CVJ - mai 2026, Vol. 67, No. 5
Scientifique
Communication brève
Évaluation rétrospective des manifestations cliniques associées au génotype de l’herpèsvirus équin de type 1 (HVE-1) en Ontario
Maria Asuncion Espinosa, Amy Lack, Daniel Kenney, Luis G. Arroyo (page 499)
Contexte
L’herpèsvirus équin de type 1 (HVE-1) est un agent pathogène viral important chez les chevaux, associé à diverses manifestations cliniques, notamment la fièvre, des affections des voies respiratoires supérieures et inférieures, des signes neurologiques, des affections oculaires et des avortements. Actuellement, les variants (génotypes) de HVE-1 sont classés en fonction d’une mutation par polymorphisme nucléotidique unique (SNP) du cadre de lecture ouvert 30 (ORF30).
Objectif, animaux et procédure
Cette étude rétrospective visait à évaluer les génotypes de HVE-1 présents chez des chevaux présentant diverses manifestations cliniques, incluant des affections respiratoires, des avortements et des affections neurologiques, dans un centre de référence de la province de l’Ontario.
Résultats
L’herpèsvirus équin de type 1 a été détecté chez 11,7 % des chevaux testés et les manifestations cliniques comprenaient des avortements (21 %), une myéloencéphalopathie (64 %), de la fièvre (11 %), une pneumonie (3,5 %) et des cas asymptomatiques (3,5 %). La souche neuropathogène était plus fréquemment présente chez les chevaux présentant des avortements et de la fièvre. La myéloencéphalopathie herpétique équine était associée à la souche non-neuropathogène dans 50 % des cas et à la souche neuropathogène dans 44 % des cas. Cependant, dans 6 % des cas, le génotype viral était inconnu.
Conclusion et pertinence clinique
Ces résultats soulignent le caractère multifactoriel de ce problème et indiquent que la présentation clinique ne peut être uniquement attribuée au génome viral. Cette variabilité renforce la nécessité de poursuivre les recherches sur le comportement et l’épidémiologie de HVE-1.
Rapports de cas
Hypercalcémie comme principal signe clinique du premier cas indigène d’Angiostrongylus vasorum chez un chien du Canada continental
Christopher M. Knap, Sheri Ross, Emilia Bourassi, Nina Germitsch (page 504)
Un Labrador retriever mâle entier de 8 mois, originaire du Nouveau-Brunswick, a été référé au service de médecine interne des petits animaux du Atlantic Veterinary College (Île-du-Prince-Édouard) pour l’évaluation d’une hypercalcémie marquée, d’une polyurie-polydipsie et d’une incontinence urinaire. Les radiographies thoraciques ont révélé un aspect pulmonaire non spécifique, hétérogène à diffus, interstitiel à alvéolaire, malgré l’absence de signes respiratoires ou d’auscultation pulmonaire anormale. L’examen des selles par analyse de Baermann a identifié des larves de stade 1 d’Angiostrongylus vasorum. Bien que la présence d’A. vasorum ait été documentée chez des populations de canidés sauvages dans certaines régions de l’est du Canada, il s’agissait du premier cas confirmé d’infection indigène chez un animal de compagnie au Canada continental. Ces résultats confirment l’expansion géographique d’A. vasorum dans les provinces maritimes du Canada et s’ajoutent aux nombreux rapports décrivant son émergence en Amérique du Nord. Le tableau clinique du chien était atypique pour l’angiostrongylose étant donné l’absence de signes respiratoires malgré des anomalies radiographiques, et l’hypercalcémie comme signe clinique principal. Ces observations soulignent le caractère variable et parfois non spécifique de l’infection à A. vasorum chez le chien. Les vétérinaires exerçant dans l’est du Canada devraient envisager A. vasorum comme diagnostic différentiel chez les chiens présentant des signes cliniques ou radiologiques compatibles, même en l’absence de signes respiratoires ou de zone d’endémicité connue. Un dépistage fécal systématique (test de Baermann) et une prophylaxie par anthelminthiques efficaces sont recommandés pour les chiens présentant un risque accru d’exposition à des gastéropodes hôtes intermédiaires.
