Méthodes de dressage sans violence pour les chiens – Énoncé de position

Le 16 octobre 2015

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) appuie l’utilisation de méthodes de dressage sans violence qui se fondent sur les connaissances scientifiques actuelles relatives à la théorie d’apprentissage. Les méthodes axées sur les récompenses sont fortement recommandées. Les méthodes par aversion sont fortement découragées parce qu’elles peuvent causer la peur, la détresse, l’anxiété, la douleur ou des blessures physiques au chien.

Contexte

  1. Les propriétaires sont responsables de dresser leurs chiens de façon efficace et sans violence ainsi que de les socialiser afin d’optimiser les interactions avec les humains et d’autres animaux, d’assurer la sécurité du public et de protéger le bien-être animal.
  2. Les vétérinaires reconnaissent que le comportement canin problématique a un effet néfaste sur le lien humain-animal et le bien-être animal et qu’il représente la principale cause d’abandon et d’euthanasie de chiens en santé (1).
  3. La prévention des comportements canins problématiques doit constituer l’objectif principal des propriétaires d’animaux, des vétérinaires, des refuges, des dresseurs et des éleveurs. La prévention s’effectuera le mieux par l’éducation et l’établissement d’attentes réalistes pour ce qui constitue un comportement normal et approprié selon le contexte. Du matériel pédagogique et des renseignements fiables doivent être obtenus par les propriétaires avant ou au moment de l’acquisition d’un chiot ou d’un chien adulte. Ces documents doivent inclure des renseignements sur un comportement et un développement appropriés pour les diverses races et espèces, les étapes de développement importantes influençant la socialisation et des stratégies pour minimiser la peur et la détresse par la gestion appropriée des expositions environnementales et sociales (2).
  4. Les méthodes de dressage qui récompensent le comportement désiré (c.-à-d., le renforcement positif), comme le dressage à l’aide d’un cliquet et l’utilisation de nourriture, de jouets, du jeu et de compliments comme incitatifs, sont fortement recommandées (3). Il a été constaté que le recours au renforcement positif en soi était fortement associé à une réduction des comportements indésirables (4,5) et à des notes réduites pour la recherche d’attention, l’agression et la peur (évitement) (4). De plus, il a été prouvé qu’il pourrait améliorer la capacité subséquente d’un chien à l’apprentissage (6). De même, le retrait des renforcements des comportements non désirés et la gestion de l’état émotionnel et des facteurs environnementaux qui contribuent aux comportements non désirés sont aussi recommandés (7). La modification du comportement par le conditionnement classique et/ou la désensibilisation et le contre-conditionnement doit être réalisée sous le seuil qui causerait de la détresse, de l’anxiété ou de la peur chez le chien.
  5. Les techniques de dressage par l’aversion sont fortement découragées. Ces méthodes peuvent inclure des méthodes de dressage ayant recours à la confrontation et/ou à des méthodes physiques, comme l’usage de force physique, la dominance, la saisie de la peau du cou, les grognements, les muselières, l’étirement de la face, les secouements ou le regard fixe. De telles techniques suscitent la peur et peuvent donc accroître la probabilité de réponses agressives chez les chiens (8). Parallèlement, le recours à des colliers par aversion, comme les colliers étrangleurs, semi-étrangleurs et à pointes, est découragé en faveur de solutions moins cruelles comme des licols. Les dispositifs comme les colliers électroniques doivent seulement être utilisés par un dresseur ou un comportementaliste certifié et/ou expérimenté et seulement après l’échec de toutes les autres méthodes de dressage et/ou de modification du comportement (9-11).
  6. Les colliers électroniques qui ne sont pas commandés à distance (c.-à-d., où le maître humain ne contrôle pas directement le dispositif par télécommande, comme avec les systèmes de clôture électroniques) doivent être utilisés avec prudence et sont seulement acceptables comme solution de rechange afin d’éviter d’attacher le chien si des risques sont présents pour le chien et le public et que la propriété ne se prête pas à une clôture traditionnelle. Cependant, le chien doit être bien dressé et le dispositif doit être surveillé afin d’assurer que le stimulus appliqué représente le minimum nécessaire pour produire l’effet désiré. Les propriétaires doivent être conscients que de tels systèmes électroniques ne sont pas garantis, car certains chiens se précipiteront au travers de la clôture électronique et éviteront de pénétrer de nouveau dans le périmètre vu que le stimulus se reproduirait. Certains chiens deviendront très agités après le stimulus, même s’il est très minime, et peuvent devenir craintifs de leur environnement.

