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La vaccination et votre chien

Le 20 juillet 2016

La vaccination et votre chien

Qu’est-ce qu’un vaccin?

  • Un vaccin contient un virus, une bactérie ou d’autres organismes provoquant la maladie qui ont été tués ou modifiés afin de plus causer la maladie. Les vaccins récents peuvent contenir des éléments issus du génie génétique dérivés de ces agents causaux. Lorsqu’ils sont administrés à un animal, les vaccins stimulent le système immunitaire du corps à former des cellules qui combattent la maladie (immunité à médiation cellulaire) et font circuler des protéines (connues sous le nom d’anticorps) pour protéger contre la maladie.
  • La plupart des animaux dont la vaccination est complète résisteront à la maladie contre laquelle ils sont vaccinés. La protection peut être réduite lorsque les vaccins sont administrés à de jeunes chiots, car il pourrait y avoir une interférence avec les anticorps absorbés du lait de leur mère.
  • La réponse de protection aux vaccins peut aussi être réduite chez un chien en mauvaise santé, en raison de rappels non administrés et chez les animaux qui prennent des médicaments qui peuvent inhiber le système immunitaire. L’efficacité des vaccins est aussi déterminée par la formulation particulière du fabricant et la nature de la maladie contre laquelle le vaccin a été conçu.

Contre quelles maladies les vaccins peuvent-ils protéger mon chien?

  • Les vétérinaires conviennent que tous les chiens devraient être vaccinés contre les maladies répandues, graves et/ou très contagieuses (les vaccins « de base »). D’autres vaccins peuvent être aussi recommandés selon le risque présenté par une maladie pour un chien individuel (vaccins facultatifs). Bien que certains propriétaires d’animaux croient que les vaccins procurent une protection à 100 % chez tous les chiens, cela n’est pas toujours vrai. Certains vaccins protégeront la plupart des chiens, tandis que d’autres pourront seulement réduire la gravité des signes cliniques. 

Vaccins de base pour les chiens

Distemper canin :

  • Ce virus cause des problèmes respiratoires et digestifs ainsi que des troubles du système nerveux chez les chiens affectés et peut être mortel pour environ la moitié des chiens non vaccinés. Le système nerveux des chiens qui se rétablissent pourra aussi présenter des séquelles permanentes. La forme chronique de la maladie peut causer la maladie des pattes dures, un épaississement chronique des coussinets des pattes et l’encéphalite, une inflammation du cerveau. Certains chiens qui contractent le virus ne manifestent aucun symptôme ou ne présentent que des signes très légers, mais ils peuvent facilement infecter d’autres chiens vulnérables. Les chiens non vaccinés courent un risque multiplié par 350 de contracter cette maladie très contagieuse, transmise par les sécrétions nasales et oculaires des chiens infectés.

Hépatite infectieuse canine :

  • Cette maladie est causée par un agent viral (CAV-1) et se propage par l’urine infectée. Le virus peut causer une insuffisance hépatique, des dommages aux yeux et des troubles respiratoires et peut être mortelle. Les signes cliniques courants sont les vomissements, les douleurs abdominales, la diarrhée et, parfois, la toux. C’est le CAV-2, un virus étroitement rapproché, qui est utilisé dans la fabrication du vaccin parce que cette variante du virus causera moins d’effets secondaires et offrira une protection croisée.

Parvovirus canin :

  • Cette maladie est le plus fréquemment causée par les types CPV-2, CPV-2a, CPV-2b et CPV-2c du parvovirus. L’infection est à la fois sérieuse et généralisée chez les chiens. Les symptômes, qui peuvent inclure des vomissements graves et une diarrhée qui contient fréquemment du sang, sont produits par les dommages causés par le virus à la paroi du tube digestif. La maladie se propage par les fèces.
  • La mort peut survenir dans les 48 à 72 heures suivant l’infection et la mort soudaine peut aussi se produire. De plus, l’infection par le parvovirus peut causer une suppression de la moelle osseuse et la myocardite (inflammation du muscle cardiaque). Ce virus est d’ailleurs très résistant dans l’environnement et est facilement transporté par les chaussures et d’autres objets, occasionnant la transmission du virus. Pour cette raison, même les chiens d’intérieur qui habitent dans des appartements et ne sortent jamais à l’extérieur doivent aussi être protégés. La vaccination est la stratégie de protection la plus efficace pour tous les chiens, jeunes et âgés.