Message clinique clé :
Angiostrongylus vasorum est un parasite émergent en Amérique du Nord et peut induire divers signes cliniques chez le chien. Les vétérinaires, notamment dans les provinces maritimes du Canada, doivent considérer A. vasorum comme une cause potentielle de signes respiratoires, de signes neurologiques, de saignements et d’autres signes cliniques, et devraient recommander une prophylaxie antiparasitaire appropriée dans les zones nouvellement endémiques.
Polypes inflammatoires intranasaux associés à un syndrome obstructif des voies aériennes brachycéphales chez un carlin
Matheus Feitosa, Robson Honorato, Andressa Mouta, Andressa Dias, Hugo Dias, Alex Corrêa, Cláudio Gomes, José Junior, Omar Moraes, Leonardo Reis, Alcyone Paredes (page 511)
Les polypes inflammatoires intranasaux sont fréquemment rapportés chez le chat, mais rarement décrits chez le chien. Un carlin a été présenté avec une obstruction chronique des voies aériennes supérieures compatible avec un syndrome obstructif des voies aériennes brachycéphales (SOAVB). L’examen tomodensitométrique du crâne a révélé des masses de tissus mous intranasaux responsables d’une obstruction importante du flux d’air. La correction chirurgicale du SOAVB a été réalisée, incluant l’exérèse des tissus obstructifs intranasaux. L’examen histopathologique a confirmé la présence de polypes inflammatoires. L’état clinique s’est nettement amélioré après l’intervention. Ce cas met en évidence les polypes inflammatoires intranasaux comme une comorbidité rare et potentiellement sous-diagnostiquée chez les chiens atteints de SOAVB et souligne l’importance de considérerr ce diagnostic chez les chiens brachycéphales présentant des signes respiratoires persistants ou atypiques.
Message clinique clé :
Les polypes inflammatoires intranasaux peuvent constituer une comorbidité rare et sous-diagnostiquée chez les chiens atteints de SOAVB. La reconnaissance d’une pathologie intranasale concomitante est importante, car la prise en charge chirurgicale peut amener une amélioration clinique significative.
Traitement réussi par hémodialyse d’une suspicion d’intoxication aux glands chez un terrier Bedlington
Soyoung Jung, Woonchan Ahn, Taeho Lee, Aryung Nam (page 516)
Un terrier Bedlington mâle castré de 17 mois, pesant 5,4 kg, a été présenté pour vomissements, léthargie et oligurie. L’analyse biochimique sanguine a révélé une azotémie sévère et l’échographie a mis en évidence des cortex rénaux hyperéchogènes. Une insuffisance rénale aiguë causée par des glands a été suspectée, l’animal ayant ingéré des glands secs au cours des 8 jours précédents. Le chien n’a pas répondu à la réhydratation intraveineuse conventionnelle, mais son état s’est amélioré à la suite de séances d’hémodialyse intermittentes. Bien que l’intoxication aux glands soit bien documentée chez les animaux au pâturage, incluant les bovins, elle est rarement rapportée chez le chien. Les glands peuvent provoquer des lésions rénales ou hépatiques aiguës, avec des taux de mortalité élevés. À notre connaissance, il s’agit du premier cas canin d’intoxication aux glands traité avec succès par hémodialyse. Les résultats de cette étude soulignent l’importance de sensibiliser les propriétaires d’animaux domestiques aux risques potentiellement mortels liés à l’ingestion de glands, notamment dans les régions où les animaux sont susceptibles d’y être exposés.
Message clinique clé :
L’ingestion de glands peut provoquer une insuffisance rénale aiguë potentiellement mortelle chez le chien. Un diagnostic précoce et une prise en charge rapide par hémodialyse permettent une guérison complète.
