Euthanasie – Énoncé de position

Le 16 juillet 2014

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) estime que, lorsque les animaux sont euthanasiés, la mort doit être rapide et infligée à l’aide d’une méthode qui cause le moins de douleur et de détresse possible. La méthode d’euthanasie la plus appropriée peut varier selon l’espèce animale, le poids, le tempérament et l’état de santé. 

Contexte

  1. L’euthanasie est l’acte qui provoque la mort d’un animal d’une manière non cruelle.
  2. Les vétérinaires ont la responsabilité de guider les propriétaires d’animaux à prendre les décisions de fin de vie et de veiller à ce que les animaux aient une mort non cruelle.
    1. Les vétérinaires devraient avoir en place des procédures et des protocoles appropriés pour assurer une « bonne mort » pour leurs patients. 
    2. Pour les espèces d’animaux destinés à l’alimentation et les autres animaux non familiers, des plans d’euthanasie devraient être élaborés sous supervision vétérinaire et ils devraient inclure des procédures afin de reconnaître les animaux malades, d’évaluer l’aptitude au transport, d’élaborer des critères de fin de vie ainsi que des techniques d’euthanasie appropriées (1). Dans la mesure du possible, les vétérinaires devraient réaliser l’acte d’euthanasie. Dans la mesure du possible, du personnel dédié devrait être formé afin de développer les compétences nécessaires pour euthanasier adéquatement chaque espèce et catégorie d’animaux confiées à leurs soins.
  3. Les animaux doivent perdre connaissance de manière irréversible le plus rapidement possible et avec le moins de douleur, de peur et d’anxiété possible.  Les méthodes privilégiées pour cela sont celles qui s’attaquent d’abord au cerveau et qui provoquent ensuite l’arrêt des fonctions cardiaques et respiratoires. 
    1. L’expérience, la formation, la délicatesse et la compassion de la personne réalisant l’intervention sont critiques (1-5). 
    2. La manipulation et le déplacement des animaux devraient être minimisés.
      1. La retenue de l’animal devrait se faire en fonction du bien-être animal et des exigences liées à la sécurité du préposé et être suffisante pour faciliter une euthanasie efficace.
      2. Pour minimiser le stress de l’animal et assurer une retenue adéquate, la sédation devrait être considérée avant l’euthanasie lorsque cela est approprié.
      3. Lorsque cela est possible, la sédation des animaux destinés à l’alimentation et d’autres animaux non familiers qui sont réfractaires est encouragée afin de minimiser la peur et le risque de blessure. 
      4. Lorsque la retenue est exigée, l’euthanasie devrait suivre sans tarder (1-5).
  4. L’usage d’agents de blocage neuromusculaire chez les chevaux devrait se limiter aux animaux anesthésiés ou inconscients (2).
  5. L’injection intraveineuse d’un barbiturique concentré avant la sédation est largement considérée comme étant la méthode la moins cruelle pour l’euthanasie des animaux de compagnie et de bon nombre d’animaux non domestiques. Elle provoque une mort passablement esthétique et agit rapidement tout en étant fiable et efficace.  L’euthanasie à l’aide de barbituriques doit être effectuée par un vétérinaire autorisé ou un technologue en santé animale/technologue vétérinaire certifié travaillant sous la supervision d’un vétérinaire. Il faut prendre des précautions pour veiller à ce que les animaux euthanasiés à l’aide de barbituriques soient éliminés d’une manière responsable, vu que ces animaux peuvent représenter une source importante de toxicité dans l’environnement.  Une élimination inappropriée des restes d’animaux peut se traduire par la maladie et la mort d’animaux charognards (2-6).
  6. Les vétérinaires devraient aider les propriétaires d’animaux de compagnie à évaluer la qualité de vie de l’animal afin de déterminer l’adéquation du traitement ou de l’euthanasie. Parce que les décisions d’euthanasie en pratique pour animaux de compagnie peuvent être hautement émotives et stressantes pour le propriétaire de l’animal, les vétérinaires devraient s’efforcer d’aborder les préoccupations liées à la qualité de vie dès que la santé de l’animal commence à se détériorer. Ils devraient aussi faire preuve de délicatesse lors de la discussion de la planification de la fin de vie et de l’euthanasie.
  7. L’ACMV croit que l’euthanasie n’est pas souhaitable en tant que moyen unique acceptable pour contrôler la population, mais en reconnaît la nécessité pour les animaux non désirés pour lesquels il est impossible de trouver un nouveau foyer (7). 
    1. L’ACMV encourage les vétérinaires, les refuges pour animaux et les gouvernements à travailler ensemble afin de veiller à ce que des méthodes optimales d’euthanasie soient employées dans tous les refuges pour animaux, les fourrières et les cliniques vétérinaires. 
    2. Certaines méthodes utilisées actuellement par les refuges, comme l’euthanasie par chambre à gaz ou injection de T61 (8), sont techniquement difficiles à exécuter de manière non cruelle et devraient être découragées, à moins qu’elles ne soient réalisées par des personnes qui ont reçu une formation appropriée et qui sont supervisées (8, 9).
  8. L’exécution de l’euthanasie peut être très stressante sur le plan émotionnel et psychologique.  Les vétérinaires et leurs employés devraient être conscients qu’ils peuvent être à risque de stress post-traumatique (p. ex., usure de compassion ou « épuisement professionnel ») et ils devraient s’efforcer de prendre des mesures de prévention afin d’atténuer ce risque (10). 

