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Dentisterie vétérinaire - Énoncés de position

Le 24 janvier 2018

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) considère que toutes les interventions liées à la dentisterie vétérinaire doivent être réalisées ou déléguées et supervisées directement par un médecin vétérinaire autorisé. L’ACMV reconnaît que le nettoyage supra-gingival et le polissage, ainsi que d’autres interventions chez certaines espèces, peuvent être délégués par un médecin vétérinaire. Cependant, ces interventions doivent toujours être effectuées sous la supervision d’un médecin vétérinaire conformément aux règlements du territoire pertinent. L’ACMV n’appuie pas la dentisterie sans le recours à l’anesthésie.

Sommaire

  • La dentisterie vétérinaire se définit comme les interventions de soins d’hygiène buccale chez toute espèce animale.
  • La dentisterie vétérinaire exige de vastes connaissances qui sont acquises dans le cadre de la formation d’un médecin vétérinaire.
  • Un médecin vétérinaire ne devrait pas déléguer l’examen des dents et/ou de la cavité buccale requis pour effectuer une évaluation, développer un diagnostic et/ou formuler un plan de traitement et il ne devrait pas déléguer les interventions d’extraction.
  • S’il se produit une délégation pour une intervention mineure, les interventions doivent être réalisées sous une supervision vétérinaire directe et conformément aux règlements du territoire pertinent.
  • Le détartrage supra-gingival (au-dessus des gencives) et sous-gingival (au-dessous des gencives) est l’enlèvement de la plaque et du tartre à l’aide d’instruments spécialisés. L’enlèvement du tartre supra-gingival sans le nettoyage sous-gingival est une intervention esthétique seulement et n’offre pas de bienfaits pour la santé de l’animal.
  • La dentisterie sans le recours à l’anesthésie ne satisfait pas à la norme de soins stipulée pour les animaux (voir Contexte 5).
  • L’ACMV appuie l’importance de la mise en place d’une relation vétérinaire-client-patient (RVCP).

Contexte 

  1. La dentisterie vétérinaire concerne tous les aspects des interventions d’hygiène buccale chez toutes les espèces animales, notamment tous les aspects de l’évaluation, du diagnostic, du pronostic, du traitement et de la prévention de toutes les maladies des dents, de la cavité buccale, de la mandibule et de la région maxillo-faciale et des structures connexes.

Les interventions utilisées varient selon l’espèce et peuvent inclure :

  • les radiographies intrabuccales ;
  • le nettoyage (supra-gingival et sous-gingival) ;
  • l’ajustement, le limage, l’extraction ou la réparation des dents et le traitement des structures connexes, les interventions chirurgicales sur la tête (ou cavité buccale) qu’elles incluent ou non l’administration de tranquillisants, de sédatifs, d’analgésiques et d’anesthésie ;
  • les interventions buccales invasives qui incluent, entre autres chez certaines espèces, l’enlèvement de pointes d’émail tranchantes, le traitement de malocclusions de toutes les dents, le reprofilage des dents, l’extraction de toutes les dents de lait ou permanentes (y compris les premières prémolaires « dents de loup » dans le cas des chevaux) ;
  • le traitement par la restauration ou les interventions endodontiques ;
  • les traitements périodontiques et orthodontiques.
  1. La dentisterie vétérinaire est un élément de la pratique vétérinaire qui exige le diagnostic et le traitement de la pathologie buccale et parfois maxillo-faciale et nécessite une vaste connaissance de l’anatomie, de l’anesthésiologie, de la pharmacologie, de la physiologie, de la pathologie, de la radiologie, de la neurologie, de la médecine et de la chirurgie, des sujets qui font tous partie de la formation d’un médecin vétérinaire (1, 2).
  2. Une compréhension de la pathogénèse des maladies buccales chez les animaux est une exigence afin de porter des jugements informés concernant la prévention et le traitement. Un médecin vétérinaire ne devrait pas déléguer l’examen des dents et/ou de la cavité buccale requis pour effectuer une évaluation, développer un diagnostic et/ou formuler un plan de traitement et il ne devrait pas déléguer les interventions d’extraction. S’il se produit une délégation, les interventions doivent être réalisées sous la supervision directe d’un médecin vétérinaire et conformément aux règlements du territoire pertinent (3).
  3. Chez toutes les espèces, la connaissance des fondements étiologiques de la maladie buccale est nécessaire afin de bien communiquer les pronostics et les interventions préventives aux clients.
  4. Un examen buccal complet fait partie intégrante de l’évaluation dentaire d’un animal. Chez la plupart des espèces, un examen buccal complet peut seulement être effectué en utilisant des sédatifs ou des agents anesthésiques. Dans la plupart des cas, l’évaluation devrait inclure des radiographies dentaires (4-5).
  5. La plupart des interventions dentaires vétérinaires chez les animaux exigent le recours approprié aux sédatifs et aux agents anesthésiques dont le choix dépendra de l’espèce. La dentisterie où l’anesthésie n’est pas utilisée chez les petits animaux et la dentisterie sans sédation chez certaines espèces ne permet pas de réaliser une évaluation sécuritaire ou le traitement de la cavité buccale et, à ce titre, ne répond pas aux normes de soins vétérinaires requises pour l’animal (2-6). Les produits pharmaceutiques pour gérer la douleur et le choix judicieux d’antimicrobiens et d’autres produits pharmaceutiques sont nécessaires afin de maximiser le confort et la sécurité des patients vétérinaires ainsi que la probabilité du succès de l’intervention. Le détartrage au-dessous des gencives seul, sans une évaluation adéquate de la cavité buccale et la considération subséquente d’une option de traitement sous-gingival, ne protège pas la santé et le bien-être des patients vétérinaires.
  6. L’ACMV approuve l’importance de la mise en place d’une relation vétérinaire-client-patient (RVCP), telle qu’elle est définie par l’organisme de réglementation de la médecine vétérinaire, afin de pouvoir améliorer les communications concernant les interventions vétérinaires dentaires, de définir les attentes et de maximiser la probabilité d’un résultat favorable.
  7. Les médecins vétérinaires possèdent des qualifications uniques pour diagnostiquer les maladies dentaires et traiter les états de santé inattendus qui peuvent se présenter durant les interventions et les examens buccaux et pour prescrire des soins de suivi. À ce titre, l’ACMV appuie fortement l’inclusion de la dentisterie vétérinaire dans le cadre du programme obligatoire du curriculum des écoles de médecine vétérinaire.
  8. L’ACMV encourage les médecins vétérinaires à diriger les cas pertinents à un spécialiste dentaire vétérinaire qui est diplomate de l’American Veterinary Dental College (AVDC) (7).
  9. L’ACMV encourage la formation continue afin de développer de l’expertise technique vétérinaire telle que celle offerte aux techniciens vétérinaires dans le cadre de la certification par l’Academy of Veterinary Dental Technicians (8).