Bibliographie

  1. SALMAN, M.D., J. HUTCHISON, R. RUCH-GALLIE et al. «Behavioral reasons for relinquishment of dogs and cats to 12 shelters», J Appl Anim Welfe Sci, 2000, vol. 3, p. 93-106.
  2. OVERALL, K. L. « Canine housetraining, Part 1: humane and age-appropriate strategies: better outcomes are achieved when clients are knowledgeable and have realistic expectations », DVM Newsmagazine, août 2011, 14S+. Disponible au : http://veterinarynews.dvm360.com/canine-housetraining-part-1-humane-and-age-appropriate-strategies Dernière consultation le 6 octobre 2015.
  3. ANNONYME. How to hire a dog a trainer. American college of veterinary behaviorists. Disponible au : http://www.dacvb.org/wp-content/uploads/How-to-select-a-trainer-A-guide-for-owners.pdf Dernière consultation le 30 juillet 2015.
  4. BLACKWELL, E.J., C. TWELLS, A. SEAWRIGHT et R.A. CASEY. «The relationship between training methods and the occurrence of behavior problems, as reported by owners, in a population of domestic dogs», J Vet Behav Clin Appl Res, 2008, vol. 3, p. 207-217.
  5. HIBY, E.F., N.J. ROONEY et J.W.S. BRADSHAW. « Dog training methods: Their usefulness, effectiveness, and interaction with behaviour and welfare », Anim Welf, 2004, vol.13, p. 63-69.
  6. ROONEY, N.J. et S. COWAN. « Training methods and owner–dog interactions: Links with dog behaviour and learning ability », Appl Anim Behav Sci, 2011, vol. 132, p. 169-177.
  7. ANONYME. AVSAB Position Statement: The use of punishment for behavior modification in animals, 2007, AVSAB American Veterinary Society of Animal Behavior. Disponible au : http://avsabonline.org/uploads/position_statements/Combined_Punishment_Statements.pdf  Dernière consultation le 30 juillet 2015.
  8. HERRON, M.E., F.S. SHOFER et I.R. REISNER. « Survey of the use and outcome of confrontational and non-confrontational training methods in client-owned dogs showing undesired behaviours », Appl Anim Behav Sci, 2009, vol. 117, p. 47-54.
  9. CERTIFICATION COUNCIL FOR PROFESSIONAL DOG TRAINERS. Position Statement: Electronic Training Collars. Disponible au : http://www.ccpdt.org/wp-content/uploads/2015/01/Electronic-Training-Collar-Position-Statement.pdf and the Humane Hierarchy. Modifié le 23 mai 2014 Disponible au : http://www.ccpdt.org/wp-content/uploads/2015/01/Application-of-the-Humane-Hierarchy-Position-Statement.pdf Dernière consultation le 6 octobre 2015.
  10. SCHALKE, E., J. STICHNOTH, S. OTT et R JONES-BAADE. « Clinical signs caused by the use of electric training collars on dogs in everyday life situations », Appl Anim Behav Sci, 2007, vol. 105, p. 369-380.
  11. SCHILDER, B.H. MATTHIJS et J.A.M. VAN DER BORG. « Training dogs with help of the shock collar: Short and long term behavioural effects », Appl Anim Behav Sci, 2004, vol. 85, no 3, p. 319-334.

Ressources

  1. AMERICAN COLLEGE OF VETERINARY BEHAVIORISTS. Disponible au : http://www.dacvb.org/ Dernière consultation le 6 octobre 2015.
  2. ANIMAL BEHAVIOR SOCIETY. Disponible au : http://animalbehaviorsociety.org/ Dernière consultation le 6 octobre 2015.
  3. AMERICAN COLLEGE OF VETERINARY BEHAVIORISTS. HORWITZ, D.F., éd., Decoding your dog: The Ultimate Experts Explain Common Dog Behaviors and Reveal How to Prevent or Change Unwanted Ones. Boston, Massachusetts, Houghton Mifflin Harcourt 2014.
  4. OVERALL, K. Manual of Clinical Behavioral Medicine for Dogs and Cats, St. Louis, Missouri, Mosby-Year Book 2013.
  5. OVERALL, K. Humane Behavioral Care for Dogs: Problem Prevention and Treatment, DVD edition, Maryland Heights, Missouri, Mosby-Elsevier 2013.
  6. YIN, S. Low Stress Handling, Restraint and Behavior Modification of Dogs and Cats: Techniques for Developing Patients Who Love Their Visits, Davis, Californie, Cattle Dog Publishing, 2009.
  7. YIN, S. HOW TO BEHAVE SO YOUR DOG BEHAVES, 2e éd., Neptune, New Jersey, TFH Publications, 2010.
  8. CERTIFICATION COUNCIL FOR PROFESSIONAL DOG TRAINERS. Disponible au : http://www.ccpdt.org/about-us/public-policies/ Dernière consultation le 6 octobre 2015.

(Révisé en octobre 2015)