CJVR - Juillet 2026, Vol. 90, No. 3
Scientifique
Companion Animal Medicine and Surgery Articles
Ocular disorders in brachycephalic cats and dogs: A clinical study from Türkiye
Edanur Ozdemir, Basak Boztok Ozgermen (page 88)
Le syndrome oculaire brachycéphale (BOS) est une affection complexe résultant de l’anatomie crânio-faciale, prédisposant les animaux atteints à diverses maladies de la surface oculaire. Les données décrivant les troubles oculaires chez les chats et les chiens brachycéphales en Türkiye sont limitées. Cette série de cas comprenait 40 animaux brachycéphales (30 chats et 10 chiens) présentés à la clinique de chirurgie de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université Aksaray entre décembre 2022 et mai 2024. Tous les animaux ont subi des examens ophtalmologiques, incluant le test de Schirmer (STT-1), le temps de rupture du film lacrymal (TFBUT) et la coloration à la fluorescéine. Chez les chiens, la kératoconjonctivite sèche et l’ulcère cornéen étaient les diagnostics les plus fréquents (n = 5 chacun), tandis que chez les chats, la conjonctivite bactérienne (n = 19) et l’ulcère cornéen (n = 10) prédominaient. Une corrélation négative modérée a été identifiée entre l’âge et les valeurs du STT-1 chez les chiens (r = -0,636; P = 0,048), et une corrélation positive a été observée entre le STT-1 et le TFBUT chez les deux espèces. Ces résultats indiquent que les troubles oculaires liés au BOS sont fréquents chez les races brachycéphales, et qu’un dépistage ophtalmologique de routine, incluant le STT-1 et le test à la fluorescéine, peut faciliter un diagnostic précoce ainsi qu’une intervention rapide.
(Traduit par les auteurs)
Feasibility of combined minimally invasive thoracic duct ligation, cisterna chyli ablation, and subphrenic pericardiectomy in canine chylothorax
Justin N.P. Keulen, Sebastiaan A. van Nimwegen (page 96)
L’objectif de cette étude, qui s’inscrit dans une série de cas rétrospective, était de décrire la ligature du canal thoracique (LCT), l’ablation de la citerne du chyle (ACC) et la péricardiectomie partielle (PP) réalisées en une seule séance, de manière minimalement invasive, chez des chiens atteints de chylothorax. Neuf chiens de propriétaires privés, atteints de chylothorax, ont participé à l’étude. La LCT a été réalisée par voie thoracoscopique droite ou bilatérale, tandis que l’ACC a été réalisée par voie laparoscopique du flanc gauche, le chien étant en décubitus sternal. La PP a ensuite été effectuée par thoracoscopie via une approche paraxiphoïdienne. Le traitement combiné (LCT, ACC et PP), minimalement invasif, a été efficace dans tous les cas. Les complications peropératoires sont survenues principalement lors de la PP et ont toutes été prises en charge sans séquelles à long terme. Sept des 9 chiens ont présenté une résolution du chylothorax après les interventions chirurgicales. Deux chiens présentaient un chylothorax persistant et ont été euthanasiés. Un chien présentant une fibrillation auriculaire concomitante a été euthanasié 140 j après l’intervention chirurgicale en raison d’un épanchement abdominal important. Lors du suivi à court terme, 2 des 6 chiens ont bénéficié de drainages complémentaires limités pour un épanchement non chyleux. Le suivi à long terme a révélé une récidive tardive de chylothorax chez 1 chien. La durée médiane de survie était de 183 j (intervalle : 3 à 2051 j) après l’intervention. Le traitement minimalement invasif par LCT, PP et ACC s’est avéré réalisable en une seule séance, sans complications majeures apparentes. Plusieurs chiens ont présenté d’excellents résultats à long terme. Le traitement minimalement invasif combiné par LCT, ACC et PP est une option envisageable pour le traitement du chylothorax, avec d’excellents résultats à long terme possibles. Cependant, des études sur de plus larges cohortes cliniques sont nécessaires pour évaluer les bénéfices supplémentaires de ce traitement combiné et l’effet clinique du ACC.
