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Interventions chirurgicales effectuées sur les animaux – Énoncé de position

Le 22 janvier 2021

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) soutient que, dans l’intérêt fondamental des animaux, les interventions chirurgicales effectuées sur des animaux (ou « chirurgies ») devraient être réalisées par un médecin vétérinaire agréé.  

Résumé


  • Les interventions chirurgicales effectuées sur les animaux nécessitent les grandes connaissances et compétences techniques que possèdent les médecins vétérinaires agréés, notamment pour la prise en charge de la douleur et de la détresse chez les animaux.
  • L’ACMV estime que les personnes qui effectuent des chirurgies devraient être des médecins vétérinaires agréés qui répondent aux normes professionnelles établies.
  • Les autorités provinciales et territoriales de réglementation vétérinaire octroient les permis d’exercice aux médecins vétérinaires, et, par conséquent, réglementent la pratique de la chirurgie vétérinaire dans leurs juridictions respectives.
  • L’ACMV approuve le concept selon lequel les médecins vétérinaires devraient avoir été préalablement consultés, dans le cadre d’une relation vétérinaire-client-patient définie et exigée par les autorités provinciales et territoriales, chaque fois qu’une intervention chirurgicale est réalisée sur un animal, y compris lors des interventions permises effectuées par des clients éleveurs de bétail.

Contexte

1. La chirurgie est toute intervention médicale ou dentaire qui implique l’invasion, l’excision et/ou l’extraction de tissus d’un animal vivant par des techniques opératoires, manuelles et instrumentales développées à cette fin ou à ces fins (1,2). 
 
2. L’ACMV reconnaît que les autorités provinciales et territoriales de réglementation vétérinaire octroient les permis d’exercice aux médecins vétérinaires et, par conséquent, réglementent la pratique de la chirurgie vétérinaire dans leurs juridictions respectives. Ainsi, elles déterminent : 
 
a. ce qui constitue une intervention chirurgicale effectuée sur un animal (« chirurgie vétérinaire »);
b. ce qui constitue une « surveillance vétérinaire » et les limites de cette surveillance en ce qui concerne les interventions chirurgicales, et comment un non-vétérinaire, tel qu’un technicien vétérinaire agréé, peut ou non participer à une chirurgie vétérinaire;
c. quelles chirurgies vétérinaires une personne qui n’est pas un médecin vétérinaire agréé peut effectuer et dans quelles circonstances.
 
3. La chirurgie vétérinaire nécessite une connaissance approfondie de l’anatomie, de la physiologie, de la pathologie, de la médecine, de l’analgésie et de l’anesthésie ainsi qu’une compréhension des besoins et des exigences en matière de bien-être animal, notamment en ce qui concerne le soulagement de la douleur. De plus, la maîtrise et l’application de techniques d’asepsie appropriées et la prise en charge globale de la santé et du bien-être des animaux sont essentielles. Un médecin vétérinaire agréé est la personne la mieux placée pour répondre à ces exigences.
4. La prise en charge de la douleur ou de la détresse qui survient avant, pendant et après la chirurgie fait partie intégrante du succès de l’intervention et nécessite l’utilisation appropriée d’anesthésiques et d’analgésiques disponibles dans la pratique de la médecine vétérinaire. 
 
5. Si elles ne sont pas effectuées correctement par une personne compétente, les interventions chirurgicales sont douloureuses et peuvent avoir des complications, telles que l’hémorragie, l’infection, des dommages accidentels à des organes et à d’autres structures vitales, ou la mort.
 
6. Les médecins vétérinaires ont la formation, les qualifications et l’expérience pour (a) reconnaître les problèmes qui pourraient rendre la chirurgie contre-indiquée; (b) réduire le risque de complications durant la chirurgie, et traiter ces complications s’il y a lieu; (c) accéder à une plus large gamme de médicaments que ceux auxquels pourraient avoir accès les non-vétérinaires pour soulager la douleur et traiter les complications. 
 
7. Étant donné ce qui précède et que le bien-être et la sécurité des animaux ainsi que la qualité des soins sont primordiaux, l’ACMV estime que les personnes qui pratiquent des chirurgies devraient être des médecins vétérinaires agréés qui respectent les normes professionnelles établies.  
 
