CJVR - avril 2026, Vol. 90, No. 2
Scientifique
Articles
Mid- to long-term outcomes of the surgical treatment of 20 middle ear cholesteatomas in 18 French bulldogs
Carlos Martin-Bernal, Daniel Hernández-León, Pablo Agüera Espejo, José Luis Fontalba-Navas, Francisco Aranda-Jiménez (page 49)
L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats à moyen et long terme du traitement chirurgical du cholestéatome de l’oreille moyenne chez le bouledogue français. Une étude rétrospective de cas a été menée, analysant les dossiers médicaux de 18 bouledogues français (20 oreilles) diagnostiqués avec un cholestéatome et traités chirurgicalement entre 2018 et 2023. La présentation clinique, les résultats d’imagerie, l’approche chirurgicale, les résultats histopathologiques et microbiologiques, les complications postopératoires et les résultats à long terme, évalués par un suivi téléphonique, ont été analysés. Les signes cliniques les plus fréquents étaient une inclinaison de la tête (80 %) et un déficit du nerf facial (70 %). Une otite moyenne était présente dans tous les cas et l’imagerie par résonance magnétique était la modalité d’imagerie de première intention pour le diagnostic initial (90 %). Tous les chiens ont subi une ablation du conduit auditif externe avec ostéotomie latérale de la bulle tympanique, soit subtotale, soit standard. Staphylococcus pseudintermedius était l’agent pathogène le plus fréquemment isolé dans les cultures positives (85 %). Un suivi à long terme a montré une amélioration clinique dans tous les cas, avec une guérison complète dans 40 % des cas et une récidive dans 10 % des oreilles traitées. Ces résultats suggèrent que les chiens opérés pour cholestéatome auriculaire bénéficient d’une amélioration clinique à long terme, même si les récidives et la persistance de signes cliniques restent possibles.
The effect of maropitant on sedation, propofol requirements, and cardiovascular function at induction of anesthesia in healthy cats
Chloe R. Dupleix, Stephanie C.J. Sharping, Danielle E. Strahl-Heldreth, Felipe Da Costa Martins, Gene Pavlovsky, Ben Blair, Patricia M. Oba, Kelly S. Swanson (page 59)
L’objectif de cette étude était d’évaluer les effets sédatifs, les besoins en propofol et les effets cardiorespiratoires de l’administration de maropitant chez des chats sains. Le maropitant est un antagoniste sélectif des récepteurs de la neurokinine-1, autorisé comme antiémétique chez le chien et le chat. Des études récentes ont mis en évidence la capacité du maropitant à réduire les besoins en anesthésiques inhalés pendant la chirurgie grâce à ses effets analgésiques présumés. Les propriétés sédatives du maropitant et sa capacité potentielle à réduire les besoins en anesthésiques injectables n’ont pas encore été évaluées. Vingt chats adultes de race domestique à poil court, élevés pour la recherche, ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant du maropitant (n = 10) et un groupe recevant une solution saline physiologique (n = 10), avant l’induction anesthésique avec du propofol par voie intraveineuse (IV). Les chats ont reçu une prémédication à base de butorphanol [0,4 mg/kg de poids corporel (PC)] et d’alfaxalone [2 mg/kg de PC, par voie intramusculaire (IM)]. Du maropitant (1 mg/kg de PC) ou du sérum physiologique (0,1 mL/kg de PC) a été administré IV 10 minutes avant l’induction anesthésique par propofol et l’intubation orotrachéale subséquente. Les scores de sédation ont été enregistrés avant la prémédication, après la prémédication et 10 minutes après l’administration de maropitant ou de sérum physiologique. Les doses de propofol nécessaires à l’intubation orotrachéale ont été enregistrées. La fréquence cardiaque (FC), la fréquence respiratoire (FR) et la pression artérielle ont été mesurées avant et après l’administration de maropitant ou de sérum physiologique, après l’administration de propofol et après l’intubation. Les doses de propofol nécessaires étaient similaires dans les deux groupes, avec des doses moyennes ± écart-type de 5,2 ± 2,1 mg/kg de PC pour le groupe maropitant et de 5,6 ± 1,3 mg/kg de PC pour le groupe sérum physiologique. Les scores de sédation et les variables cardiorespiratoires étaient comparables entre les groupes à tous les temps de mesure. L’administration de maropitant avant l’induction anesthésique au propofol n’a pas affecté les scores de sédation, les besoins en propofol ou les variables cardiorespiratoires.