Lymphome B de grade élevé du pénis chez un chat
Arno Gonzalez Moran, Martin Hamon, Marianne Heimann, Olivier Broux (page 521)
Un chat mâle castré de 4 ans présentait une masse périnéale s’étendant sur le pénis. La masse a été excisée chirurgicalement par urétrostomie périnéale. L’examen histopathologique a confirmé un lymphome B de grade élevé limité au pénis et s’étendant microscopiquement au prépuce. Le chat est resté asymptomatique pendant 6 mois avant de décéder de cause inconnue. À la connaissance des auteurs, ce cas pourrait représenter le premier cas rapporté de lymphome félin cliniquement limité au pénis.
Message clinique clé :
Bien que rare chez le chat, le lymphome pénien doit être envisagé dans le diagnostic différentiel des masses périnéales ou péniennes. L’excision chirurgicale permet un contrôle local, mais le pronostic et le rôle d’un traitement adjuvant restent incertains.
Articles
Description d’une nouvelle méthode de correction de la torsion fémorale chez les chiens : étude in vitro
Melania Dallago, Clarissa Dallago, Alessandro Boero Baroncelli, Gianluca Basso, Bruno Peirone, Evelien De Bakker, Caleb Hudson (page 526)
Objectif
L’objectif de cette étude était de décrire une nouvelle méthode de correction de la torsion fémorale chez les chiens et de valider partiellement la technique en l’appliquant à des modèles osseux fémoraux.
Modèles et procédure
Nous avons mené une étude in vitro à l’aide de 12 modèles osseux fémoraux. Ces 12 modèles, composés de 6 répliques de chacun de 2 fémurs droits (Modèle osseux 1 et Modèle osseux 2), ont été reconstruits par stéréolithographie à partir de tomodensitométries fémorales de 2 chiens chondrodystrophiques. Une ostéotomie fémorale distale assistée par tige intramédullaire (OFD-TI) a été réalisée sur tous les modèles osseux afin de corriger une torsion de 30° (CTA2). L’angle d’antéversion fémorale (AAF) et l’angle fémoral distal latéral anatomique (AFDLa) ont été mesurés en pré- et postopératoire. L’amplitude de la correction de la torsion a été définie comme l’angle T, calculé comme la différence entre l’AAF postopératoire et préopératoire.
Résultats
L’angle T moyen était de 31,7 ± 1,7° pour le Modèle osseux 1 et de 30,8 ± 0,9° pour le Modèle osseux 2. Aucune différence significative n’a été observée entre les angles CTA2 et T dans les deux modèles osseux. Aucune différence significative n’a été observée entre les valeurs AFDLa préopératoires et postopératoires.
Conclusion et pertinence clinique
L’OFD-TI a permis de reproduire de manière constante la correction de torsion fémorale planifiée dans les modèles osseux étudiés, sans induire de modification non intentionnelle de l’alignement dans le plan frontal.
Morphologie et fonction des ventricules droit et gauche chez des chiens présentant une surcharge de pression ventriculaire droite chronique compensée secondaire à une sténose pulmonaire ou à une hypertension pulmonaire précapillaire
Emilie Van Renterghem, Marine Lekane, Kris Gommeren, Anne-Christine Merveille (page 535)
Objectif
L’objectif de cette étude était de comparer la morphologie et la fonction des ventricules droit et gauche chez le chien présentant une surcharge de pression ventriculaire droite (VD) chronique compensée secondaire à une sténose pulmonaire (SP) et à une hypertension pulmonaire précapillaire chronique (HPPCc).
Animaux et procédure
Cette étude observationnelle rétrospective transversale a inclus 64 chiens appartenant à des particuliers, dont un groupe témoin sain (n = 15) et des groupes présentant une SP (n = 31) et une HPPCc (n = 18). Le gradient de pression ventriculaire droite (GVPD) a été déterminé par la vitesse de pointe de la régurgitation pulmonaire ou tricuspidienne et devait être > 55 mmHg. Les paramètres échocardiographiques évaluant la taille du VD [diamètre indexé (VDDId/Ao), surface (N-VDAd) en diastole], l’hypertrophie [(VDFWd/VGFWd), (VDFWd/VDDId)] et la fonction systolique [variation fractionnelle de surface (VDFAC), surface indexée en systole (N-VDAs)] ont été documentés. L’aplatissement du septum interventriculaire a été évalué à l’aide de l’indice d’excentricité (IE) du ventricule gauche (VD).
