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Virus de l’immunodéficience féline (FIV)

Le 12 avril 2018

Le virus de l’immunodéficience féline (FIV) est un virus qui affaiblit le système immunitaire des chats. Même si le virus s’apparente au VIH/sida chez les humains, la maladie est moins grave et menace rarement la vie de l’animal. Elle a d’abord été identifiée aux États-Unis au milieu des années 1980 et elle affecte les chats partout dans le monde.

SYMPTÔMES

L’infection par le FIV est attribuable à un affaiblissement du système immunitaire du chat, ce qui laisse le chat vulnérable aux infections qu’il pourrait autrement combattre. Les signes cliniques de l’infection par le FIV sont très divers parce que les symptômes s’accompagnent souvent de plusieurs infections secondaires.

La plupart des chats infectés ne manifestent aucun signe clinique de l’infection et les tests représentent donc un aspect important pour le contrôle de cette maladie au sein de la population. Après l’infection initiale, beaucoup de chats manifestent une brève période de léthargie, de fièvre passagère et de ganglions lymphatiques enflés qui peut facilement ne pas être perçue par les propriétaires et les vétérinaires. Beaucoup de chats peuvent ensuite vivre toute leur vie avec le virus, tandis que d’autres pourront ne manifester aucun signe pendant quatre ou cinq ans et ensuite développer des symptômes lorsque le système immunitaire est affecté.

Les chats atteints d’une maladie associée au FIV peuvent sembler complètement normaux, tandis que d’autres présenteront un pelage terne, une fièvre chronique, une diminution de l’appétit, des infections chroniques des gencives et de la gueule, une diarrhée persistante, une perte de poids progressive et beaucoup d’autres symptômes. Même si cela arrive rarement, le virus peut aussi affecter le système nerveux et entrer dans le coussin liquide (liquide céphalorachidien) qui entoure le cerveau et la moelle épinière, ce qui causera des symptômes du système nerveux. Il faut habituellement compter plusieurs années pour que les symptômes de maladie grave se développent. Le « sida félin » véritable (une baisse des globules blancs qui est associée à un risque élevé de mort) est un syndrome très rare. Les signes de maladie peuvent aussi persister pendant des années, avec des périodes de bonne santé entre les épisodes.

La durée de vie moyenne d’un chat infecté par le FIV n’est pas significativement différente de celle d’un chat non infecté. Même si les chats positifs pour le FIV peuvent avoir besoin de soins plus intensifs pour certaines maladies et être plus susceptibles aux infections, ils n’ont généralement pas besoin de prendre régulièrement des médicaments.  

RISQUE

Le virus se propage habituellement d’un chat à l’autre dans la salive ou le sang lors de morsures de chats et la maladie est donc plus courante chez les mâles errants qui se livrent à des combats. L’âge moyen de l’infection se situe lorsque les chats sont de jeunes adultes et âgés d’environ trois à six ans. Les morsures doivent être suffisamment profondes pour causer un saignement et le risque de transmission de la maladie est donc faible entre les chats d’intérieur qui s’entendent bien. 

Les chats ne peuvent pas transmettre la maladie d’immunodéficience aux humains et les chats ne peuvent pas non plus développer le sida humain. Des études indiquent que les vétérinaires, propriétaires et chercheurs qui ont eu des contacts étroits avec les chats infectés par le FIV ne manifestent aucun symptôme de la maladie.

Le virus ne vit pas longtemps à l’extérieur du chat et c’est donc le contact étroit avec d’autres chats qui sert de voie de transmission entre les chats. Si une chatte femelle intacte contracte le FIV pendant la gestation, elle pourra le transmettre aux petits en développement (fœtus) dans l’utérus.

Le FIV est une maladie incurable. On peut recourir à des antibiotiques et à des soins de soutien pour contrôler les infections secondaires qui peuvent se produire, mais rien ne peut guérir l’infection par le FIV en soi.

DIAGNOSTIC

Faites tester votre chatte si vous vous inquiétez qu’elle puisse avoir été exposée à ce virus. L’infection par le FIV est habituellement diagnostiquée par un test sanguin appelé un ELISA. Un deuxième test (transfert Western ou PCR) peut être recommandé si le test de dépistage initial est positif afin de confirmer l’infection. Il est souvent prudent d’effectuer un test pour le virus de la leucémie féline en même temps et beaucoup de batteries de dépistage contiennent les tests pour les deux virus. Si vous allez adopter un chat errant, assurez-vous d’effectuer le test sanguin avant d’introduire le nouveau chat dans votre domicile. À noter que les chats qui ne sont pas encore adultes (âgés de moins de six mois) peuvent avoir un test faussement positif en raison des anticorps de leur mère. Donc si un jeune chat obtient un résultat positif, un autre test sera effectué après l’âge de six mois afin de s’assurer qu’il s’agit vraiment d’une infection et non d’anticorps résiduels de la mère.

PRÉVENTION ET GESTION DU CHAT MALADE

Un chat infecté par le FIV devrait être gardé à l’intérieur et à distance des autres chats avec qui il pourrait se battre afin de prévenir la propagation de la maladie. Les chats sont moins aptes à se défendre lorsqu’ils sont malades et ils pourraient être blessés plus facilement que des chats en santé.

Le vaccin n’est pas généralement utilisé en Amérique du Nord et la plupart des vétérinaires ont de la difficulté à se le procurer. Par ailleurs, le vaccin pourra causer des tests faussement positifs pour certaines épreuves et le diagnostic peut donc être difficile après la vaccination. Même si le vaccin est plus efficace pour des souches du virus qui se trouvent dans d’autres régions du monde, il ne fonctionne pas bien pour les souches nord-américaines.

Il faut mettre en quarantaine les nouveaux membres du foyer et leur faire subir des tests avant de les introduire dans un nouveau foyer ou établissement. Il faut réduire le stress et la surpopulation et fournir une nutrition de qualité et des soins préventifs appropriés deux fois par année ou plus fréquemment pour les chats malades, conformément aux directives de votre vétérinaire. Il faut aussi éviter d’accoupler les chats qui ont des résultats positifs pour le virus.

Utilisez une désinfection appropriée afin de nettoyer l’environnement dans lequel a habité un chat infecté avant d’introduire de nouveaux chats ou chatons. Vu que le virus peine à survivre à l’extérieur du chat, il est nécessaire d’enlever les microbes excrétés dans l’environnement par des infections connexes, comme le pus provenant des infections cutanées ou dentaires. Du savon ordinaire et de l’eau et des produits de nettoyage ménager élimineront efficacement ce virus.

TRAITEMENT

Le FIV est une maladie incurable. De nouveaux essais suggèrent que des médicaments antiviraux (semblables aux médicaments utilisés pour traiter le sida chez les humains), la thérapie à l’interféron et d’autres médicaments immunomodulateurs s’avèrent prometteurs pour la gestion de la maladie chronique associée à l’infection virale. Des soins de soutien sont fournis pour les complications associées à la maladie comme les infections secondaires, la stomatite (inflammation des gencives profondes) ou l’encéphalite (inflammation du cerveau).

Parlez à votre équipe de soins vétérinaires pour en savoir davantage à propos de l’infection par le FIV et l’affaiblissement du système immunitaire qu’elle produit chez le chat.

Dre Kathleen Cavanagh, B.Sc., D.M.V, MET
Consultante en rédaction en ligne de l’ACMV

Matthew Kornya, B.Sc., D.M.V., résident de l’ABVP
Rédacteur consultant

Le 24 janvier 2018