ACMV | Blessure non-accidentelle
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Blessure non-accidentelle

Ces critères visent à aider les vétérinaires à distinguer entre les blessures accidentelles et les blessures délibérément infligées aux animaux. En général, un ensemble de facteurs éveillent les soupçons, comme des éléments de l’historique, le comportement du client, d’autres membres de famille ou de l’animal et des types particuliers de blessures. Rappelez-vous qu’aucun élément isolé ne justifie à lui seul un diagnostic de violence.

  • Un historique qui ne concorde pas avec la blessure; blessure inexpliquée.
    • Avec tout traumatisme, les vétérinaires devraient tenter d’obtenir un historique détaillé et ne pas supposer que les animaux sont victimes d’accidents de véhicules automobiles. Cette photographie montre les blessures faites à un chat qui auraient pu être causées par un accident de véhicule automobile. Cependant, la cause des blessures de ce chat était un traumatisme contondant intentionnel.
  • Historique conflictuel (varie selon la personne qui le raconte).
  • Comportement du client ou du patient (p. ex., le propriétaire semble peu inquiet au sujet des blessures, l’animal est extrêmement craintif).
  • Fractures – crânes, fractures des membres; fractures multiples.
    • Cette radiographie montre des vertèbres fracturées ainsi que des fractures multiples des côtes.
  • Des fractures multiples à divers stades de guérison sont un signe décisif de blessures non accidentelles (« syndrome des animaux battus »). Dans la diapositive ci-jointe, les deux photos du haut et du bas à gauche montrent de vieilles fractures guéries (formation évidente de cal), tandis que la photo du bas à droite montre des fractures récentes.
  • Ecchymoses – le plus souvent sur le thorax, l’abdomen, la tête ou le cou; traumatismes linéaires (ressemblant à une blessure infligée par un bâton). À noter que, en raison du pelage de l’animal, les ecchymoses sont plus facilement détectées lors de l’autopsie. Chez les animaux vivants, on peut raser les régions suspectes pour révéler les ecchymoses.
  • Blessures à répétition – blessures anciennes ou non traitées, fractures comme celles mentionnées ci-dessus. Le propriétaire peut visiter plusieurs cliniques vétérinaires afin de ne pas éveiller les soupçons.
  • Brûlures et échaudures – brûlures de cigarette, brûlures des coussinets des quatre pattes, brûlures caustiques et chimiques. Il peut subsister une odeur associée à l’utilisation d’un accélérant (huile ou substances chimiques). Les échaudures se trouveront probablement sur le dos ou le dessus de la tête de l’animal.
  • Blessures aux yeux – les hémorragies conjonctivales ou sclérales sont les plus fréquemment signalées.
  • Blessures thoraciques et abdominales internes – au diaphragme, au foie, à la rate, aux reins ou à la vessie, découlant de coups de pied ou de coups de poing; elles peuvent être graves ou mortelles et ne pas être reconnues parce qu’il n’y a pas de signes externes.
  • Administration de médicaments ou de poisons – stupeur ou signes de comportement étrange.
  • Noyade –il est possible qu’on ne détecte rien à l’autopsie, à part un corps mouillé; on pourra trouver des signes de retenue par la force durant la submersion.
  • Asphyxie – écrasement de la trachée; œdème dans la région de la glotte, des lèvres, de la langue et des paupières.
  • Divers – p. ex., luxation de la queue près du sacrum en balançant un chat par sa queue; séparation de la scapula des tissus sous-jacents si l’animal a été balancé par le ou les membres antérieurs; blessures infligées par un poignard ou un fusil.

Pour plus de renseignements, veuillez consulter «Battered pets»: non-accidental physical injuries found in dogs and cats – Munro and Thrusfield, J Small Animal Practice, 2001, vol. 42, p. 279-290