Bibliographie

  1. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES. Énoncé de position sur les interventions chirurgicales de l’ACMV. Ottawa, Ontario. Révisé en juillet 2014. Disponible au : https://www.veterinairesaucanada.net/documents/interventions-chirurgicales-veterinaires Dernière consultation le 30 août 2017.
  2. AMERICAN ASSOCIATION OF EQUINE PRACTITIONERS. Position Statement on Equine Dentistry, 2014. Disponible au : https://aaep.org/guidelines/aaep-ethical-and-professional-guidelines/aaep-position-statements/veterinary-practice Dernière consultation le 11 octobre 2017.
  3. CONSEIL NATIONAL POUR LES SOINS AUX ANIMAUX D’ÉLEVAGE. Code de pratiques pour les soins et la manipulation des équidés. Disponible au : http://www.nfacc.ca/pdfs/codes/equine_code_of_practice.pdf Dernière consultation le 30 août 2017.
  4. AMERICAN VETERINARY DENTAL COLLEGE. Anaesthesia free dentistry: Know the facts. Disponible au : http://avdc.org/AFD/ Dernière consultation le 30 août 2017.
  5. ROYAL COLLEGE OF VETERINARY SURGEONS. A statement on “anaesthesia free dental procedures” for cats and dogs. Disponible au : https://www.rcvs.org.uk/document-library/a-statement-on-anaesthesia-free-dental-procedures-for-cats-dogs/ Dernière consultation le 30 août 2017.
  6. AMERICAN VETERINARY MEDICAL ASSOCIATION. Policy on veterinary dentistry. Disponible au : https://www.avma.org/KB/Policies/Pages/AVMA-Position-on-Veterinary-Dentistry.aspx Dernière consultation le 11 octobre 2017.
  7. AMERICAN VETERINARY DENTAL COLLEGE. Disponible au : https://www.avdc.org/ Dernière consultation le 11 octobre 2017.
  8. ACADEMY OF VETERINARY DENTAL TECHNICIANS. Disponible au : http://avdt.us/ Dernière consultation le 11 octobre 2017.

Manuels

GORREL, C. Veterinary Dentistry for the General Practitioner, 2e éd., Philadelphie, Pennsylvanie, Saunders, 2013.

HOLMSTROM, S.E. Veterinary Dentistry: A Team Approach, 2e éd., New York, New York, Elsevier, 2012.

WORLD SMALL ANIMAL VETERINARY ASSOCIATION. Global Dental Guidelines. Disponible au : http://www.wsava.org/sites/default/files/Dental%20Guidleines%20for%20endorsement_0.pdf Dernière consultation le 11 octobre 2017.

(Révisé en avril 2017)