ACMV | Le lien - Cruauté envers les animaux, violence à l'égard des enfants et violence conjugale
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Le lien - Cruauté envers les animaux, violence à l'égard des enfants et violence conjugale

Les organismes de bien-être des animaux, les autorités policières, les organismes de violence domestique et de bien-être des enfants collaborent de plus en plus en raison de la reconnaissance du « lien », cette association irréfutable entre la violence à l’égard des animaux et la violence envers les personnes, particulièrement les membres de la famille. Les chercheurs ont reconnu et documenté le fait que la violence envers les animaux peut être simultanément un élément et un symptôme de violence à l’égard d’un enfant, d’un conjoint ou d’un aîné1,2,3. Par exemple, dans une étude phare de 1983, Deviney et al2 ont étudié 53 familles qui satisfaisaient aux critères juridiques de violence et de négligence envers un enfant. Soixante pour cent de ces familles étaient coupables d’abus ou de négligence envers les animaux de compagnie. Dans 88 % des familles où il y avait de la violence à l’égard des enfants, il y avait de la violence envers les animaux. Dans une étude canadienne de 2004, McIntosh a constaté que 56 % des femmes propriétaires d’animaux qui se rendaient dans des refuges pour femmes avaient signalé que l’auteur de la violence avait menacé ou blessé leur animal de compagnie. Parmi les femmes avec des enfants et des animaux de compagnie, 65 % croyaient que les enfants étaient conscients de la violence et qu’elle avait un impact sur eux. Cette étude, et d’autres dans le domaine de la violence domestique, montrent que les femmes tardent à quitter des relations de violence parce qu’elles craignent pour la sécurité de leur animal de compagnie3. Beaucoup de refuges pour femmes ont des ententes avec des refuges d’animaux ou des cliniques vétérinaires locales afin d’offrir une pension temporaire à leurs animaux de compagnie.
La violence à l’égard des animaux familiers est une façon dont les auteurs de violence contrôlent leurs victimes, qui peuvent être des enfants, un conjoint ou des aînés, et exercent leur pouvoir sur elles.

  • Menacer ou blesser l’animal de compagnie peut servir d’avertissement. « La prochaine fois, ça pourrait être toi. »
  • Les menaces peuvent être utilisées pour influencer les membres de la famille. La peur pour l’animal de compagnie empêche les membres de la famille (conjoint, enfant ou aîné) de révéler la violence et d’exposer l’auteur.
  • Forcer la victime à observer des actes de cruauté infligés à son animal de compagnie représente de l’abus émotionnel.
  • Les enfants qui blessent des animaux peuvent revivre leur propre expérience, c.-à.-d., ce qu’ils observent ou ce qu’ils vivent eux-mêmes à la maison.

Pour plus de renseignements sur le lien, voir Comprendre les liens; violence envers les enfants, violence envers les animaux et violence domestique.

  1. ASCIONE, F.R. « Battered women’s reports of their partners’ and their children’s cruelty to animals » in LOCKWOOD, R., F.R. ASCIONE, (éd.). Cruelty to animals and interpersonal violence, Purdue University Press, West Lafayette, 1998, p. 290-304.
  2. DEVINEY, E., J. DICKERT et R. LOCKWOOD. « The care of pets within child abusing families », in LOCKWOOD R., F.R. ASCIONE, (éd.). Cruelty to animals and interpersonal violence, Purdue University Press, West Lafayette, 1998, p. 305-313.
  3. JORGENSON, S. et L. MALONEY. « Animal abuse and the victims of domestic violence » in ASCIONE, F.R., P. ARKOW, (éd.). Child abuse, domestic violence, and animal abuse, Purdue Research Foundation, West Lafayette, 1999, p. 143-158