CVMA-ACMV

Protocoles de vaccination pour les chiens et les chats – Énoncé de position

Le 14 mars 2012

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) appuie l’utilisation des vaccins par les vétérinaires pour contrôler et prévenir les maladies infectieuses chez les chiens et les chats.  Les vaccins jouent un rôle très important dans la médecine préventive et continueront d’être un pilier de la santé animale et de la réduction du risque de l’exposition des humains aux zoonoses.

La vaccination des chiens et des chats est un acte médical vétérinaire pour lequel il est nécessaire d’individualiser la sélection des antigènes et les intervalles de rappel pour chaque patient.  Les vétérinaires devraient s’assurer que les propriétaires d’animaux de compagnie sont informés et comprennent les facteurs de risque associés aux maladies infectieuses ainsi que les risques potentiels associés à la vaccination.

La décision d’administrer un antigène particulier devrait se fonder sur le risque de contraction de la maladie et les protocoles pourront varier selon les états pathologiques qui prévalent dans une région donnée. 

Les intervalles de rappel optimaux peuvent différer pour les divers vaccins et antigènes administrés et varier d’un patient à l’autre afin d’aborder les facteurs de risque individuels.  La vaccination devrait être évaluée régulièrement dans le cadre d’un programme complet de soins préventifs.

Contexte

  1. Les vaccins ont un rôle important à jouer dans la protection des animaux contre les maladies infectieuses. Des risques importants peuvent se rattacher à l’absence de vaccination, non seulement pour l’animal individuel, mais aussi pour l’ensemble de la population. La meilleure façon de contrôler la propagation des maladies infectieuses consiste à vacciner le plus grand nombre d’animaux possible dans chaque collectivité. Historiquement, les pratiques d’immunisation et les protocoles ont contribué à une réduction importante de l’incidence de nombreuses maladies potentiellement mortelles.
  2. Les données sur la sérologie et les tests de provocation, ainsi que des groupes d’experts, suggèrent que la vaccination peut fournir une immunité qui dure au-delà des recommandations de l’étiquette des vaccins pour certaines maladies virales. Les besoins de vaccination de chaque patient doivent être soigneusement évalués au moins une fois par année dans le cadre d’une stratégie complète de soins préventifs.
  3. Pour certaines maladies infectieuses, la mesure des titres d’anticorps peut fournir des données de référence afin de surveiller l’immunité et de faciliter la prise de décisions en rapport avec la vaccination.  Même si les titres ne prédisent pas toujours le statut immunologique du patient individuel et que les résultats peuvent varier entre les tests et les laboratoires, ils peuvent être utiles dans certaines circonstances particulières.  Les vétérinaires doivent faire preuve de prudence lors de l’interprétation des données sérologiques, car il existe des sources divergentes d’information sur les seuils minimaux de titres requis pour la protection. Cependant, on peut généralement présumer que des titres élevés confèrent une protection pour la plupart des vaccins où il est possible de démontrer que les titres sont associés à une protection.
  4. L’ACMV reconnaît que, bien que l’utilisation des vaccins comporte certains risques, ils sont habituellement passagers et légers et présentent une très faible incidence.  Cependant, des effets indésirables graves peuvent se produire, quoique rarement.  Des événements indésirables peuvent se produire en tant que réaction au vaccin en soi ou en raison d’une utilisation inappropriée d’un vaccin. L’ACMV reconnaît le besoin de surveillance des maladies infectieuses et des événements indésirables afin d’optimiser la prédiction des intervalles de rappel. De plus, l’ACMV encourage l’élaboration et l’utilisation d’outils de surveillance. Il est fortement recommandé que les vétérinaires signalent les événements indésirables afin de garantir l’exactitude des renseignements relatifs à la fréquence et aux types d’effets indésirables observés dans les pratiques.
  5. L’ACMV reconnaît que les vétérinaires s’appuieront sur leur jugement professionnel afin d’optimiser la prévention des maladies lors de la formulation des protocoles de vaccination. Cela inclura l’évaluation des besoins du patient individuel en matière de vaccination en appliquant les renseignements scientifiques à jour sur les maladies infectieuses selon une méthode cas par cas. Les éléments à considérer incluent : l’âge de l’animal, la race et l’état de santé, son environnement, son style de vie, ses habitudes de voyage et les risques d’exposition, les variations régionales de la prévalence de certaines maladies ainsi que les événements indésirables qui peuvent être associés à la vaccination.  De plus, il est possible que des infections pouvant être prévenues à l’aide d’un vaccin évoluent au fil du temps à l’intérieur des limites géographiques ou en ce qui a trait à la gravité ou au type de maladie provoquée; ce fait devrait être considéré lors de la prise de décisions à l’égard des besoins de vaccination de l’animal de compagnie.

Bibliographie

  1. 2011 American Animal Hospital Association Canine Vaccination Guidelines (page sur Internet). Disponible en anglais seulement au https://www.aaha.org/public_documents/professional/guidelines/caninevaccineguidelines.pdf Dernière consultation le 28 mars 2012.
  2. American Association of Feline Practitioners Vaccination Guidelines 2006 (page sur Internet). Disponible en anglais seulement au http://www.catvets.com/guidelines/practice-guidelines/feline-vaccination Dernière consultation le 28 mars 2012.


(Révisé en mars 2012)