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Les phobies chez les chiens

Le 23 octobre 2012

En médecine humaine, les craintes et les phobies pathologiques ne sont pas rares. Les araignées, les serpents et les espaces étroits sont des exemples de sources courantes de phobies humaines.

Les chiens éprouvent une gamme d’émotions de crainte et d’anxiété qui, au bas de l’échelle, représentent des comportements d’adaptation normaux, et à l’extrémité anormale de l’échelle, constituent des cas extrêmes de maladaptation de ces mêmes comportements. Une réaction à la  peur peut inciter l’animal à se cacher, à adopter une posture de soumission (incluant les oreilles abaissées vers l’arrière, les yeux baissés et le regard furtif), à devenir agressif (s’il est coincé), à haleter, à trembler, à se mettre sur le dos et à uriner, à déféquer et à adopter le comportement classique de la fuite avec la queue entre les pattes. D’autres signes de perturbation du système comprennent la diarrhée, parfois avec du mucus ou du sang, des vomissements, des blessures auto-infligées, la perte d’appétit et la perte de poids, s’il existe une source de crainte ou d’anxiété chronique ou à long terme.

Les chiens angoissés expriment des craintes anticipées par rapport aux actions futures. L’anxiété de séparation est une forme courante de ce problème. Lorsqu’un propriétaire quitte pour le travail, le chien manifeste une détresse disproportionnée avec la chaîne d’événements précédant le départ du propriétaire. Immédiatement après le départ du propriétaire, le chien peut commencer à japper, à faire ses besoins, à mordre, à creuser ou à pleurnicher. Il s’agit d’un comportement anormal, mais non d’une phobie.

Une phobie est un état beaucoup plus profond de peur où un chien peut s’immobiliser, paniquer ou manifester des comportements extrêmes, comme fuir en brisant la fenêtre. Des bruits forts comme des coups de fusil, le tonnerre et des feux d’artifice comptent parmi les phobies les plus courantes chez les chiens. D’autres facteurs déclencheurs peuvent évoquer une association avec une expérience pour laquelle ils éprouvent une aversion profonde. Par exemple, une phobie de la noirceur peut provenir d’une mauvaise expérience qui s’est produite dans le noir.

Les phobies peuvent se manifester à n’importe quel âge, bien que les jeunes chiens adultes soient les plus fréquemment affligés par les troubles d’anxiété et les phobies. Les troubles de comportements primaires doivent être différenciés d’états de maladies qui causent des modifications du comportement. Votre vétérinaire peut vous aider à comprendre l’anxiété ou la phobie de votre chien et il peut vous recommander à un spécialiste du comportement afin d’effectuer des évaluations plus poussées, et, dans certains cas, de traiter votre animal. Le traitement peut généralement s’effectuer sans utiliser des médicaments pour contrôler le comportement anormal, en faisant appel à des techniques de modification du comportement qui aident le chien à normaliser les réactions à la peur. Soulignons que plus le traitement commence tôt, plus il est probable qu’il aura des résultats positifs.