Dépopulation de masse d’animaux de manière non cruelle - Énoncé de position

Le 21 janvier 2016

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) estime que, lorsqu’une dépopulation de masse est entreprise, les méthodes utilisées doivent produire une mort rapide ou une perte de conscience rapide jusqu’à la mort. La perte de conscience doit être accomplie à l’aide d’une méthode qui minimise l’anxiété, la douleur, la détresse ou la souffrance des animaux (1). Les protocoles de dépopulation de masse doivent être élaborés sous supervision vétérinaire.

  1. Les méthodes de dépopulation de masse sont employées lorsqu’un grand nombre d’animaux doivent être abattus, par exemple, pour le contrôle de maladies, en raison de catastrophes naturelles ou à la fin d’un cycle de production (p. ex., poules pondeuses).
  1. Dans tous les cas, les méthodes de dépopulation de masse doivent être non cruelles (2). Les producteurs de bétail doivent seulement employer des méthodes de dépopulation recommandées par les autorités de réglementation provinciales ou nationales, selon le cas.
  1. Les éclosions de certaines maladies animales infectieuses (p. ex., influenza aviaire, fièvre aphteuse, peste porcine africaine) peuvent provoquer des situations d’urgence qui exigent le confinement, le contrôle et l’éradication de l’agent causal par les autorités vétérinaires ou de santé publique à l’échelle nationale ou provinciale qui feront appel à une dépopulation ciblée des animaux infectés dans les lieux infectés ainsi que, dans certains cas, des animaux en contact ou en proximité étroite aux animaux infectés (3,4).
  1. Tous les employés participant à la dépopulation de masse doivent être formés et supervisés par des personnes qui possèdent de l’expérience et des compétences pour les méthodes de dépopulation sans cruauté. Les méthodes de dépopulation de masse exigent une formation, une pratique et une expertise considérables afin d’être bien employées.
  1. Les procédures opérationnelles pour la dépopulation de masse doivent être adaptées aux circonstances particulières et doivent aborder les éléments suivants :
  1. Les méthodes d’abattage qui sont les plus appropriées à l’espèce, à la taille et à l’âge de l’animal afin d’assurer une perte de conscience rapide tout en minimisant la peur, la douleur ou la détresse jusqu’à la mort. On doit aussi tenir compte de l’emplacement et du type de logement des animaux, de l’expertise de l’opérateur ainsi que de la sécurité des personnes.
  2. La retenue de l’animal doit être suffisante pour permettre un abattage efficace et répondre aux exigences relatives à la sécurité de l’opérateur. Lorsqu’une retenue est requise, la mort doit se produire sans tarder (1).
  3. Les procédures de dépopulation de masse sont assujetties aux exigences des lois applicables, y compris les règlements de santé et sécurité ainsi que les lois et règlements fédéraux, provinciaux et municipaux des territoires pertinents.
  1. Les aspects de bien-être de la dépopulation de masse des animaux peuvent présenter des défis en matière de communication, particulièrement lors d’éclosions lorsque des méthodes de remplacement moins efficaces peuvent être suggérées. Des études de cas d’éclosions d’une maladie animale et leur gestion subséquente démontrent le rôle critique d’une bonne gestion des communications afin d’influencer la réaction du public face aux stratégies de gestion choisies (4-7).
  1. Les procédures de dépopulation de masse peuvent avoir un impact profond sur la santé mentale de certaines personnes. Les vétérinaires, les paraprofessionnels vétérinaires et les propriétaires et préposés doivent être conscients du fait qu’ils puissent être à risque de vivre un stress traumatique induit par la perpétration et qu’ils doivent obtenir du soutien pour atténuer ce risque (8,9). Les autorités compétentes doivent intégrer des mécanismes afin d’identifier et de gérer les impacts du stress traumatique dans leurs plans d’action de dépopulation de masse.

Bibliographie

  1. Normes sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Animaux terrestres, Code sanitaire pour les animaux terrestres. Mise à mort d’animaux à des fins de contrôle sanitaire. Disponible au : http://www.oie.int/index.php?id=169&L=0&htmfile=chapitre_aw_killing.htm Dernière consultation le 7 octobre 2015.
  1. AVMA Guidelines for the Euthanasia of Animals 2013 edition. Disponible au : http://atwork.avma.org/2013/02/26/2013-edition-of-the-avma-guidelines-for-the-euthanasia-of-animals-published/ Dernière consultation le 7 octobre 2015.
  1. APPELT, M. et J. SPERRY. « Stunning and killing cattle humanely and reliably in emergency situations – A comparison between a stunning-only and a stunning and pithing protocol », Can Vet J, 2007, vol. 48, p. 529-534.
  1. MEUWISSEN, M.P., S.H. HORST, R. HUIRNE et A.A. DIJKHUIZEN. « A model to estimate the financial consequences of classical swine fever outbreaks: Principles and outcomes », Prev Vet Med, 1999, vol. 42, p. 249-270.
  1. UK CABINET OFFICE. FARMING & FOOD a sustainable future. Report of the Policy Commission on the Future of Farming and Food January 2002. Disponible au : Dernière consultation le 6 octobre 2015.
  2. MERCIER, I. Crisis and Opportunity, Devon Foot and Mouth Inquiry 2001, Devon Books, 2002, Halsgrove House Lower Moor Way, Tiverton, Devon, EX16 6SS.
  3. AUDITOR GENERAL UK. The 2001 Outbreak of Foot and Mouth Disease. REPORT BY THE COMPTROLLER AND AUDITOR GENERAL, HC 939 Session 2001-2002, 21 juin 2002, Londres, The Stationary Office. Disponible au : http://www.nao.org.uk/report/the-2001-outbreak-of-foot-and-mouth-disease/ Dernière consultation le 6 octobre 2015.
  1. WHITING, T.L. et C.R. MARION. « Perpetration-induced traumatic stress – A risk for veterinarians involved in destruction of healthy animals », Can Vet J, 2011, vol. 52, p. 794–796.
  1. HIBI, J., A. KUROSAWA, T. WATANABE, H.KADOWAKI, M. WATARI et K. Makita. « Post-traumatic stress disorder in participants of foot-and-mouth disease epidemic control in Miyazaki, Japan, in 2010 », J Vet Med Sci, 2015, vol. 77, p. 953–959.

(Adopté en novembre 2015)