Électro-éjaculation des ruminants – Énoncé de position

Le 13 mars 2013

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) croit que l’électro-éjaculation est acceptable en tant qu’élément d’un examen de l’aptitude à l’utilisation comme reproducteur des ruminants parvenus à maturité sexuelle.
 
Contexte
 
  1. L’électro-éjaculation est utilisée dans le cadre de l’examen de l’aptitude à l’utilisation comme reproducteur des ruminants, particulièrement pour les taureaux et les boucs. Un examen de l’aptitude à l’utilisation comme reproducteur est une mesure prudente réalisée afin de garantir la fertilité de l’animal et du troupeau.
  2. Au cours des dernières années, les efforts de lobbying d’organismes de défense du bien-être animal intéressés ont donné lieu à l’examen de la pratique d’électro-éjaculation des ruminants pour les besoins de diagnostic et de reproduction car le comportement animal durant l’électro-éjaculation est conforme à une expérience douloureuse ou inconfortable (1-3).
  3. Presque toutes les interventions d’électro-éjaculation au Canada sont réalisées dans le cadre d’examens de l’aptitude à l’utilisation comme reproducteur des ruminants effectués par des vétérinaires (4). L’électro-éjaculation est une intervention difficile à réaliser et elle doit être effectuée par des personnes d’expérience. Les techniques d’électro-éjaculation ne doivent pas être réalisées sur des animaux qui n’ont pas atteint la maturité sexuelle.
  4. Les tentatives d’utilisation de vagins artificiels en remplacement de l’électro-éjaculation n’ont pas connu beaucoup de succès (se traduisant par la réticence des taureaux à s’exécuter sous observation et dans un espace restreint) (5,6). Des difficultés semblables ont été observées lors de l’utilisation de condoms de vache comme méthode de prélèvement d’échantillons et l’électro-éjaculation demeure la méthode la plus fiable pour obtenir des échantillons de sperme (7). L’utilisation de vaches retenues pour l’accouplement avec des vagins artificiels ou des condoms de vache peuvent susciter d’autres préoccupations liées au bien-être animal.
  5. Signalons qu’un échantillon satisfaisant obtenu par électro-éjaculation ne signifie pas nécessairement l’aptitude à l’utilisation comme reproducteur pour les ruminants et que certaines lacunes seront seulement détectées après une surveillance étroite du rendement réel de l’accouplement.
Équipement utilisé
 
  1. L’électro-éjaculation s’accomplit par la stimulation électrique des muscles lisses de l’ampoule et du canal déférent à l’aide d’une sonde intra-rectale et d’une source électrique avec contrôle de la tension. Cet équipement est utilisé depuis environ 50 ans et a subi plusieurs modifications afin de l’adapter spécifiquement aux taureaux et aux boucs. (1,2).
  2. Les innovations relatives aux électrodes longitudinales (par opposition aux électrodes à anneaux), à l’anesthésie épidurale, à la sédation et aux commandes programmées s’annoncent prometteuses afin de réduire la détresse causée par l’électro-éjaculation, en se fondant sur les études de la cortisolémie, de la substance P et de l’aversion (11).
Répercussions sur le bien-être animal
 
  1. L’observation des taureaux soumis à l’électro-éjaculation deux ou trois fois par semaine a permis de constater que les taureaux ne développaient pas d’aversion envers la technique (10). Les vétérinaires sont encouragés à se tenir à jour sur la recherche en cours sur les répercussions pour le bien-être animal et les méthodes de remplacement de l’électro-éjaculation.
Bibliographie
 
  1. STAFFORD, K. J. « Electroejaculation; a welfare issue », Surveillance, 1995, vol. 22, p. 15-17.
  2. PALMER, C.W. « Welfare aspects of theriogenology: investigating alternatives to electroejaculation of bulls », Theriogenology, 2005, vol. 64, no 3, p. 469-479. 
  3. MOSURE, W.L., R.A. MEYER, J. GUDMUNDSON et A.D. BARTH. « Evaluation of possible methods to reduce pain associated with electroejaculation in bulls », Can Vet J, 1998, vol. 39, no 8, p. 504-6.
  4. CHENOWETH, P.J. « Rationale for using bull breeding soundness evaluations », Comp Cont Edu Pract Vet, 2000, vol. 22, no 2, p. S48-S55
  5. FALK, A. J. « Effects of epidural lidocaine anesthesia on bulls during electroejaculation », Can Vet J, 2001, vol. 42, p. 116-120.
  6. ETSON, C.J., C.L. WALDNER et A.D. BARTH. « Evaluation of a segmented rectal probe and caudal epidural anesthesia for electroejaculation of bulls », Can Vet J, 2004, vol. 45, no 3, p. 235-240. 
  7. PALMER, C.W., S.D. AMUNDSON, L.F. BRITO, C.L. WALDNER et A.D. BARTH. « Use of oxytocin and cloprostenol to facilitate semen collection by electroejaculation or transrectal massage in bulls », Anim Reprod Sci, 2004, fév., vol. 80, no 3-4, p. 213-223.
  8. PALMER, C.W., L.F. BRITO, A.A. ARTEAGA, L. SODERQUIST, Y. PERSSON et A.D. BARTH. « Comparison of electroejaculation and transrectal massage for semen collection in range and yearling feedlot beef bulls », Anim Reprod Sci, 2005, vol. 87, no 1-2, p. 25-31.
  9. FALK, A.J., C.L. WALDNER, B.S. COTTER, J. GUDMUNDSON et A.D. BARTH. « Effects of epidural lidocaine anesthesia on bulls during electroejaculation », Can Vet J, 2001, vol. 42, no 2, p. 116-120.
  10. BARTH, A.D. et P.A. BOWMAN. « The sequential appearance of sperm abnormalities after scrotal insulation or dexamethasone treatment in bulls », Can Vet J, 1994, vol. 35, vol. 2, p. 93-102.
  11. WHITLOCK, B.K., E.A. COFFMAN, J.F. COETZEE et J.A. DANIEL. « Electroejaculation increased vocalization and plasma concentrations of cortisol and progesterone, but not substance P, in beef bulls », Therio, 2012, vol. 78, p. 737-746.
(Révisé en mars 2013)