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Médecine vétérinaire complémentaire et parallèle - Énoncé de position

Le 24 janvier 2020

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) estime que le recours à la médecine complémentaire et/ou parallèle pour soigner les animaux constitue l’exercice de la médecine vétérinaire. De plus, l’ACMV estime que la médecine vétérinaire complémentaire ou parallèle (MVCP) devrait être soumise aux mêmes normes que la médecine vétérinaire conventionnelle. L’efficacité et l’innocuité des traitements de MVCP devraient être démontrées par la méthode scientifique et des preuves factuelles, et l’exercice de la MVCP devrait se faire dans le contexte d’une relation vétérinaire-client-patient valide.

Sommaire

  • Le recours à la MVCP devrait être réalisé sous supervision vétérinaire et dans le cadre d’une relation vétérinaire-client-patient valide.
  • Les bienfaits d’un traitement de MVCP devraient considérablement l’emporter sur ses risques potentiels.
  • Ce ne sont pas tous les traitements de MVCP qui sont appuyés par la même rigueur factuelle que l’on trouve en médecine conventionnelle.
  • La MVCP devrait être assujettie aux mêmes normes que la médecine vétérinaire conventionnelle. L’innocuité et l’efficacité des traitements devraient être démontrées par la méthode scientifique et des preuves factuelles.

Contexte

1. La « médecine parallèle » a été définie comme étant un domaine distinct de la médecine vétérinaire conventionnelle en remplacement de cette dernière, tandis que la « médecine complémentaire » a été définie comme faisant référence à l’utilisation de la médecine vétérinaire parallèle conjointement avec la médecine vétérinaire conventionnelle. La « médecine intégrative » associe l’approche conventionnelle et l’approche complémentaire de façon coordonnée (1).

2. La qualité des études et des rapports se rapportant à la MVCP varie. L’ACMV encourage les médecins vétérinaires à utiliser les modalités de traitement qui offrent le meilleur équilibre entre les risques, les bienfaits et les preuves scientifiques à l’appui (2). Les médecins vétérinaires se trouvent dans une position unique pour informer les clients à propos des risques des traitements et des preuves qui démontrent les bienfaits de leur utilisation. L’ACMV appuie la recherche visant à évaluer l’innocuité et l’efficacité des traitements de MVCP, y compris leur utilisation éventuelle conjointement aux traitements médicaux vétérinaires conventionnels.

3. Un grand nombre de traitements de MVCP existent et sont appuyés à divers degrés par des preuves scientifiques témoignant de leur efficacité thérapeutique (3-5).

4. Les traitements de MVCP doivent être réalisés par un médecin vétérinaire ou sous supervision vétérinaire dans le cadre d’une relation vétérinaire-client-patient valide. L’ACMV encourage les médecins vétérinaires qui pratiquent la MVCP à clairement expliquer les différences entre la MVCP et la médecine vétérinaire conventionnelle lorsqu’ils présentent les options thérapeutiques à leurs clients. On conseille aux médecins vétérinaires d’obtenir un consentement éclairé de la part des clients avant d’amorcer un traitement.

5. À l’heure actuelle, l’ACMV ne reconnaît pas de statuts ni de certificats de spécialistes autres que ceux octroyés par l’American Board of Veterinary Specialties (ABVS) de l’American Veterinary Medical Association (AVMA) (6). L’ACMV appuie les critères rigoureux imposés par l’ABVS pour les spécialisations distinctes et identifiables de la médecine vétérinaire faisant en sorte que les spécialistes possèdent une base de connaissances commune fondée sur des buts éducatifs et des examens standardisés. L’ACMV appuie le concept de la certification par l’ABVS pour les modalités de traitement de MVCP fondées sur des preuves scientifiques solides quant à leur innocuité et à leur efficacité.

6. L’ACMV reconnaît que ce sont les autorités provinciales de réglementation de la médecine vétérinaire qui octroient les permis aux médecins vétérinaires du Canada et, en conséquence, réglementent l’exercice de la médecine vétérinaire et déterminent au sein de leur territoire :

  1. les actes qui font partie de l’exercice de la médecine vétérinaire;
  2. la définition d’une relation vétérinaire-client-patient valide;
  3. la définition de la « supervision vétérinaire », ses limites quant à tout traitement donné, incluant ceux associés à la MVCP, et comment un non-vétérinaire peut ou ne peut pas participer à un traitement de MVCP;
  4. l’exigence d’obtenir le consentement préalable du propriétaire avant d’amorcer tout traitement, y compris un traitement de MVCP (7-10).

Bibliographie

  1. NATIONAL INSTITUTES OF HEALTH NATIONAL CENTRE FOR COMPLEMENTARY AND ALTERNATIVE MEDICINE. Disponible au : https://nccih.nih.gov/health/integrative-health (dernière consultation le 24 août 2018).
  2. MASIC I, M. MIOKOVIC et B. MUHAMEDAGIC. « Evidence Based Medicine – New Approaches and Challenges », Acta Informatica Medica, 2008, vol. 16, p. 219-225. Disponible au : https://www.ejmanager.com/mnstemps/6/6-1300616203.pdf?t=1535726713 (dernière consultation le 24 août 2018).
  3. DOEHRING, C. et A. SUNDRUM. « Efficacy of homeopathy in livestock according to peer-reviewed publications from 1981 to 2014 », VetRecord, 2016, vol. 179, p. 628. Disponible au : https://veterinaryrecord.bmj.com/content/179/24/628 (dernière consultation le 24 août 2018).
  4. LEES, P., L. PELLIGAND, M. WHITING, D. CHAMBERS, P. TOUTAIN et M.L. WHITEHEAD. « Comparison of veterinary drugs and veterinary homeopathy: part 1 », VetRecord, 2017, vol. 181, p. 170-176. Disponible au : https://veterinaryrecord.bmj.com/content/181/7/170 (dernière consultation le 24 août 2018).
  5. HABACHER, G., M.H. PITTLER et E. ERNST. « Effectiveness of Acupuncture in Veterinary Medicine: Systematic Review », J Vet Intern Med, 2006, vol. 20, p. 480-488. Disponible au : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1939-1676.2006.tb02885.x (dernière consultation le 24 août 2018).
  6. AVMA AMERICAN BOARD OF VETERINARY SPECIALTIES. Disponible au : https://www.avma.org/ProfessionalDevelopment/Education/Specialties/Pages/default.aspx (dernière consultation le 24 août 2018).
  7. ALBERTA VETERINARY MEDICAL ASSOCIATION. 2010 Council Guidelines For The Practice Of Complementary And Alternative Veterinary Medicine.
  8. COLLEGE OF VETERINARIANS OF BC. Guidelines for the Responsible Use of Alternative Therapies and Sample Consent Form. Disponible au : http://cvbc.ca/Files/Bylaws-Policies/AlternativeTherapy/Guidelines_and_Sample_Consent_Form.pdf (dernière consultation le 24 août 2018).
  9. COLLEGE OF VETERINARIANS OF ONTARIO. 2009 Position Statement The Practice of Complementary and Alternative Veterinary Medicine. Disponible au https://cvo.org/CVO/media/College-of-Veterinarians-of-Ontario/Resources%20and%20Publications/Position%20Statements%20and%20Guidelines/CompAltVetMed2015.pdf (dernière consultation le 24 avril 2019).
  10. Positions et politiques de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ). Disponible au : https://www.omvq.qc.ca/l-ordre/positions-et-politiques.html (dernière consultation le 24 août 2018).

(Révisé en octobre 2019)