Compte rendu
Safeguarding Canadian pets and humans: A call to strengthen regulations for importing companion animals
Christopher Fernandez-Prada, Victoria Wagner, Emily J. Jenkins (page 65)
Les animaux de compagnie sont de plus en plus mobiles et la translocation mondiale de parasites et autres agents pathogènes est de plus en plus reconnue comme un risque pour la santé animale et humaine, ainsi que pour le commerce international. La réglementation canadienne sur l’importation d’animaux de compagnie est peu contraignante, car seuls la vaccination antirabique et les documents sanitaires de base sont requis. Des agents pathogènes, notamment les parasites zoonotiques Echinococcus et Leishmania, ainsi que des souches de parasites résistantes aux médicaments, actuellement peu répandues au Canada, comme la dirofilariose canine (Dirofilaria immitis) et vers en crochet (Ankylostoma caninum), sont importés par inadvertance avec les animaux de compagnie. Cet article vise à dresser un bilan actuel de la réglementation en vigueur au Canada, à décrire des exemples récents d’agents pathogènes animaux étrangers, y compris des parasites résistants aux médicaments, introduits au Canada, et à fournir l’avis d’experts sur les risques et les mesures d’atténuation associés à l’introduction de parasites non endémiques chez les animaux de compagnie. Le risque d’établissement est aujourd’hui plus élevé en raison des changements climatiques, qui mettent en danger les animaux domestiques et sauvages locaux et entraînent des interventions coûteuses et à long terme en matière de santé publique et animale. Les vétérinaires canadiens sont de plus en plus confrontés à de nouveaux défis liés à l’importation d’animaux, notamment le diagnostic et la prise en charge des maladies non endémiques. Nous demandons un renforcement des exigences relatives à l’importation d’animaux de compagnie au Canada, incluant un dépistage préventif des maladies locales préoccupantes avant le voyage, un traitement antiparasitaire à large spectre juste avant le départ et des tests de suivi pour détecter la résistance aux médicaments, ainsi qu’une meilleure traçabilité des animaux importés et des campagnes de sensibilisation auprès des propriétaires et des organismes de sauvetage. Ces mesures permettront à terme d’alléger la charge de travail des vétérinaires, des propriétaires responsables et des organismes de sauvetage reconnus.
Article
Histological properties of the distal sesamoidean impar ligament in racing Thoroughbreds and Quarter horses
Babak Faramarzi, Dongbin Lee, Wael Khamas, Fanglong Dong (page 77)
Le ligament sésamoïdien distal impair (LSDI) est un élément clé de l’appareil podotrochléaire équin, mais son rôle dans des affections telles que la douleur caudale du talon et le syndrome naviculaire reste mal compris. Cette étude visait à caractériser les propriétés histologiques du LSDI et à évaluer l’influence de la race et l’âge. Quatre-vingt-quatre échantillons de LSDI de membres antérieurs de cadavres ont été prélevés sur de jeunes et athlétiques Quarter Horses (QH), des Pur-sang (TB) et des Quarter Horses plus âgés et retraités. Les échantillons ont été colorés et analysés afin de déterminer la taille et le nombre de vaisseaux, le nombre de faisceaux nerveux et la densité relative du collagène et du tissu adipeux. Les données ont été analysées à l’aide de modèles linéaires généralisés et de tests de Kruskal-Wallis pour les variables continues, et d’une régression de Poisson pour les données de comptage, avec un seuil de signification fixé à P < 0,05. Le nombre de vaisseaux dans le LSDI était significativement plus élevé chez les jeunes TB et QH que chez les QH âgés (P < 0,0001). De plus, les chevaux TB présentaient un nombre de vaisseaux plus élevée que les QH (P < 0,0001). Ces résultats soulignent la riche vascularisation du LSDI et son rôle potentiel dans le soutien de l’os naviculaire. Les caractéristiques histologiques du LSDI semblent être influencées par l’âge et la race, ce qui apporte des informations pertinentes sur la pathogenèse de la maladie naviculaire.