Amputation de la queue des bovins laitiers – Énoncé de position

février 22, 2022

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) s’oppose à l’amputation de la queue des bovins laitiers. L’amputation de la queue ne contribue pas à l’amélioration de la santé et du bien-être de la vache.

Sommaire

  • L’amputation de la queue des bovins laitiers a été perçue comme une intervention qui atténue le risque d’infection des pis, contribue à des vaches plus propres et améliore les conditions de travail des personnes qui travaillent auprès des vaches laitières.
  • L’amputation de la queue des veaux ou du bétail adulte cause de la douleur et de l’inconfort et elle altère le comportement normal. 
  • L’amputation de la queue est interdite dans plusieurs territoires du Canada.
  • L’ACMV encourage les groupes de producteurs laitiers à sensibiliser leurs membres et à mettre au point des techniques de gestion de remplacement afin d’obtenir une hygiène adéquate pour les vaches laitières et d’améliorer les conditions de travail des préposés.

Contexte

  1. Les vaches utilisent leur queue pour chasser les insectes et les empêcher de se poser sur elles et de les piquer. Il a été démontré que les vaches dont la queue a été amputée sont incapables d’éloigner efficacement les insectes (1,2).
  2. La pratique de l’amputation de la queue des bovins laitiers est fondée sur l’hypothèse que cette intervention pourrait réduire le risque d’infection du pis, contribuer à la propreté des vaches et améliorer les conditions de travail du personnel. Or, l’amputation de la queue (a) n’améliore pas l’hygiène du pis et des pattes et (b) ne réduit pas la prévalence des agents pathogènes intramammaires (3-6). La tonte du toupillon (longs poils au bout de la queue) des vaches n’améliore pas la propreté des animaux ni leur capacité à chasser les insectes (7).
  3. L’amputation de la queue des veaux ou des bovins adultes cause de la douleur et de l’inconfort. Après la mise en place d’un élastique sur leur queue, les jeunes veaux montrent des signes d’inconfort par leur comportement (ils bougent plus, ils se couchent moins, et ils font des mouvements de tête vers leur queue) (2). Chez les veaux plus âgés, même après le recours à l’anesthésie épidurale caudale et l’administration postopératoire d’un anti-inflammatoire non stéroïdien, l’amputation chirurgicale de la queue avec l’utilisation d’un élastique autour du moignon pour l’hémostase peut être suivie de 1 à 3 jours de manifestations comportementales qui indiquent une douleur aiguë (8). Les génisses dont la queue a été amputée présentent des signes de douleur chronique révélée par une sensibilité accrue du moignon de la queue à la chaleur et au froid. La formation de névromes, le risque d’infections postopératoires et la perte de la capacité à chasser les insectes sont des préoccupations liées au bien-être des vaches associées à l’amputation de la queue (9).
  4. Un sondage a indiqué que la majorité des producteurs laitiers et des médecins vétérinaires étaient contre l’amputation de la queue des bovins laitiers, et tous les autres répondants y étaient unanimement opposés (10).
  5. L’amputation de la queue des bovins sans raison médicale est interdite à de nombreux endroits. Elle est aussi jugée inacceptable par le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers du CNSAE (1), et toute amputation de la queue, dans quelque mesure que ce soit, est passible de pénalités en vertu du programme proAction des Producteurs laitiers du Canada à moins que l’intervention soit médicalement nécessaire et réalisée par un médecin vétérinaire, et que la raison pour laquelle elle a été effectuée soit documentée et puisse être fournie aux inspecteurs du programme proAction sur demande. 
  6. L’ACMV encourage les Producteurs laitiers du Canada à continuer à sensibiliser leurs membres, à proscrire l’amputation de la queue des bovins laitiers dans le cadre du programme proAction, et à appuyer l’adoption d’autres mesures de régie. 

Références

  1. Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE). Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers (2009). Disponible au : https://www.nfacc.ca/codes-de-pratiques/bovins-laitiers (dernière consultation en septembre 2021).
  2. Eicher SD, Dailey JW. Indicators of acute pain and fly avoidance behaviors in Holstein calves following tail-docking. J Dairy Sci 2002;85:2850-2858.
  3. Schreiner DA, Ruegg PL. Effects of tail docking on milk quality and cow cleanliness. J Dairy Sci 2002;85:2503-2511.
  4. Tucker CB, Fraser D, Weary DM. Tail docking dairy cattle: Effects on cow cleanliness and udder health. J Dairy Sci 2001;84:84-87.
  5. Sutherland MA, Tucker CB. The long and short of it: A review of tail docking in farm animals. Appl Anim Behav Sci 2011;135:179-191.
  6. Lombard JE, Tucker CB, von Keyserlingk MAG, Kopral CA, Weary DM. Associations between cow hygiene, hock injuries, and free stall usage on US dairy farms. J Dairy Sci 2010;93:4668-4676.
  7. Frantz LM, Morabito EA, Dolecheck KA, Bewley JM. A comparison of cow cleanliness, fly population, and fly avoidance behaviors among docked, switch-trimmed, and switch-intact dairy cows in 3 commercial dairy herds. J Dairy Sci 2019;102(2):1584-1588.
  8. Kroll LK, Grooms DL, Siegford JM, Schweihofer JP, Daigle CL, Metz K, Ladoni M. Effects of tail docking on behavior of confined feedlot cattle. J Anim Sci 2014;92:4701-4710.
  9. Eicher SD, Cheng HW, Sorrells AD, Shutz MM. Short communication: Behavioral and physiological indicators of sensitivity or chronic pain following tail docking. J Dairy Sci 2006;89:3047-3051.
  10. Weary DM, Schuppli CA, von Keyserlingk MAG. Tail docking dairy cattle: Responses from an online engagement. J Anim Sci 2011;89:3831-3837.

((Énoncé de position révisé en août 2021))