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La rage : une maladie trompeuse

Le 19 juillet 2016

La rage : une maladie trompeuse

La rage est une maladie peu courante chez les animaux domestiques au Canada, grâce aux efforts de nombreuses personnes concernées, tant au sein de la collectivité vétérinaire qu’à l’extérieur de cette dernière. Cependant, elle demeure toujours en circulation parmi diverses espèces sauvages au pays.

Le virus de la rage touche tous les animaux à sang chaud. Chez les animaux sauvages, il est plus couramment observé chez les renards, les moufettes, les ratons laveurs et les chauves-souris. Chacune de ces espèces est porteuse d’une variante (souche) du virus de la rage. Toutes ces souches peuvent affecter les animaux de compagnie, les humains ou les animaux domestiques. Les animaux domestiqués comme les vaches, les chevaux, les chiens et les chats agissent rarement comme source pour les maladies humaines. C’est habituellement l’exposition à la faune qui cause l’infection chez les humains. 

La prévention

  • Par conséquent, l’étape la plus importante pour la prévention de la rage est la réduction de l’exposition aux animaux sauvages potentiellement infectés.
  • Les animaux de compagnie qui errent librement courent le risque d’entrer en contact avec des animaux sauvages infectés par la rage. Il faut garder les chiens dans une cour clôturée au lieu de les laisser errer librement dans les champs. Il faut aussi s’assurer que les animaux sauvages, comme les renards, les moufettes et les ratons laveurs ne peuvent pas pénétrer dans la cour. Dans ces endroits clôturés, il faut enlever les vieux troncs d’arbre et les buissons et de prévenir l’accès par les animaux sauvages aux cabanons et aux garages. 

La vaccination

  • Une autre mesure pour prévenir la rage chez les animaux de compagnie est la vaccination.
  • Tous les animaux de compagnie en santé devraient être vaccinés. Pour faire leur part afin de prévenir la rage, les propriétaires d’animaux de compagnie doivent s’assurer que la vaccination de leurs amis à quatre pattes est à jour. Le vaccin contre la rage est très efficace, peu coûteux et il est habituellement donné à des intervalles d’un à trois ans. Dans la plupart des provinces, la loi exige la vaccination contre la rage pour tous animaux mammaliens, y compris les animaux d’intérieur.

Connaître les faits

  • Un élément important de la prévention de la rage consiste à connaître les faits à propos de cette terrible maladie afin que des expositions à haut risque et le contact puissent être prévenus.
  • La rage se déplace entre les animaux et les humains par une morsure ou par des plaies dans la peau ou les muqueuses. On croit aussi que les personnes peuvent être infectées en respirant l’air entourant les chauves-souris, comme dans les cavernes à chauve-souris où le virus est suspendu en gouttelettes dans l’air.
  • La rage est presque toujours mortelle. Des cas de guérison sont extrêmement rares et on en trouve seulement quelques-uns dans les annales médicales. Une fois que le virus pénètre dans le corps de l’animal ou d’une personne, il se déplace vers le système nerveux central le long des fibres nerveuses. Il prend racine dans le cerveau et se propage dans le corps en utilisant les nerfs pour se déplacer de nouveau. Les particules du virus se retrouvent dans de nombreux tissus du corps. Les glandes salivaires (les glandes qui produisent la salive) sont d’une importance particulière. Une fois que les virus de la rage pénètrent dans les glandes salivaires, ils sont présents en grand nombre dans la salive et peuvent facilement se propager entre les animaux ou aux humains, s’ils sont léchés ou mordus.
  • Une fois infectés, les animaux peuvent manifester des symptômes très différents, selon le stade de l’infection. Au début de l’infection, ils peuvent sembler complètement normaux. Cette phase d’incubation peut durer pendant de longues périodes de temps (des semaines ou des mois, voire des années). Une morsure sur la face, la tête ou le cou aura tendance à écourter la phase de développement, vu que le virus est près du cerveau, tandis qu’une morsure sur le bout de la queue ou sur la patte pourra se traduire par une longue phase, car il faudra plus de temps pour que le virus se déplace vers le cerveau et en revienne.
  • Les animaux atteints de la rage pourront agir normalement et ils peuvent transmettre le virus à d’autres animaux ou à des humains à la toute fin de cette phase de développement ou de comportement normal. Il s’agit de la plus grande période de risque parce que les comportements habituels associés à la rage sont absents.
  • Une fois que les signes cliniques se manifestent, l’animal n’a environ qu’une semaine à vivre.

Les signes

Les signes sont variables et incluent :

  • L’agression sans provocation ni dérangement.
  • La paralysie — par exemple, les muscles qui contrôlent la respiration et la marche (entre autres) perdent leur fonction.
  • Des animaux nocturnes (actifs la nuit) sortent durant le jour.
  • Des animaux sauvages ou des chats affectueux (les chats atteints de la rage peuvent devenir gentils et affectueux plutôt que méchants, puis ils deviendront soudainement agressifs).
  • Baver et avoir l’écume aux lèvres en raison de la paralysie des muscles de la gorge et de la gueule. Un chien peut développer une langue pendante.
  • Les animaux touchés peuvent aussi avoir de la difficulté à boire et à manger et ils peuvent avoir de la fièvre.

Une maladie trompeuse

  • N’oubliez jamais que tout animal qui agit étrangement peut manifester des symptômes de la rage! C’est pourquoi la rage est appelée la « maladie trompeuse ». Elle peut ressembler à de nombreuses autres maladies et être très différente de l’image de l’animal « enragé » dont nous entendons parler.
  • Une autre mesure importante pour le contrôle de la rage est la collaboration entre les vétérinaires, le public, le système de  santé publique, les médecins et les agences gouvernementales afin d’exercer une surveillance et de contrôler la rage à un niveau régional et national.
  • Pa exemple, dans certaines régions du Canada, des appâts destinés aux animaux sauvages sont largués par des avions dans les régions rurales ou la campagne. L’appât (déguisé en gâterie) contient un vaccin efficace contre la rage. Les services de santé publique effectuent aussi un suivi et une gestion des cas d’exposition humaine.
  • N’approchez jamais d’un animal que vous ne connaissez pas. Si vous voyez un animal qui agit de manière étrange ou si vous vous faites mordiller par un animal que vous ne connaissez, signalez-le immédiatement. Des cas soupçonnés de rage doivent être immédiatement signalés à votre médecin et aux vétérinaires (lorsqu’ils concernent des animaux de compagnie ou des animaux domestiques).

 

(3.11.2016)

Réviseurs :
Dre Kathleen Cavanagh, rédactrice en ligne, ACMV
Dr J. Scott Weese, Chaire de recherche du Canada sur les zoonoses