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Déclaration commune de l’AVMA, de la FVE et de l’ACMV sur les rôles des médecins vétérinaires dans la promotion du bien-être animal

Le 27 mai 2020

L’American Veterinary Medical Association (AVMA), la Federation of Veterinarians of Europe (FVE) et l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) reconnaissent que les animaux sont des êtres vivants capables de ressentir des états (ou sentiments) physiques et émotionnels positifs, y compris, sans s’y limiter, ceux associés au confort et au plaisir, ainsi que des états (ou sentiments) négatifs, comme la douleur, la peur et la frustration. Par conséquent, les animaux méritent des soins, une considération et un respect appropriés; c’est-à-dire que les animaux devraient pouvoir vivre à la fois une bonne vie[1],[2] et une mort sans cruauté.

Il y a des attentes à la fois sociétales et professionnelles pour les médecins vétérinaires de faire preuve de leadership en matière de bien-être animal par des actions qui stimulent et alimentent la discussion publique, inspirent confiance et soutiennent le consensus de la collectivité concernant l’utilisation, les soins et le traitement appropriés des animaux. Les médecins vétérinaires peuvent également partager leurs connaissances pour promouvoir et appuyer des normes et des pratiques de soins aux animaux axées sur le bien-être.

L’AVMA, la FVE et l’ACMV reconnaissent que les médecins vétérinaires, en tant que professionnels avertis et responsables, ont le devoir de profiter des occasions qui leur sont offertes pour défendre le bien-être animal auprès des individus et des communautés, ainsi que par leur adhésion à des associations professionnelles (Annexe). De plus, les médecins vétérinaires possèdent des attributs clés qui en font des partenaires précieux et des défenseurs efficaces du bien-être animal, comme :

  • une crédibilité de longue date acquise en servant le public;
  • l’adhésion obligatoire à des normes éthiques et professionnelles élevées;
  • des connaissances scientifiques solides en matière de santé animale et d’élevage, et la maîtrise de l’application technique, pratique et éthique de ces connaissances;
  • l’empathie qui permet de promouvoir l’utilisation appropriée des animaux, dans le respect de leur qualité de vie et de leur valeur intrinsèque;
  • un accès direct aux animaux, aux milieux dans lesquels ils vivent et aux personnes qui les possèdent ou s’en occupent;
  • des interactions régulières avec d’autres personnes et organisations directement ou indirectement responsables du bien-être des animaux.

L’établissement, la mise en œuvre et le respect de principes et de normes conçus pour améliorer continuellement le bien-être animal s’inscrivent dans une dynamique complexe impliquant les besoins des animaux, les besoins des humains, les attentes de la société ainsi que l’impact environnemental et d’autres préoccupations liées à la pérennité des mesures. Les actions employées pour améliorer le bien-être animal doivent être fondées sur des considérations vétérinaires, éthologiques, écologiques, économiques et éthiques. Les médecins vétérinaires sont, et doivent constamment s’efforcer d’être, les principaux défenseurs du bien-être animal dans une société en constante évolution.

Annexe

Voici une liste non exhaustive d’exemples d’opportunités pour les médecins vétérinaires de faire progresser le bien-être animal.

  • Les médecins vétérinaires individuels peuvent :
    • fournir des soins interventionnels et préventifs à leurs patients;
    • éduquer les propriétaires d’animaux et les personnes qui s’occupent d’animaux sur la façon de prendre soin des animaux en tenant compte de leur santé physique et mentale;
    • promouvoir la reproduction d’animaux en bonne santé, élevés et gardés sans cruauté;
    • encourager le développement et l’utilisation éthique des nouvelles technologies;
    • faire progresser les connaissances au profit des systèmes de soins aux animaux existants et proposer des solutions de rechange pour mieux répondre aux besoins des animaux;
    • voir à la formation continue des employés, à l’évaluation des résultats et à l’amélioration constante des politiques et procédures afin de favoriser le bien-être des animaux;
    • renseigner et encadrer les étudiants, les collègues vétérinaires et les paraprofessionnels en ce qui concerne les bases scientifiques et éthiques du bien-être animal;
    • effectuer des évaluations approfondies des installations et des populations animales et recommander l’adoption de modes opératoires normalisés et de pratiques exemplaires pour promouvoir le bien-être animal;
    • servir d’évaluateurs indépendants hautement qualifiés pour les projets ou programmes d’assurance du bien-être animal;
    • élaborer et mettre en œuvre des politiques et des procédures rigoureuses en matière de bien-être animal pour les sociétés et les entités de recherche;
    • adhérer à des associations vétérinaires (en fonction du lieu d’exercice et axées sur les espèces ou la pratique) et s’y impliquer afin de servir de porte-parole de la profession dans les initiatives de sensibilisation et de protection du bien-être des animaux.

 

  • À l’échelle communautaire, les médecins vétérinaires individuels et les équipes de soins aux animaux peuvent :
    • fournir une expertise par la promotion du bien-être animal et l’éducation du public (par exemple, dans les médias, auprès des politiciens, ou dans les groupes scolaires et communautaires);
    • fournir une expertise dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’application de la réglementation sur le bien-être animal;
    • offrir des programmes communautaires de soins de santé animale qui profitent au bien-être des animaux et des humains.

 

  • Les associations vétérinaires, par la force de leurs membres, peuvent :
    • servir de voix de la profession dans les discussions sur le bien-être animal avec les différentes parties prenantes;
    • formuler et défendre des politiques de bien-être animal auprès des gouvernements et autres intervenants, y compris des entreprises, des groupes industriels et des organisations non gouvernementales;
    • offrir à leurs membres la possibilité de siéger à des organisations intergouvernementales et à d’autres entités internationales qui établissent des normes et des lignes directrices mondiales en matière de bien-être animal.

[1] Mellor DJ. Updating animal welfare thinking: Moving beyond the “Five Freedoms” towards “A Life Worth Living.” Animals 2016;6(3):21(https://doi.org/10.3390/ani6030021; site consulté le 27 janvier 2020).

[2] Webster J. Animal Welfare: Freedoms, Dominions and “A Life Worth Living.” Animals 2016;6(6):35 (https://doi.org/10.3390/ani6060035; site consulté le 27 janvier 2020).