CVMA | Documents | La détection de la douleur peut éviter des souffrances inutiles aux animaux
CVMA-ACMV

La détection de la douleur peut éviter des souffrances inutiles aux animaux

Le 23 octobre 2012

La douleur met en cause deux sensations distinctes : la première est généralement une douleur vive et soudaine, suivie d’une douleur sourde et lancinante. La plupart des gens savent ce qu’est la douleur, mais peu comprennent ses mécanismes, surtout chez les animaux.

Il existe beaucoup de notions erronées sur la douleur et les animaux. Ainsi, l’absence de geignement ne signifie pas l’absence de douleur. Contrairement aux humains, la plupart des animaux sont plus tolérants et silencieux face à la douleur. Du point de vue de leur survie, ils ont tout intérêt à ne pas attirer l’attention des prédateurs. Par ailleurs, le ronronnement d’un chat ne signifie pas nécessairement qu’il est content. Au contraire, il se peut qu’il ressente de l’anxiété, de la peur ou de la douleur. Nous avons également tort de supposer que les animaux ne ressentent pas la douleur comme nous. Des études physiologiques et neurologiques ont permis de démontrer que les animaux ressentent la douleur d’une façon très semblable à la nôtre.

Pour ces raisons et d’autres encore, le vétérinaire et le propriétaire d’un animal doivent être à l’affût d’autres indices de la douleur. Ainsi, certains comportements peuvent être symptomatiques de la douleur, comme des gémissements, des grondements et des cris. Le plus souvent, un animal qui souffre a tendance à s’isoler ou à se cacher. L’animal peut sembler inconfortable, par exemple s’il ne tient pas en place, s’il est agité ou qu’il change sans cesse de position. Souvent, un animal qui souffre halète fortement. Certains peuvent gronder ou mordiller s’ils sont manipulés, tandis que d’autres geignent et tentent de s’échapper. Ils peuvent être réticents à bouger et, fréquemment, ils perdent l’appétit et deviennent apathiques, voire léthargiques, et leurs habitudes d’hygiène peuvent se dégrader (surtout chez les chats).

Le langage corporel peut être très important. Ainsi, en cas de douleur locale, l’animal peut lécher ou mordiller la région douloureuse. Un animal qui a une patte cassée tentera de la cacher sous lui. Il boitera et évitera de s’appuyer sur le membre blessé. Quand ils souffrent de douleurs abdominales, certains chiens s’étirent en se tenant le dos courbé et les pattes antérieures étendues. Certains signes cliniques sont également symptomatiques de la douleur. La dilatation des pupilles, l’augmentation du rythme cardiaque et respiratoire, et celle de la pression artérielle indiquent la présence de la douleur.

L’utilisation des analgésiques est courante en médecine vétérinaire, non seulement pour soulager l’animal, mais aussi pour faciliter sa manipulation. Des études ont démontré que les patients récupèrent plus rapidement si la douleur est atténuée ou maîtrisée.

Les propriétaires d’animaux de compagnie devraient apprendre à reconnaître les signes de la douleur chez leurs compagnons. Toutefois, ils ne devraient jamais administrer un analgésique sans consulter leur vétérinaire. Beaucoup de ces médicaments peuvent être extrêmement toxiques (comme l’ibuprofène, le naproxène et l’acétaminophène) tandis que d’autres, comme l’acide acétylsalicylique, doivent être administrés avec une prudence extrême.