Résultats
Le GVPD était plus faible dans le groupe HPPCc que dans le groupe SP [91 mmHg (55 à 158 mmHg) vs 108 mmHg (56 à 219 mmHg); P = 0,022]. Le groupe HPPCc a présenté une dilatation plus importante [VDDI/Ao : 0,13 (0,09 à 0,25) vs 0,10 (0,07 à 0,19), P = 0,004; N-VDAd : 1,17 (0,65 à 1,66) vs 0,83 (0,45 à 1,45), P = 0,010] et une hypertrophie moindre du VD [VDFWd/VGFWd : 0,9 (0,44 à 1,4) vs 1,0 (0,75 à 2,0), P < 0,020; VDFWd/VDDId : 0,30 (0,19 à 0,55) vs 0,44 (0,24 à 0,67), P < 0,001], VD avec une fonction systolique plus faible [N-VDAs : 0,69 (0,27 à 1,23) vs 0,35 (0,16 à 0,92), P = 0,001; VDFAC : 0,37 (0,14 à 0,66) vs 0,57 (0,29 à 0,71), P = 0,004], et un aplatissement septal interventriculaire plus important [IEs : 1,5 (1,09 à 5,71) vs 1,22 (0,88 à 2,1), P = 0,013] par rapport à SP. Les valeurs de VDID/Ao, N-VDAd, N-VDAs, VDFAC, VDFWd/VDDId et IEs étaient influencées par le GVPD et la cause de la surcharge de pression du ventricule droit (indépendamment du GVPD). Une insuffisance tricuspidienne était plus fréquemment observée chez les chiens atteints de HPPCc.
Conclusion et pertinence clinique
Après ajustement pour le GVPD, les chiens atteints de SP présentaient une dilatation du ventricule droit moins importante, une meilleure fonction ventriculaire droite et une atteinte du cœur gauche moins marquée que les chiens atteints de HPPCc.
Valeur diagnostique de l’angle d’abduction et de l’imagerie par résonance magnétique chez les chiens présentant une instabilité médiale de l’épaule confirmée par arthroscopie
Jon A. Berg, Bente K. Sævik (page 546)
Objectif
L’instabilité médiale de l’épaule (IME) est une cause fréquente de boiterie des membres thoraciques chez le chien, mais son diagnostic reste cependant complexe, l’examen arthroscopique étant considéré comme la méthode de référence. Cette étude visait à évaluer la sensibilité diagnostique des mesures préopératoires de l’angle d’abduction de l’épaule et des résultats de l’IRM pour détecter l’IME chez les chiens présentant un diagnostic confirmé par arthroscopie.
Animaux et procédure
Les dossiers médicaux de l’AniCura Jeløy Dyresykehus (Moss, Norvège) (2017 à 2024) ont été analysés rétrospectivement afin d’identifier les chiens présentant une IME unilatérale diagnostiquée par arthroscopie. Les critères d’inclusion comprenaient l’anamnèse et les antécédents cliniques, ainsi que les examens cliniques, orthopédiques et neurologiques, suivi des mesures bilatérales de l’angle d’abduction de l’épaule ont été réalisées en utilisant le membre controlatéral sain comme référence. L’imagerie préopératoire comprenait des radiographies de l’épaule en incidence latérale neutre et des examens par IRM. Les angles d’abduction de l’épaule et les résultats de l’IRM ont été comparés aux diagnostics arthroscopiques afin d’évaluer la sensibilité.
