Chats errants, abandonnés et féraux - Énoncé position

Le 4 avril 2014

Position

L’ACMV encourage et appuie les initiatives visant à régler les problèmes associés aux chats errants, abandonnés et féraux – et à réduire le nombre de chats féraux, à améliorer le bien-être des chats et à aborder les risques de santé publique. L’ACMV reconnaît que des programmes de capture, de stérilisation et de mise en liberté bien gérés représentent une stratégie importante dans la gestion des chats féraux et abandonnés errants en liberté. Les colonies de chats gérées ne doivent pas être situées dans des refuges fauniques ou des aires de reproduction, près de l’habitat d’espèces menacées ou en péril ou dans d’autres secteurs à l’écologie fragile. L’ACMV encourage la recherche sur la dynamique des populations de chats féraux et les programmes de capture, stérilisation et mise en liberté.

Contexte

  1. Les « chats errants » incluent les chats appartenant aux quartiers ou à la collectivité, les chats de grange, les chats vagabonds qui avaient récemment un propriétaire, mais qui sont maintenant perdus, égarés ou abandonnés et les chats féraux. Les chats féraux sont définis comme des chats qui n’ont pas été suffisamment socialisés pour être manipulés par les humains et ne peuvent donc pas vivre dans un milieu familial.
  2. Des initiatives à l’échelle de la collectivité sont requises pour aborder le problème des chats errants (1). De telles initiatives doivent inclure des programmes qui réduisent la population globale de chats, comme des programmes de stérilisation subventionnés et des programmes de capture, stérilisation et mise en liberté; l’éducation du public auprès des différentes communautés culturelles à l’égard d’une possession responsable des chats; de l’information sur les sources fiables pour se procurer des chats; et la promotion de l’identification des chats pour accroître le pourcentage des chats errants qui sont retournés à leurs propriétaires. La capture et l’euthanasie sans cruauté peuvent être nécessaires pour prévenir les souffrances (p. ex., les chats malades ou les populations dans des régions éloignées et inhospitalières où il n’y a pas de source de nourriture, comme la fermeture d’un site d’enfouissement).
  3. On doit encourager l’identification permanente et visible des chats. L’ACMV recommande l’utilisation des  implants électroniques qui utilisent la technologie de puce standard de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) (2). L’utilisation de colliers détachables avec des médailles de vaccination contre la rage enregistrées est aussi indiquée afin de permettre une identification visible.
  4. Les objectifs généraux consistent à réduire la population de chats errants, une meilleure santé pour ces chats et des taux de retour améliorés des chats errants à leur propriétaire. La stérilisation à l’aide de la capture, stérilisation et mise en liberté, réduit les combats, les blessures et maladies qui en découlent, le vagabondage et le bruit.
  5. Les programmes de capture, stérilisation et mise en liberté incluent, au minimum, un piégeage sans cruauté, la stérilisation, la vaccination contre la rage et l’identification des chats à l’aide d’une entaille à l’oreille ou d’un tatouage. Beaucoup de programmes incluent des protocoles plus vastes de vaccination et de traitement contre les parasites. Les signes de succès incluent une stabilisation de la colonie et une baisse constante du nombre de chats, particulièrement pour les chatons. Ce sont les colonies avec un gardien qui se portent le mieux.
  6. Certains programmes de capture, stérilisation et mise en liberté incluent le test de FeLV/FIV et l’euthanasie des chats qui ont des résultats positifs. Cependant, les résultats positifs des chats individuels devraient être interprétés avec prudence, car la valeur prédictive positive (la capacité de bien identifier les vrais positifs) chute substantiellement avec une prévalence inférieure de la maladie (3). Dans les populations avec une faible prévalence de la maladie, l’euthanasie peut être recommandée pour les chats qui manifestent des signes cliniques de la maladie et ont des résultats positifs, tandis que dans les populations avec une forte prévalence de la maladie, l’euthanasie des chats qui ont des résultats positifs est une approche judicieuse.
  7. Les études montrent que l’on obtiendra le plus efficacement une réduction du nombre de chats en faisant la promotion de la stérilisation des jeunes chattes âgées de moins d’un an, de l’adoption des chatons, des chats apprivoisés et des chats plus vieux qui sont devenus plus sociables avec le temps et en ciblant les populations où les chats peuvent être stérilisés en grand nombre (4-6). Il est plus efficace de stériliser tous les chats des populations individuelles, c.-à-d., une colonie à la fois, que de stériliser quelques chats provenant de nombreuses populations séparées. Les colonies plus petites qui en résultent sont plus faciles et moins coûteuses à gérer, ce qui signifie que la stérilisation peut être gardée à des niveaux élevés.
  8. Historiquement, les programmes de contrôle de la rage retiraient et euthanasiaient les animaux errants et vaccinaient les animaux avec des propriétaires. De telles politiques de piégeage et d’éradication se traduisent par un approvisionnement d’animaux non vaccinés qui se multiplient constamment, tandis que les programmes de capture, stérilisation et mise en liberté ont pour résultat de protéger plus d’animaux errants contre la rage (c.-à-d., « l’immunité collective ») (7). Cela réduit la possibilité qu’une éclosion prenne racine et aide à protéger la santé des humains et des animaux non errants.
  9. L’interaction des chats avec des espèces indigènes et introduites est complexe (8-10). Les chats représentent seulement l’une des nombreuses pressions exercées sur la faune et les principales pressions proviennent généralement de la modification de l’environnement par les humains. Il est important de reconnaître que les milieux urbains et les banlieues, les parcs et les îles ne sont pas semblables et que chaque endroit possède son propre lot de défis.