8. L’ACMV approuve le concept selon lequel les médecins vétérinaires devraient être préalablement consultés, dans le cadre d’une relation vétérinaire-client-patient définie et exigée par les autorités provinciales et territoriales, chaque fois qu’une intervention chirurgicale est réalisée sur un animal, y compris lors des interventions permises effectuées par des clients éleveurs de bétail. Dans ces circonstances, les modalités suivantes devraient s’appliquer :
a. La chirurgie devrait être effectuée par du personnel compétent conformément à des procédures opératoires normalisées élaborées en consultation avec un médecin vétérinaire agréé, en utilisant un équipement approprié et bien entretenu, des techniques acceptées, de l’anesthésie et de l’analgésie, ainsi qu’une surveillance périopératoire étroite.
b. Les interventions chirurgicales réalisées sur du bétail ou de la volaille à des fins autres que thérapeutiques, diagnostiques ou de recherche ne devraient être envisagées qu’une fois que toutes les autres options de prise en charge non douloureuses ont été épuisées (3).
c. Les interventions chirurgicales faites par le propriétaire d’un animal ou par une personne engagée ou employée par le propriétaire pour prendre soin de ses animaux, par exemple dans le cadre de soins d’urgence pour sauver des vies ou soulager la douleur et la souffrance, ne devraient pas impliquer l’entrée dans une cavité corporelle. Dans les cas où une intervention chirurgicale majeure est nécessaire pour soulager la souffrance, elle doit être effectuée par un médecin vétérinaire agréé. Si ce n’est pas possible, l’animal devrait être euthanasié sans cruauté.
 
9. Lors de l’établissement d’une relation vétérinaire-client-patient avec de nouveaux clients ou lors de l’examen périodique des interventions chirurgicales à la ferme de clients existants, l’ACMV encourage les médecins vétérinaires à s’assurer que leurs clients sont capables de reconnaître et de maîtriser la douleur aiguë et chronique. Les médecins vétérinaires devraient mettre à la disposition de leurs clients, lorsque c’est approprié de le faire, des médicaments contre la douleur à administrer aux animaux devant subir une intervention chirurgicale.
 
10. Lorsque des interventions chirurgicales sont entreprises dans le cadre d’une étude de recherche, le ou les médecins vétérinaires institutionnels doivent examiner tous les protocoles impliquant des interventions expérimentales (4-7). Il est recommandé que les protocoles de soins préopératoires, de techniques opératoires et de soins postopératoires soient élaborés en consultation avec un médecin vétérinaire. Un médecin vétérinaire pour animaux de laboratoire doit être consulté pour s’assurer que les animaux reçoivent des soins vétérinaires adéquats, y compris une anesthésie et une analgésie appropriées.
 
11. L’ACMV reconnaît et soutient les organismes de surveillance (comme le Conseil canadien de protection des animaux) qui précisent les normes et les procédures requises pour effectuer des interventions chirurgicales sur des animaux utilisés à des fins scientifiques (5).
 
12. L’ACMV reconnaît le rôle important que jouent les techniciens vétérinaires agréés (RVT/TSA) durant les chirurgies effectuées sur des animaux par des médecins vétérinaires en participant à la surveillance de l’anesthésie et aux soins prodigués avant et après l’intervention. De plus, les techniciens possédant une formation spécialisée reconnue dans des domaines tels que l’anesthésie et l’analgésie, la chirurgie vétérinaire ou les soins d’urgence et intensifs apportent un savoir-faire spécifique supplémentaire au soutien des médecins vétérinaires durant les interventions chirurgicales (8).
 
Bibliographie

1. American College of Surgeons. Definition of Surgery Legislative Toolkit. Disponible au : https://www.facs.org/-/media/files/advocacy/state/definition-of-surgery-legislative-toolkit.ashx (dernière consultation le 5 octobre 2020).

2. Province of Ontario. Veterinarians Act, 1990. Disponible au : https://www.ontario.ca/laws/regulation/901093 (dernière consultation le 5 octobre 2020).

3. Stafford K, Mellor DJ. 2015. Painful Husbandry Procedures in Livestock and Poultry. Grandin T, éd. Improving Animal Welfare: A Practical Approach, 2nd Edition, CABI, 2015, 96-124 (DOI : 10.1079/9781780644677.0096).

4. CALAM Standards of Veterinary Care (2007). Disponible au https://www.calam-acmal.org/resources/Pictures/StandardsVetCare.pdf (dernière consultation le 5 octobre 2020).

5. Guide to the Care and Use of Experimental Animals Volume 1, 2nd Edition (2020). Disponible au : https://www.ccac.ca/Documents/Standards/Guidelines/Experimental_Animals_Vol1.pdf  (dernière consultation le 5 octobre 2020).

6. CCAC guidelines. Disponible au : https://www.ccac.ca/en/standards/guidelines/ (dernière consultation le 5 octobre 2020). 

7. Association canadienne des médecins vétérinaires. Utilisation des animaux à des fins scientifiques – Énoncé de position. Disponible au : https://www.veterinairesaucanada.net/documents/use-of-animals-in-science-position-statement (dernière consultation le 5 octobre 2020).

8. Technologues et techniciens vétérinaires agréés du Canada (TTVAC). Spécialisations – Laboratoire, académique & sociétale. Disponible au : https://rvttcanada.ca/specialisations-laboratoire-academique-societale/?lang=fr (dernière consultation le 5 octobre 2020).

Révisé le 2 octobre 2020