Résultats
Dix-sept chiens (9 mâles, 8 femelles) d’un âge médian de 72,0 mois et d’un poids médian de 25,0 kg ont été inclus. Le grade médian de boiterie était de 2 (légère à modérée). Les angles d’abduction de l’épaule étaient en moyenne de 42° pour l’épaule atteinte et de 28° pour l’épaule controlatérale, soit une différence médiane de 14° (intervalle : 11 à 26°). Le test de l’angle d’abduction de l’épaule (seuil > 40°) a montré une sensibilité de 100 % (IC à 95 % : 80,5 à 100 %) pour la détection de l’IME, tandis que la sensibilité de l’IRM (pathologie du compartiment médial) était de 23,5 % (IC à 95 % : 6,8 à 49,9 %).
Conclusion et pertinence clinique
La mesure bilatérale de l’angle d’abduction des épaules est un outil diagnostique pratique, non invasif et apparemment efficace pour l’IME, surpassant l’IRM en termes de sensibilité diagnostique dans l’échantillon étudié. Compte tenu du coût de l’IRM et de la nécessité d’une anesthésie, la mesure de l’angle d’abduction des épaules pourrait être préférable en pratique clinique. De plus, en cas de boiterie unilatérale de l’épaule, une différence > 10° entre les angles d’abduction de l’épaule atteinte et de l’épaule controlatérale saine pourrait constituer un indicateur simple et accessible d’IME.
Étude rétrospective de cas d’animaux de compagnie hospitalisés pour intoxication à l’éthylène glycol dans un hôpital vétérinaire universitaire canadien
Taylor Sauder, Madison Ricard, Jennifer Loewen, Vanessa Cowan (page 553)
Contexte
L’éthylène glycol (EG), composant toxique de certains antigels, est un poison puissant pour les animaux.
Objectif et animaux
Notre objectif était de caractériser l’intoxication à l’EG chez les chats et les chiens hospitalisés dans un hôpital vétérinaire universitaire canadien.
Procédure
Nous avons réalisé une analyse rétrospective des dossiers médicaux.
Résultats
Vingt et un cas ont été inclus dans l’étude sur une période de 17 ans (chiens n = 15, chats n = 6). Les animaux les plus fréquemment touchés étaient de jeunes chiens mâles entiers (n = 5) et des chattes adultes stérilisées (n = 4). La plupart des cas ont été observés en été (n = 10). Les cas étaient souvent présentés > 8 h après l’apparition des symptômes (n = 12). Les examens diagnostiques comprenaient une analyse des gaz veineux (n = 17), un bilan biochimique sanguin (n = 14), une analyse d’urine (n = 14), un test AFAST/TFAST (n = 6) et une échographie abdominale complète (n = 2). Les traitements les plus fréquents étaient une perfusion IV (n = 17) et le 4-méthylpyrazole (n = 8). Les taux de survie à la sortie de l’hôpital étaient de 33 % chez les chiens et de 0 % chez les chats.
Conclusion
L’intoxication à l’EG présente un taux de mortalité élevé chez les chiens et les chats présentés aux urgences vétérinaires. Les animaux sont souvent présentés à un stade avancé de l’intoxication, ce qui rend un traitement avec l’antidote inefficace.
Pertinence clinique
Quelle que soit la période de l’année, l’EG doit être envisagée comme diagnostic différentiel chez les animaux présentant une dépression du système nerveux central, des signes gastro-intestinaux et des signes d’atteinte rénale aiguë. Dans les cliniques ne disposant pas de tests diagnostiques commerciaux, les auteurs recommandent de combiner les résultats de l’analyse des gaz veineux, de l’analyse d’urine, de l’échographie et de l’examen à la lampe de Wood pour établir le diagnostic.
Compte rendu
Prise en charge d’urgence de l’hyperkaliémie chez le chien et le chat – Partie 2 : Diagnostic et traitement
Yasumasa Iimori, Paula A. Johnson, Elizabeth J. Thomovsky, Aimee C. Brooks, Ana Aghili (page 563)
Objectif
L’hyperkaliémie chez le chien et le chat peut entraîner une atteinte cardiaque et neuromusculaire rapide. Un diagnostic précoce, une stabilisation guidée par l’ECG et un traitement étiologique améliorent la survie.
