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Angoisse de séparation chez les chiens

Le 13 juin 2018

C’est un comportement normal que de s’ennuyer du contact social avec nos proches. Il n’est pas inhabituel ou inattendu que nos animaux de compagnie éprouvent une angoisse de courte durée dans certaines circonstances, comme lors d’une visite chez le vétérinaire ou lorsqu’ils sont exposés à un nouvel environnement. Si un animal est laissé seul à la maison et manifeste de l’angoisse ou de la détresse excessive durant l’absence de ses humains favoris, ce comportement devient clinique et est qualifié d’angoisse de séparation.

SYMPTÔMES

Les symptômes peuvent se manifester même si la ou les personnes faisant l’objet de l’attachement se trouvent ailleurs sur la propriété, car il suffit seulement que l’absence soit perçue comme un départ par le chien. L’angoisse de séparation est le trouble d’anxiété le plus souvent observé chez les chiens. Les chiens souffrant d’angoisse de séparation peuvent japper, hurler, pleurnicher, éliminer, détruire, faire les cents pas ou haleter. La vocalisation peut commencer trois ou quatre minutes après le départ du propriétaire et le comportement destructif se manifestera après sept ou huit minutes.

Les signes d’angoisse de séparation peuvent aussi inclure la salivation, des tremblements, une queue entre les pattes, les oreilles rabattues vers l’arrière ou une inhibition complète. Le diagnostic est confirmé en filmant le chien durant les premières 60 minutes après le départ lors d’une journée de travail ou d’une journée de congé (lorsque l’horaire de départ est plus imprévisible). Il est essentiel de filmer durant votre absence si vous rentrez à la maison en trouvant des tapis froissés, des gâchis ainsi que du bois, des chaussettes et des couvertures qui ont été mâchés. Souvent, mais pas toujours, le fait de préparer une valise et d’activer des sons comme les fermetures éclairs, la voiture, le bruit de chaînes à clés et les préparatifs des départs humains peuvent servir d’éléments déclencheurs des premiers changements de comportement.

CAUSES

Il s’agit d’un problème complexe et il peut être causé par une combinaison de facteurs. L’influence réciproque d’une prédisposition génétique, de la peur, des phobies, des troubles d’anxiété, d’une socialisation et d’un sevrage incomplets, d’un événement traumatique durant l’absence du propriétaire, de la présence constante du propriétaire qui s’absente ensuite plus souvent et l’activité ou la stimulation réduite peut contribuer au comportement.

TRAITEMENT

Vous devriez consulter votre vétérinaire dans tous les cas d’angoisse de séparation. Les médicaments sont toujours requis pour les cas confirmés d’angoisse de séparation. Votre vétérinaire voudra obtenir un historique complet des problèmes médicaux et comportementaux et aussi réaliser un examen médical approfondi afin d’assurer que toutes les causes physiques possibles sont envisagées pour ces changements de comportement. Au début du traitement, on pourra diriger le patient vers un spécialiste du comportement, lorsque les signes de destruction créent des risques pour l’animal (le chien a des attaques de panique) ou s’il n’est pas possible de gérer les problèmes créés par l’angoisse. Il peut falloir compter des mois (de 12 à 36 mois) de médication pour traiter efficacement ce trouble d’anxiété.

Il faut absolument éviter les punitions. Un service de garde ou une gardienne pourront être requis durant la transition du comportement. L’angoisse de séparation est généralement traitée par une combinaison de techniques fondamentales de modification du comportement (demander au chien de s’asseoir avant une interaction positive ou neutre avec le propriétaire) et un médicament contre l’anxiété. On peut filmer pendant le traitement pharmacologique afin de permettre au propriétaire et au vétérinaire d’évaluer les progrès. Lorsque le chien est capable de se détendre, de se reposer et de dormir pendant l’absence du propriétaire, l’objectif est atteint. Ces chiens pourront même se toiletter ou jouer pendant de courtes périodes durant l’absence du propriétaire. Une fois que le chien est habitué d’être seul, on peut procéder à un sevrage très graduel du médicament. On ne devrait pas tenter le sevrage trop rapidement, car certains chiens pourront connaître des rechutes et, dans quelques rares cas, les chiens auront besoin d’un médicament pendant le restant de leur vie.

Dre Kathleen Cavanagh, B.Sc., D.M.V, MET
Consultante en rédaction en ligne de l’ACMV

Diane Frank D.M.V., DACVB
Rédactrice spécialiste consultante

Le 12 juin 2018