(Traduit par Docteur Serge Messier)
Risk factors associated with meniscal tears at the time of and following tibial plateau leveling osteotomy surgery
Aixa Megret Gonzalez, Jane M. Zink, Sarah A. Henry, Caroline Nesci, Richard Bastian, Garrett John Davis (page 105)
Chiens appartenant à des clients (N = 127) ont été répartis en 3 groupes : ceux présentant une déchirure méniscale post-opératoire, ceux ne présentant aucune déchirure méniscale au moins 2 ans après une ostéotomie de nivellement du plateau tibial (TPLO), et ceux présentant une déchirure méniscale au moment de la TPLO. Les 2 derniers groupes ont été sélectionnés aléatoirement à l’aide d’un générateur de nombres aléatoires. Une analyse de régression logistique a été utilisée pour identifier les associations entre les variables. La puissance statistique a posteriori a été calculée. L’objectif était d’identifier les facteurs de risque de déchirure méniscale au moment de la TPLO et de lésion méniscale post-opératoire. Sur 2158 cas, 44 (2 %) présentaient une déchirure méniscale post-opératoire après une TPLO. Chaque année supplémentaire en âge était associée à une diminution de 23,9 % de la probabilité de présenter une lésion méniscale initiale. Chaque kilogramme supplémentaire de poids corporel augmentait cette probabilité de 2,7 %. L’angle du plateau tibial préopératoire et postopératoire n’a pas présenté de différence statistiquement significative. L’incidence des déchirures méniscales postopératoires était de 2,0 %. Le poids et l’âge étaient des facteurs statistiquement significatifs contribuant aux lésions méniscales au moment de la TPLO. Seule la taille de la lame était un facteur statistiquement significatif contribuant aux déchirures méniscales postopératoires.
(Traduit par Docteur Serge Messier)
Equine Medicine Article
Prevalence of Clostridioides difficile in hospitalized neonatal mare-foal pairs from Alberta and direct comparison of fecal culture with toxin gene detection
Ashley E. Whitehead, Alexandre S. Borges, Luiza S. Zakia, Serena Yu, Michael G. Surette, Luis G. Arroyo (page 111)
Clostridioides (Clostridium) difficile est un agent pathogène important présent dans les fèces des chevaux adultes et des poulains. Son diagnostic clinique repose sur plusieurs méthodes, notamment l’isolement par culture et, plus fréquemment, la détection directe des gènes de toxines dans les fèces par des méthodes moléculaires. L’importance du suivi de l’excrétion de C. difficile chez les poulains et leurs mères hospitalisés reste incertain. Cette étude visait à déterminer la prévalence de l’excrétion fécale de C. difficile chez les couples jument-poulain et à comparer la détection par isolement et détection des gènes des toxines A et B dans les fèces par PCR quantitative en temps réel (qPCR) commerciale. Les poulains et leurs juments admis dans un hôpital vétérinaire ont été inclus dans l’étude et leurs échantillons fécaux ont été analysés pour la recherche des gènes des toxines A et B de C. difficile par qPCR et par culture sur milieux sélectifs. Au total, 66 paires jument-poulain ont été inclus. Globalement, la qPCR fécale pour les gènes des toxines A et B de C. difficile s’est révélée positive dans 29/132 échantillons provenant de juments et de poulains, tous les échantillons positifs étant issus de fèces de poulains (29/66). Au total, 95 échantillons étaient négatifs aux deux tests (61 juments et 34 poulains) et 24 échantillons étaient positifs aux deux tests (24 poulains). Huit échantillons (5 juments et 3 poulains) étaient positifs en culture et négatifs en qPCR, bien que tous les isolats de culture aient été positifs pour les gènes A et B lors de tests PCR conventionnels ultérieurs. Cinq échantillons étaient positifs pour les gènes des toxines en qPCR et négatifs en culture. Le ribotype le plus fréquemment détecté était le 078. Deux paires jument-poulain ont présenté une culture positive, dont une paire partageant le même ribotype.
(Traduit par Docteur Serge Messier)