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Médecine vétérinaire complémentaire et parallèle - Énoncé de position

Le 6 juin 2019

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) estime que le recours aux traitements complémentaires et/ou parallèles pour soigner les animaux constitue l’exercice de la médecine vétérinaire.

L’ACMV recommande que la médecine vétérinaire complémentaire ou parallèle (MVCP) soit soumise au même niveau de rigueur factuelle que la médecine vétérinaire conventionnelle.

L’ACMV estime que l’exercice de la MVCP doit se faire dans le contexte d’une relation vétérinaire-client-patient (RVCP) valide.

Les bienfaits d’un traitement ou d’une modalité de MCVP doivent considérablement l’emporter sur les risques potentiels.

Les vétérinaires doivent avoir accès à des renseignements scientifiques valides sur les traitements et les modalités de la MVCP afin qu’ils puissent faire l’objet d’une évaluation critique. Cela permet aux vétérinaires de conseiller efficacement leurs clients sur l’utilisation de la MCVP et la façon dont elle peut être s’intégrer aux options diagnostiques et thérapeutiques conventionnelles.

Enfin, l’ACMV estime qu’il incombe aux vétérinaires d’acquérir les compétences et les connaissances requises pour tout traitement ou modalité dont ils envisagent l’utilisation (remarque no 4 du Contexte).

Contexte

  1. La médecine vétérinaire complémentaire et parallèle (MVCP) se définit comme un ensemble vaste et diversifié de systèmes de diagnostic, de traitement et de prévention fondé sur des philosophies et des techniques autres que celles utilisées en médecine vétérinaire conventionnelle (1). Ces pratiques peuvent être décrites comme complémentaires ou parallèles. La « médecine parallèle » existe en tant que domaine distinct de la médecine vétérinaire conventionnelle et comme remplacement de cette dernière. La « médecine complémentaire » (ou « médecine intégrée ») fait référence à l’utilisation de la médecine parallèle avec la médecine vétérinaire conventionnelle.
  2. La qualité des études et des rapports se rapportant à la MVCP varie. L’ACMV encourage les vétérinaires à s’efforcer d’utiliser les traitements et les modalités qui offrent le meilleur équilibre entre les risques, les bienfaits et le niveau de preuves scientifiques. Les vétérinaires se trouvent dans une position unique pour informer les clients à propos des risques des traitements et des preuves qui appuient les bienfaits de leur utilisation. Il faut poursuivre la recherche sur l’innocuité et l’efficacité des traitements de la MVCP et leur interface avec l’exercice de la médecine vétérinaire conventionnelle.
  3. L’ACMV encourage les vétérinaires qui ont recours à la MVCP à clairement expliquer les différences entre la MVCP et la médecine vétérinaire conventionnelle lorsqu’ils présentent les options de traitement  à leurs clients.
  4. À l’heure actuelle, l’ACMV ne reconnaît pas le statut ni les certificats de spécialistes autres que ceux décernés par l’American Board of Veterinary Specialties (ABVS) de l’American Veterinary Medical Association (AVMA). L’ACMV appuie les critères rigoureux imposés par l’ABVS pour les spécialisations distinctes et identifiables de la médecine vétérinaire où les spécialistes possèdent une base de connaissances commune fondée sur des buts éducationnels et des examens normalisés. Il n’existe aucun organisme de spécialisation reconnu par l’ABVS pour la MVCP. L’ACMV appuie le concept de la certification de l’ABVS pour les traitements et les modalités de la MVCP qui se fondent sur des preuves scientifiques solides quant à leur innocuité et à leur efficacité.
  5. L’ACMV reconnaît que ce sont les autorités de réglementation vétérinaire des provinces qui octroient les permis aux vétérinaires du Canada et, en conséquence, réglementent l’exercice de la médecine vétérinaire et déterminent :
  6. Les actes qui font partie de l’exercice de la médecine vétérinaire.
  7. La définition d’une « supervision vétérinaire » et des limites de la supervision telle qu’elle se rapporte à un traitement, incluant la MVCP, et comment un non-vétérinaire peut ou ne peut pas participer à un traitement de la MVCP.
  8. L’exigence d’obtenir le consentement préalable du propriétaire avant d’entamer un traitement, incluant un traitement ou une modalité de la MVCP.

Bibliographie

  1. NATIONAL INSTITUTES OF HEALTH NATIONAL CENTRE FOR COMPLEMENTARY AND ALTERNATIVE MEDICINE (Page d’accueil sur Internet). Disponible au : http://nccam.nih.gov/ Dernière consultation le 11 décembre 2012.
  2. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES. Énoncé de position de l’ACMV sur les interventions chirurgicales, Ottawa, Ontario. Révisé en novembre 2009.
  3. HAYNES, R.B., P.J. DEVEREUX et G.H. GUYATTE. « Clinical expertise in the era of evidence-based medicine and patient choice », Evid Based Med, 2002, vol. 7, p. 36-38.
  4. SACKETT, D.L., W.M.C. ROSENBERG, J.A. MUIR GRAY, R.B. HAYNES et W.S. RICHARDSON. « Evidence based medicine: What it is and what it isn’t », BMJ, 1996, vol. 312, p. 71-72.

(Révisé en novembre 2012)