L'Association canadienne des médecins vétérinaires exprime ses préoccupations concernant la levée temporaire de l'interdiction de la strychnine pour le contrôle des populations de spermophiles de Richardson
3 avr., 2026
L'Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) exprime sa vive déception à la suite de la décision de lever temporairement l'interdiction de la strychnine comme méthode de contrôle des spermophiles de Richardson. Cette toxine est largement reconnue comme causant des souffrances importantes et évitables aux animaux.
Les médecins vétérinaires, liés par un devoir professionnel et éthique de protéger le bien-être animal, préviennent que la réautorisation de ce produit expose les espèces cibles et non cibles à des traitements inhumains. Ce produit avait été interdit au Canada, comme dans de nombreux autres pays, en raison de données probantes établissant un lien entre son utilisation et une détresse prolongée, de la douleur, ainsi qu'une atteinte grave au bien-être avant la mort.
Nous reconnaissons les défis associés à la gestion de certaines populations animales; toutefois, les méthodes employées doivent satisfaire aux normes modernes en matière de soins humanitaires. La réintroduction d'un produit dont les effets néfastes sur le bien-être sont connus, même à titre temporaire, constitue un recul préoccupant.
Outre les préoccupations concernant les espèces cibles, la communauté vétérinaire souligne le risque de préjudices non intentionnels pour les animaux non ciblés, notamment la faune sauvage, le bétail et les animaux de compagnie, en cas d'exposition accidentelle.
La communauté vétérinaire demande à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire et à Santé Canada de :
- Veiller à ce que la mesure demeure strictement temporaire, sans prolongation au-delà de la date d'échéance établie;
- S'engager publiquement à éviter des renouvellements répétés qui pourraient rendre l'autorisation effectivement permanente;
- Accélérer l'élaboration et l'approbation d'alternatives plus humanitaires;
- Fournir des données transparentes et accessibles au public sur les effets du produit sur les espèces cibles et non cibles;
- Inclure dans la réglementation un libellé limitant clairement l'utilisation aux seuls spermophiles de Richardson;
- Associer les experts en médecine vétérinaire et en bien-être animal aux décisions réglementaires en cours.
La transparence et la reddition de comptes sont essentielles, et les données sur les effets sur les animaux doivent être partagées ouvertement afin que les décisions puissent être guidées par des données probantes et que la confiance du public puisse être maintenue.
La communauté vétérinaire demeure résolue à travailler en collaboration avec les organismes de réglementation, l'industrie et les autres parties prenantes afin de promouvoir des approches humanitaires et fondées sur la science en matière de gestion des animaux, qui minimisent la souffrance tout en atteignant les résultats nécessaires.