Animaux et procédure
Cette deuxième partie d’une revue en 2 volets propose une approche clinique pour le diagnostic, la confirmation et le traitement d’urgence de l’hyperkaliémie. Elle intègre les données vétérinaires actuelles et les principes physiologiques fondamentaux dans un guide étape par étape pour l’interprétation de l’ECG, les tests au point de service, le choix des médicaments et la surveillance. Elle établit également un lien entre les priorités de la première heure et les étiologies fréquentes telles que l’obstruction urétrale et l’hypoadrénocorticisme.
Résultats
Une cardioprotection immédiate par administration intraveineuse de calcium permet de traiter la cardiotoxicité. La kaliémie diminue rapidement avec l’administration d’insuline régulière et de dextrose; les agonistes β2 sont utilisés en complément et le bicarbonate est réservé aux acidoses sévères. L’élimination du potassium s’ensuit par l’administration de cristalloïdes équilibrés et, si nécessaire, par une thérapie de remplacement rénal. Après une stabilisation initiale, la correction durable repose sur l’identification et le traitement de la cause sous-jacente et l’élimination de l’excès de potassium. Une surveillance étroite de la glycémie prévient l’hypoglycémie tardive après l’administration d’insuline. En cas d’obstruction urétrale, une élimination rapide de l’obstruction et une réhydratation permettent souvent de normaliser la kaliémie, limitant ainsi le besoin de recourir à des traitements complémentaires. Lors d’une crise addisonienne, la réhydratation et les glucocorticoïdes corrigent le facteur déclenchant tandis que la kaliémie diminue.
Conclusion et pertinence clinique
Suivre une séquence systématique : confirmer l’hyperkaliémie, protéger le cœur, corriger la kaliémie, éliminer le potassium et traiter la cause. Corréler les résultats de l’ECG avec la kaliémie pour orienter la prise en charge, car les stades de l’ECG ne correspondent pas toujours aux concentrations absolues de potassium. Cette approche permet aux urgentistes de stabiliser rapidement les patients et d’éviter les rechutes. La Partie 1 de cette revue traitait de l’homéostasie et des causes, tandis que la Partie 2 présente les approches diagnostiques et thérapeutiques.
Communication étudiante
Prise en charge médicale d’une hydronéphrose féline secondaire à une sténose urétérale
Xinyu (Elvina) Li (page 572)
Un chat mâle castré à poil court, âgé de 3 ans, a été examiné pour hématurie. L’échographie et la tomodensitométrie ont révélé une hydronéphrose modérée à droite associée à des sténoses urétérales proximale et distale droites, ainsi qu’à une sténose partielle de l’uretère distal gauche. Un traitement médical, comprenant une fluidothérapie, des relaxants musculaires urétéraux et des corticostéroïdes, a été instauré, mais n’a pas permis d’améliorer la dilatation progressive du bassinet rénal, mise en évidence par des échographies répétées. Ce cas souligne l’efficacité limitée du traitement conservateur et contribue à l’ensemble croissant de données probantes sur la prise en charge des sténoses urétérales félines.
Test éclair
(page 496)
Rubriques
Le mot de la présidente
Le monde est mené par les personnes qui s’impliquent – passerez-vous à l’action?
Tracy Fisher (page 487)
Déontologie vétérinaire
(page 491)
Courrier des lecteurs
Considerations on lipid emulsion dosage in the treatment of drug toxicity in dogs — A comment
Ju-Tae Sohn (page 493)
Groupe consultatif sur l’accès aux produits pharmaceutiques de l’ACMV
Parlons des médicaments en médecine vétérinaire
Monographies de médicaments vétérinaires et utilisation non conforme : que faut-il savoir?
Chantal Lainesse, Al Chicoine (page 578)
Ophtalmologie diagnostique
Lynne S. Sandmeyer, Tammy J. Owens (page 591)
Gestion d’une pratique vétérinaire
Le coût des soins de santé
Amy Noonan, Darren Osborne (page 597)
Annonces
Index des annonceurs
(page 586)
Annuaire des entreprises
(page 600)