Rage :

  • Tous les mammifères, y compris les humains, courent le risque de contracter la rage et cette maladie est presque toujours mortelle. La rage est parfois appelée « la maladie trompeuse » parce que les symptômes sont tellement différents d’un animal à l’autre. Les chiens enragés peuvent manifester des symptômes de la rage « paralytique », dont l’abattement, la faiblesse et la paralysie, ou la forme «  furieuse » traditionnelle qui se caractérise par une agressivité anormale.
  • Dans certaines régions du Canada où le risque est élevé, la vaccination des chiens et des chats est obligatoire. Même les chiens qui ne sortent pas dehors devraient être vaccinés : des chauves-souris infectées peuvent voler dans la maison et des animaux sauvages enragés, comme des moufettes et des ratons-laveurs, peuvent pénétrer dans une cour clôturée ou par une trappe d’accès pour animaux qui n’est pas activée par un collier ou par une porte à moustiquaire. La recherche montre que les animaux atteints de la rage peuvent excréter le virus (et donc infecter les humains ou d’autres animaux) avant de manifester des symptômes et c’est pourquoi il faut faire preuve de prudence autour des animaux errants et sauvages afin de prévenir le contact. Communiquez avec les autorités appropriées pour les informer qu’un animal pouvant avoir la rage rôde autour de votre résidence ou dans la cour.

Vaccins facultatifs pour chiens

Des vaccins sont disponibles pour protéger les chiens individuels qui sont jugés à risque. Vous pouvez discuter de ces vaccins avec votre vétérinaire.

Bordetellose :

  • Un vaccin contre Bordetella (une cause bactérienne du syndrome de la toux de chenil) est disponible. Ces bactéries causent des symptômes respiratoires, comme la toux, des sécrétions nasales et la fièvre. Des infections graves peuvent provoquer une pneumonie. Les chiens qui entrent en contact avec d’autres chiens dans des parcs à chiens, des refuges, des chenils et des installations de toilettage, des concours canins, des classes de dressage et d’autres environnements à risque élevé profiteront de la vaccination contre cette maladie. Bien que Bordetella soit une cause majeure de la toux de chenil, il est important de souligner que plusieurs autres organismes infectieux peuvent causer des symptômes semblables. La vaccination contre Bordetella pourrait ne pas prévenir l’infection, mais elle devrait réduire la gravité et la durée des signes cliniques.

Virus parainfluenza canin :

  • Les chiens infectés par le virus parainfluenza, l’une des causes de la toux de chenil, manifestent des symptômes d’une toux quinteuse, des sécrétions nasales et une fièvre occasionnelle. Bien que le virus parainfluenza en soi ne produise que des symptômes légers, il se présente fréquemment comme une coinfection avec d’autres agents de la toux de chenil.

Leptospirose :

  • Plusieurs variantes, ou biotypes, des bactéries Leptospira causent la leptospirose chez les chiens en Amérique du Nord et certains biotypes causent une maladie plus grave que d’autres. Il n’existe pas de vaccin disponible sur le marché au Canada contre certains biotypes de cette bactérie, mais la vaccination protège contre les biotypes qui sont les plus fréquemment diagnostiqués.
  • Les symptômes de la leptospirose peuvent inclure la léthargie, la fièvre, l’insuffisance rénale et/ou hépatique, des muscles et des articulations douloureuses, des vomissements et des problèmes de saignement. Une infection active peut présenter un risque réel pour le propriétaire, car les organismes de Leptospira peuvent infecter les humains. Des études ont montré que même les chiens sans signes cliniques peuvent éliminer les bactéries dans leur urine et donc propager la bactérie à d’autres personnes et chiens. Cette maladie n’est pas présente dans toutes les régions géographiques et le vaccin est donc seulement administré aux chiens à risque d’exposition. Plusieurs régions endémiques au Canada (où des infections locales se produisent) existent au Canada et aux États-Unis. Il s’est d’ailleurs produit une hausse spectaculaire des cas de leptospirose dans l’est du Canada au cours des deux dernières décennies. Dans les régions endémiques, les chiens qui sortent à l’extérieur et ceux qui sont en visite peuvent être à risque et il faudrait considérer la vaccination.

