  1. DAOUST, P.-Y. et C. CARAGUEL. « The Canadian harp seal hunt: Observations on the effectiveness of procedures to avoid poor animal welfare outcomes », Animal Welfare, 2012, vol. 21, p. 445-455
  1. SJARE, B. et G.B. STENSON. « Estimating struck and loss rates for harp seals (Pagophilus groenlandicus) in the Northwest Atlantic », Marine Mammal Science, 2002, vol. 18, p. 710-720
  1. HAMMILL, M.O. et G.B. STENSON. « Application of the precautionary approach and conservation reference points to management of Atlantic seals », ICES Journal of Marine Science, 2007, vol. 64, p. 702–706.

 

(Révisé en octobre 2015)