Bibliographie :

L’ACMV continue d’évaluer la littérature sur ce sujet très important et appuie les recommandations présentées dans les documents suivants :

  1. TURNER, P.V. et G. DOONAN. « Developing on-farm euthanasia plans », Can Vet J, 2010, septembre, vol. 51, no 9, 1031–1034.
  2. AVMA Guidelines on Euthanasia – AMERICAN VETERINARY MEDICAL ASSOCIATION.  Juin 2007  Disponible au : http://www.avma.org/issues/animal_welfare/euthanasia.pdf Dernière consultation le 10 février 2012.
  3. Lignes directrices du CCPA sur l’euthanasie des animaux utilisés en science.  CONSEIL DE PROTECTION DES ANIMAUX. 2010. Disponible au : http://www.ccac.ca/Documents/Standards/Guidelines/Euthanasia.pdf  Dernière consultation le 13 décembre 2013.
  4. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES, Énoncé de position sur la lutte contre les animaux nuisibles, mars 2003.  Disponible au : http://www.veterinairesaucanada.net/documents/pest-control   Dernière consultation le 13 décembre 2013.
  5. ASSOCIATION CANADIENNE DES MÉDECINS VÉTÉRINAIRES, Énoncé de position sur le piégeage des animaux à fourrure, février 2012.  Disponible au :  http://www.veterinairesaucanada.net/documents/trapping-of-fur-bearing-animals Dernière consultation le 13 décembre 2013.
  6. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ ANIMALE, Code sanitaire pour les animaux terrestres, 2013. Disponible au : http://www.oie.int/index.php?id=169&L=0&htmfile=sommaire.htm.  Dernière consultation le 13 décembre 2013.
  7. REEVE, C.L., C. SPITZMÜLLER, S.G. ROGELBERG, A. WALKER, L, SCHULTZ et O. CLARK.  « Employee reactions and adjustment to euthanasia-related work: Identifying turning-point events through retrospective narratives », J Appl Anim Welf Sci, 2004, vol. 7, p. 1–25.
  8. CAFFREY, N., A. MOUCHILI, S. McCONKEY et M. COCKRAM.  « Survey of euthanasia practices in animal shelters in Canada », Can Vet J, 2011, janvier, vol. 52, no 1, p. 55-61.
  9. THEMENS, M.E. « Euthanasia training in New Brunswick animal shelters – A cooperative approach », Can Vet J, 2008, septembre, vol. 49, no 9, p. 909–912.
  10. WHITING, T.L. et C.R. MARION. « Perpetration-induced traumatic stress – A risk for veterinarians involved in destruction of healthy animals », Can Vet J, 2011, juillet, vol. 52, no 7, p. 794–796.

 (Révisée en juillet 2014)