Borréliose (maladie de Lyme) :

  • La maladie de Lyme est causée par la bactérie Borrelia burgdorferi et se propage par la morsure d’une tique infectée. Toutes les tiques ne sont pas nécessairement porteuses de l’organisme, mais celles se nourrissant de cervidés et de souris sont des vecteurs communs, particulièrement dans le nord-est des États-Unis et les provinces limitrophes du Canada.
  • Les infections par Borrelia affectent les reins, les articulations et le cœur des chiens. Bien que beaucoup de chiens (de 90 à 95 %) ne développent pas de maladie clinique après l’infection, des problèmes comme la léthargie, la fièvre, la boiterie, la perte d’appétit et l’enflure des glandes, peuvent se produire chez certains chiens. Le contrôle des tiques demeure la principale méthode de prévention des infections.

Coronavirus :

  • Les infections à coronavirus causent une maladie légère et limitée chez la plupart des jeunes chiens, mais une coinfection avec le parvovirus est considérée comme responsable de la maladie plus grave touchant le système digestif. Les vomissements et la diarrhée sont les signes cliniques les plus communs et ils se résorbent habituellement après quelques jours. La vaccination peut être considérée pour les chiens dans des environnements à risque élevé, comme des concours canins, des refuges et des chenils, où des éclosions peuvent se produire.

Foire aux questions

Comment les vaccins sont-ils administrés?

  • La plupart des vaccins sont injectés par voie sous-cutanée ou dans un muscle. Certains vaccins peuvent être administrés sous forme de gouttes nasales ou par la bouche (oralement).

De quels vaccins mon animal de compagnie a-t-il besoin?

  • Même si certains vaccins de base sont généralement recommandés pour tous les chiens en santé, votre vétérinaire peut vous aider à choisir ceux dont votre chien a besoin en fonction de ses risques uniques. Il faut notamment tenir compte du nombre de chiens dans la maison, des contacts avec d’autres chiens et les animaux sauvages, de l’âge et de l’état de santé du chien ainsi que des voyages qu’il fera et de l’hébergement en chenil. Il est important de réévaluer les options de vaccination avec votre vétérinaire s’il se produit un changement au niveau des circonstances du style de vie de votre animal.

À quelle fréquence mon animal de compagnie doit-il être vacciné?

  • Votre vétérinaire peut vous aider à établir un protocole de vaccination qui convient à votre animal familier. En général, tous les animaux de compagnie reçoivent une série de vaccins pendant les six premiers mois de leur vie, et le premier rappel un an plus tard. La durée de l’immunité procurée fait actuellement l’objet de recherches en cours dans la collectivité vétérinaire et les protocoles en vigueur pourraient changer à l’avenir. Les protocoles actuels prévoient l’administration de vaccins tous les trois ans contre le distemper, le parvovirus et l’hépatite infectieuse canine et beaucoup de ces vaccins comportent maintenant une étiquette indiquant une efficacité pendant trois années. Le vaccin contre la rage peut aussi être administré tous les trois ans là où la loi le permet.
  • Peu importe le protocole de vaccination suivi, l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) recommande un examen physique annuel comme point de départ pour les soins préventifs de votre chien et un examen deux fois par année pour les chiens âgés. Des examens plus fréquents pourraient être requis pour les animaux de compagnie qui ont des besoins spéciaux ou sont atteints d’affections particulières. Les animaux vieillissent beaucoup plus vite que les humains et un examen annuel permet à votre vétérinaire de détecter et de gérer les maladies, comme les maladies dentaires, le diabète, les problèmes cardiaques et l’insuffisance rénale, qui peuvent se développer avec l’âge. Certaines races peuvent être prédisposées à des problèmes de santé, même en bas âge. De plus, une visite annuelle vous donne l’occasion de discuter d’autres sujets dont le comportement, la nutrition, le contrôle des parasites et les soins de votre animal familier.

