Onychectomie (dégriffage) des félidés domestiques – Énoncé de position

Le 30 novembre 2011

Position

L’ACMV décourage fortement l’onychectomie (dégriffage) des chats domestiques pour des besoins de routine.  L’amputation chirurgicale partielle des doigts empêche les chats d’exprimer leurs comportements normaux et cause de la douleur.  Les vétérinaires devraient informer les clients des possibles conséquences négatives du dégriffage et de l'existence d'outils et de techniques qui préviennent et minimisent les blessures et les dommages causés au mobilier.
 
Contexte
 
  1. L’onychectomie nécessite l’amputation de la troisième phalange de chaque doigt. Même avec une analgésie périopératoire, cette intervention cause de la douleur (1).  Il existe toujours de la controverse au sujet du potentiel de douleur à court et à long terme après cette intervention (2-4).
  2. L’action de gratter est un comportement félin normal utilisé par les chats pour marquer leur territoire par la communication visuelle et olfactive ainsi que pour l’entretien des griffes et l’étirement. Les planches à griffes et la coupe régulière des griffes peuvent aider à minimiser le griffage nuisible.
  3. Les vétérinaires devraient éduquer leurs clients à propos des planches à griffes, incluant les substrats, la taille et l’emplacement privilégiés; des comportements normaux de griffage; de la coupe des griffes; des embouts artificiels pour les griffes; et de la protection du mobilier. Cela aidera les clients à comprendre le comportement normal des félidés et les familiarisera avec des techniques afin de renforcer positivement les comportements désirables et de minimiser les comportements de griffage indésirables.
  4. Il faut considérer l’onychectomie des pattes avant seulement lorsqu’il y a un risque grave pour la santé du client (p. ex., immunodéficience) ou dans les cas lorsque le propriétaire abandonnera le chat à l’euthanasie. Dans ces rares cas, il est essentiel de porter une attention particulière à la gestion de la douleur périopératoire (5,6). Le dégriffage des quatre pattes est rarement justifié. 
  5. Avec une bonne éducation, la plupart de ces chirurgies peuvent être évitées.
 
Bibliographie
 
  1. ROMANS, C.W., W.J. GORDON, D.A. ROBINSON, R. EVANS et M.G. CONZEMIUS.  « Effect of postoperative analgesic protocol on limb function following onychectomy in cats », J Am Vet Med Assoc, 2005, vol. 227, p. 89-93.
  2. PATRONEK, G.J.  « Assessment of claims of short- and long-term complications associated with onychectomy in cats », J Am Vet Med Assoc, 2001, vol. 219, p. 932-937.
  3. CAMBRIDGE, A.J., K.M. TOBIAS, R.C. NEWBERRY et D.K. SARKAR. « Subjective and objective measurements of postoperative pain in cats », J AmVet Med Assoc, 2000, vol. 217, p. 685-690.
  4. CONRAD, J., K. WENDELBURG, S. SANTINELLI et A. PARK. « Deleterious effects of onychectomy (declawing) in exotic felids and a reparative surgical technique: A preliminary report », Proc Am Assoc Zoo Vet, 2002, p. 16-20.
  5. LEMKE, K.A. et A.D. CROOK. « Exemples d’anesthésie et de gestion de la douleur chez les chats et les chiens en bonne santé »,  2e éd. Ottawa, Ontario, ACMV, 2011. Disponible avec accès limité. http://veterinairesaucanada.net/documents/anaesthetic-pain-management-protocols-for-healthy-cats-and-dogs.
  6. TRANQUILLI, W.J., K.A. GRIMM et L.A. LAMONT. Common feline procedures. In: Pain Management for the Small Animal Practitioner. Jackson, Wyoming, Teton NewMedia, 2004.
(Révisé en novembre 2011)