Coupe des canines chez les chiens adultes et des dents de lait chez les chiots – Énoncé de position

Le 30 juillet 2010

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) s’oppose à la pratique de couper les canines chez les chiens adultes et de casser les dents de lait chez les chiots. 
 
Contexte
 
L’acte de couper les dents des chiens adultes afin de réduire la gravité des morsures, particulièrement chez les enfants, a été mis de l’avant comme solution de remplacement à la responsabilité des propriétaires.  L’ACMV s’oppose vivement  à cette pratique.  Dans les chenils, une gestion adéquate des chiens, comme un logement et une retenue appropriés, réduirait le risque de morsures. Vu que les enfants sont plus vulnérables, leur exposition à des blessures de morsures pourrait être réduite en rendant les chenils inaccessibles aux enfants.
 
Chez les chiots présentant des malocclusions de classe II (mâchoires inférieures trop courtes) et des canines primaires inférieures à base étroite, il existe un risque que les canines puissent empiéter sur le palais et l’endommager.  Si l’extraction des canines est jugée nécessaire chez les chiots, l’intervention doit se faire à l’aide de techniques dentaires vétérinaires appropriées, incluant l’anesthésie et l’analgésie afin de prévenir de la douleur et des souffrances importantes. 
 
Ces deux interventions consistent habituellement à retenir l’animal manuellement, à utiliser un ouvre-gueule et à casser les canines (les quatre dents chez les chiens adultes ou les canines inférieures chez les chiots) près de la limite gingivale avec des ciseaux de métal (grosses pinces coupantes ou cisailles).  En général, il n’y a aucun recours à l’anesthésie ni à l’analgésie durant la procédure de coupe et aucun soin n’est fourni au chien après cette intervention extrêmement douloureuse.  Une intervention réalisée de cette manière est incorrecte et inhumaine.  On considère que l’extraction des dents cause une douleur chirurgicale modérée (1).  Il est nécessaire d’utiliser de l’analgésie préalable, de l’anesthésie générale ou de l’anesthésie régionale ou locale afin de minimiser la douleur et les souffrances des animaux (2). 
 
Une méthode pour désarmer les chiens adultes sans cruauté consisterait à utiliser des techniques dentaires vétérinaires actuelles comme une pulpotomie vitale et le coiffage direct de la pulpe (3).  Lorsque l’extraction des dents de lait des chiots est nécessaire, elle doit inclure l’enlèvement de la racine de la dent à l’aide d’une technique dentaire appropriée afin d’éviter d’endommager la dent d’adulte (4).  En cassant ces dents à la gencive, on expose la pulpe aux bactéries, ce qui cause des infections, une douleur importante et potentiellement des dommages graves aux dents permanentes (4). 
 
Bibliographie
 
  1. MICH, P.M. et P.W. HELLYER. « Objective, Categoric Methods for Assessing Pain and Analgesia », in GAYNOR, J.S. et W.W. MUIR (éd.), Veterinary Pain Management, 2e édition, Mosby Elsevier, Missouri, États-Unis, 2009.
  2. DUMAIS, Y. « Dental Extraction », in COTE, Etienne (éd.),  Clinical Veterinary Advisor, Dogs and Cats, Mosby Elsevier, Missouri, États-Unis, 2007.
  3. MARRETTA, S.M. « Current Concepts In Canine and Feline Dentistry », in  BONAGURA, J.D. et R.W. KIRK (éd.), Kirks Current Veterinary Therapy XII, Small Animal Practice, W.B. Saunders Co., Philadelphie, États-Unis, 1995.
  4. HALE, S.A. « Juvenile Veterinary Dentistry » in Veterinary Clinics of North America, Small Animal Practice, 2005, vol. 35, p.789-817
(Révisé en juillet 2010)