Altération esthétique – Énoncé de position

Le 27 janvier 2014

Position

« L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) s’oppose à l’altération de tout animal par la chirurgie ou une autre méthode invasive à des fins esthétiques ou pour des concours. »

Contexte

1. L’ACMV estime que tous les vétérinaires ont une obligation déontologique d’agir dans l'intérêt supérieur de leurs patients sur le plan de la médecine et du bien-être. Le serment vétérinaire stipule : « Je m’efforcerai de protéger la santé et le bien-être des animaux, de soulager leurs souffrances (...) ». (1)

2. L’ACMV estime que la modification esthétique est inutile. Les altérations chirurgicales dans les cas de blessures ou pour des raisons de santé ne sont pas considérées comme étant esthétiques.

a) Les exemples d’interventions chirurgicales esthétiques comprennent :
 -l’amputation de la queue chez les espèces canines ou équines (2);
 -la coupe d’oreilles chez les espèces canines.

L’ACMV encourage fortement les associations de race à modifier leurs standards de race afin que les chirurgies esthétiques ne soient pas requises et à collaborer avec la collectivité vétérinaire pour sensibiliser le public au fait que ces interventions causent de la douleur et des souffrances inutiles.
 
b) L’altération non chirurgicale à des fins esthétiques comprend :
 -la dentisterie esthétique pour satisfaire aux standards des concours ou des races;
 -le tatouage autre que celui à des fins d’enregistrement et d’identification;
 -le perçage corporel.

3. Beaucoup de pays interdisent les chirurgies esthétiques sur les chiens (4,5) et leurs registres des races permettent aux chiens de participer aux concours dans leur état naturel (6,7). À l’heure actuelle, au Canada, les règlements administratifs et les codes de pratique interdisent aux vétérinaires de six provinces (T.-N.-L., Î.-P.-É., N.-É., N.-B., Man.,  Sask.) de réaliser diverses chirurgies esthétiques. De plus, à Terre-Neuve-et-Labrador, la chirurgie esthétique est illégale en vertu de la loi provinciale Animal Health and Protection Act

4. Il n’existe aucune preuve scientifique que les chirurgies esthétiques fournissent un bienfait pour les animaux sur le plan du bien-être ou de la médecine (8-10). Il y a des preuves qui suggèrent que certaines interventions esthétiques causent une douleur aiguë et chronique (9-12), ainsi que des preuves comportementales indiquant que la modification esthétique peut être néfaste pour le comportement canin (10, 13). Dans une étude réalisée en Grande-Bretagne qui se fondait sur un petit groupe de données, on a constaté qu’il y avait une baisse du risque de blessures de la queue pour les chiens ayant une queue amputée (0,03 %) comparativement aux chiens ayant une queue non amputée (0,23 %). Cependant, la très faible incidence de blessures de la queue dans tous les groupes montre que l’amputation de la queue ne procure pas une protection suffisante  contre les blessures pour justifier l’amputation de la queue de tous les animaux (selon cette étude, il faudrait 500 amputations de la queue pour prévenir une blessure) (9).

Bibliographie

1.  ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES, Serment vétérinaire, 2004. Disponible au : http://www.veterinairesaucanada.net/about-veterinary-medicine/oath.aspx. Dernière consultation le 13 décembre 2013.

2. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES, Énoncé de position sur l’altération de la queue des chevaux, mars 2013. Disponible au : http://veterinairesaucanada.net/documents/alteration-de-la-queue-des-chevaux. Dernière consultation le 13 décembre 2013.

3. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES, affiche 2010 « Taille des oreilles et amputation de la queue – sans queue ni tête! ». Disponible au : http://www.veterinairesaucanada.net/documents/every-dog-should-have-a-tail-to-tell-and-the-ears-to-hear-one-cosmetic-surgery-poster. Dernière consultation le 13 décembre 2013.

4. CROOK, A. 2001. « Cosmetic Surgery in North America and Latin America », Proceedings of World Small Animal Veterinary Association, p. 54-55.

 5. LEFEBVRE, D., D. LIPPS et J.M. GIFFROY. « The European Convention for the Protection of Pet Animals and tail docking in dogs », Rev Sci Tech, 2007, vol. 26, p. 619-628.

6. AUSTRALIAN NATIONAL KENNEL COUNCIL LIMITED BREED STANDARDS OCTOBER 2012. Disponible au http://www.ankc.org.au/Breeds.aspx. Dernière consultation le 13 décembre 2013.

7. THE KENNEL CLUB BREED STANDARDS MAY 2013. Disponible au : http://www.thekennelclub.org.uk/services/public/breed/standard.aspx?id=5136  Dernière consultation le 25 mars 2013.

8. DIESEL, G., D. PFEIFFER, S. CRIPSIN et D. BRODBELT. « Risk factors for tail injuries in dogs in Great Britain », Vet Rec, 2010, vol. 166, no 26, p. 812-817.

9. BENNETT, P.C. et E. PERINI. « Tail docking in dogs: a review of the issues », Aus Vet J, 2003, vol. 81, p. 208-218.

10. WANSBROUGH, R.K. « Cosmetic tail docking of dogs », Aus Vet J, 1996, vol. 74, p. 59-63.

11. GROSS, T. L. et S.H. CARR. (1990) « Amputation neuroma of docked tails in dogs », Vet Path, 1990,  vol. 27, p. 61-62.

12. NOONAN, G. J., J.S. RAND, J.K. BLACKSHAW et J. PRIEST. (1996) « Behavioural observations of puppies undergoing tail docking », Appl Anim Behav Sci, 1996, vol. 49, p. 335-342.

13. LEAVER, S.D.A. et T.E.REIMCHEN. 2007.  « Behavioural Responses of Canis familiaris to different tail lengths by a remotely – controlled-life-sized dog replica », Behaviour, 2007, vol. 145, p. 377-390.