Bibliographie

  1. ICAM (INTERNATIONAL COMPANION ANIMAL MANAGEMENT COALITION). Humane Cat Population Management Guidance. 2011. Disponible au : http://www.ifaw.org/sites/default/files/ICAM-Humane%20cat%20population.pdf. Dernière consultation le 12 août 2013.
  2. Énoncé de position de l’ACMV « Les implants électroniques », mars 2009.
  3. CARAGUEL, C. et R. VANDERSTICHEL. The two-step Fagan nomogram: Ad hoc interpretation of a diagnostic test result without calculation. Evidence-based Medicine. Sous presse (ebmed-2013-101243). Résumé et nomogramme disponibles au : www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23468201. Dernière consultation le 12 août 2013.
  4. LEVY, J.K., D.W. GALE et L.A. GALE. « Evaluation of the effect of a long-term trap-neuter-return and adoption program on a free-roaming cat population », J Am Vet Med Assoc, 2003, vol. 222, p. 42–46.
  5. FOLEY, P., J. FOLEY, J. LEVY et T. TAIK. « Analysis of the impact of trap-neuter-return programs on populations of feral cats », J Am Vet Med Assoc, 2005, vol. 227, p. 1775-1781.
  6. BUDKE, C.M. et M.R. SLATER. « Utilization of matrix population models to assess a 3-year single treatment nonsurgical contraception program versus surgical sterilization in feral cat populations »,  J Applied Animal Welfare Science, 2009, vol. 12, p. 277-292.
  7. FINE, P.E. « Herd Immunity: History, theory, practice », Epidemiologic reviews, 1993, vol. 15, p. 265-302 op12no2.me/stuff/herdhis.pdf
  8. CADOTTE, M. « Unintended trophic cascades from feral cat eradication », J Applied Ecology, 2009, vol. 46, p. 259.
  9. SLATER, M.R. « Feral cat issues: Effects of predation on wildlife » in ROCHLITZ, I., (éd.). The Welfare of Cats, Norwell, Massachusetts, Springer, 2005, p. 158-164.
  10. TANTILLO, J.A. « Killing cats and killing birds: Philosophical issues pertaining to feral cats » in AUGUST, J., (éd.). Consultations in Feline Internal Medicine. St. Louis, Missouri, Elsevier Saunders, 2006, p. 701-708. Disponible au : http://dx.doi.org/10.1016/B0-72-160423-4/50077-9  Dernière consultation le 12 août 2013.

Adopté en juillet 2013