Les vaccins sont-ils sécuritaires?

  • Bien que les vaccins doivent faire l’objet d’essais d’innocuité avant d’être homologués au Canada et qu’ils soient considérés comme très sécuritaires, ils peuvent toujours provoquer des réactions chez un très faible nombre d’animaux. Le plus communément, les chiens pourront être fatigués ou fiévreux pendant jusqu’à 24 heures après la vaccination et ils pourront ne pas manger. Chez certains chiens, une petite bosse indolore pourra se former au site d’injection du vaccin et elle disparaîtra habituellement quatre semaines plus tard. Très rarement, un chien développera une enflure faciale ou une réaction allergique généralisée (anaphylaxie) qui sera accompagnée de vomissements, de diarrhée, de difficultés respiratoires et de collapsus. Les réactions anaphylactiques sont rarement mortelles si elles sont traitées rapidement. 
  • Certaines données indiquent que les vaccins peuvent jouer un rôle dans certains troubles d’origine immunitaire chez les chiens et les chats. Par exemple, certains chiots individuels de quelques lignées de chiens de race Weimaraner développeront des réactions conjointes lorsque des vaccins multiples sont administrés ensemble. Les vaccins représentent probablement seulement l’une des nombreuses causes de ces affections rares dans la population générale de chiens. Les vétérinaires s’entendent toutefois sur le fait que les bienfaits de la vaccination l’emportent incontestablement sur les risques rares.

Y a-t-il des solutions de rechange à la vaccination?

  • Non. Malgré les risques très occasionnels associés à la vaccination, il est universellement reconnu que la vaccination joue un rôle important dans la protection des animaux de compagnie contre ces maladies graves. Cependant, nous savons que dans de rares cas, les propriétaires pourraient être peu enclins à faire vacciner leur animal de compagnie.
  • Pour certaines maladies, des prélèvements sanguins peuvent être utilisés pour mesurer les niveaux d’anticorps (titres). Même si ces tests ne fournissent pas une preuve solide de l’immunité, certains cliniciens utilisent les résultats de titres élevés afin de décider, en examinant le faible risque d’exposition à une maladie, si les vaccins peuvent être administrés à des intervalles de rappel plus longs qu’à l’habitude. Les titres du distemper, de l’adénovirus et du parvovirus (DAP) sont maintenant considérés comme fiables et des tests au point de service peuvent permettre de déterminer si un vaccin fournit une protection adéquate au chien. Ce type de test peut donc aider votre vétérinaire à déterminer un intervalle de rappel approprié pour les vaccins. Le coût des titres est légèrement supérieur à celui des vaccins de rappel et les tests représentent donc une option de remplacement aux intervalles habituels de vaccination pour ces maladies. Les titres ne sont pas recommandés pour la rage ou les autres maladies afin d’évaluer la protection offerte par le vaccin, car ils sont beaucoup moins fiables dans ces cas.

Quel est l’avenir de la vaccination des animaux de compagnie?

  • Les vaccins continueront de jouer un rôle très important pour la protection des animaux de compagnie contre ces maladies importantes. Les nouvelles technologies ont offert des formes plus sécuritaires et plus efficaces de protection. De plus, les compagnies de vaccins continueront de mettre au point de nouveaux vaccins contre les maladies infectieuses existantes et émergentes chez les animaux de compagnie. Par ailleurs, la recherche actuelle sur la durée de l’immunité et les effets secondaires aidera à mettre au point la meilleure protection possible pour les chiens au Canada.
  • Les chiens non vaccinés présentent aussi un risque pour la population canine en servant de source d’infection pour les autres chiens, y compris les jeunes chiots. Il ne faut pas oublier que la vaccination ne protège pas seulement votre chien, mais aussi les chiots vulnérables et les autres animaux de compagnie avec lesquels il pourrait entrer en contact et, dans certains cas, vous et votre famille. 

 

(3.31.2016)

Réviseurs :
Dre Kathleen Cavanagh, B.Sc., D.M.V. MET, rédactrice en ligne, ACMV
Dr Nigel Gumley, D.M.V., M.Sc., DABVP (canins/félins)


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