LE MOIS NATIONAL DE LA SENSIBILISATION AUX TIQUES EST PEUT-ÊTRE TERMINÉ, MAIS LES TIQUES, ELLES, NE FONT QUE COMMENCER !
17 avr., 2026
Nous sommes ravis que près de 600 membres d'équipes vétérinaires se soient inscrits au webinaire de lancement du Mois national de la sensibilisation aux tiques, qui s'est tenu le 2 mars 2026. Si vous l'avez manqué, il est encore temps de le visionner. Il vous suffit de suivre ce lien pour y accéder immédiatement : Lancement du Mois national de sensibilisation aux tiques 2026.
Au cours du webinaire, les participants ont été invités à poser des questions. Vous trouverez ci-dessous les réponses aux quatre principales questions posées à nos conférenciers, la Dre Victoria Wagner et le Dr Scott Stevenson, afin que ces précieux enseignements puissent être partagés à l'ensemble de notre communauté vétérinaire.
L'Association canadienne des médecins vétérinaires et Merck santé animale tiennent à vous remercier de votre engagement et de votre soutien au Mois national de la sensibilisation aux tiques. Ensemble, nous sensibilisons la population aux tiques et aux maladies transmises par les tiques au Canada, afin de protéger les animaux et les personnes qui en prennent soin.
LES QUATRE PRINCIPALES QUESTIONS-RÉPONSES DU WEBINAIRE DE LANCEMENT DU MNST 2026
Dre Wagner, existe-t-il des ressources sur les zones d'endémie parasitaire et de maladies transmises par les tiques au Canada ?
Nous avons la chance de disposer de nombreuses ressources pour mieux comprendre les risques liés aux tiques et aux maladies transmises par les tiques au Canada.
Il existe des sites gouvernementaux de surveillance, comme le Tableau de bord de surveillance des maladies transmises par les tiques de l'Agence de la santé publique du Canada, accessible à l'adresse suivante : sante-infobase.canada.ca/zoonoses/tiques/explorer-donnees.html
Etick.ca/fr est une autre excellente ressource. Il s'agit d'une plateforme publique d'identification des tiques par image et de surveillance des populations de tiques au Canada. Ce site présente non seulement une carte indiquant les endroits où des tiques ont été soumises et les espèces identifiées, mais il permet également de soumettre des photos de tiques trouvées par vous-même ou vos clients, et offre un service d'identification gratuit.
Il existe également d'excellentes ressources éducatives, notamment le site du Mois national de la sensibilisation aux tiques, tiquetoccanada.com , ainsi qu'un site de « prévision du risque tiques » à l'adresse tickmaps.ca . Mentionnons aussi une ressource américaine très complète, capcvet.org , qui offre une abondante documentation pédagogique sur les tiques et tous les parasites affectant les chiens et les chats en Amérique du Nord. Le Groupe d'experts canadiens en parasitologie constitue une autre ressource qui traite spécifiquement de la réalité parasitaire canadienne.
Dre Wagner, est-ce que seules les femelles adultes d'Ixodes scapularis sont actives en période hivernale?
Non, les mâles peuvent aussi être actifs en hiver. On parle plus souvent des femelles, car ce sont elles qui prennent de longs et volumineux repas de sang (elles présentent donc le plus grand risque de transmission d'agents pathogènes) et qui se nourrissent plus facilement sur des hôtes plus grands.
Dre Wagner, quelle est la température à laquelle les tiques sont actives ? Toutes les espèces de tiques sont-elles identiques ?
Au Canada, nous avons tendance à beaucoup parler des tiques Ixodes scapularis, dont l'activité est fortement influencée par la température. Nous avons cependant une autre tique bien établie dans le Centre et l’Est du Canada, Dermacentor variabilis. Vous trouverez de plus amples détails sur les différences entre ces espèces à l'adresse tiquetoccanada.com .
L'activité des tiques Ixodes scapularis en fonction de la température est un sujet quelque peu dans une « zone grise ».
Les tiques sont remarquablement résistantes à nos hivers canadiens. Elles disposent de plusieurs mécanismes qui leur permettent de survivre à des températures extrêmement froides (il suffit de voir à quel point Ixodes scapularis se porte bien au Manitoba !). Ajoutez à cela le climat imprévisible que nous connaissons au Canada, et il devient difficile d'utiliser une température précise pour déterminer à quel moment les animaux de compagnie sont à risque.
Le seuil de température le plus souvent cité pour l'activité des tiques adultes Ixodes scapularis demeure 4 °C. C'est le chiffre mentionné dans les lignes directrices 2019 du Groupe d'experts canadiens en parasitologie. Lorsqu'on aborde l'activité des tiques en lien avec la température, il faut reconnaître les limites de la notion de « température ambiante » et admettre que la température dans certains microenvironnements (sous le couvert forestier ou en plein soleil dans une zone de neige fondante, par exemple) peut être très différente de la température ambiante. On a observé des animaux infestés par des tiques alors que la température ambiante était bien en dessous de zéro. Toutefois, l'endroit où l'animal s'est trouvé pour être exposé à la tique devait être à une température propice à l'activité de quête de celle-ci.
En général, lorsque la valeur de 0 °C est mentionnée dans la littérature scientifique, elle fait référence aux « degrés-jours > 0 °C », une mesure couramment utilisée par les chercheurs pour étudier l'effet de la température sur l'activité des parasites en milieu naturel. Cela ne signifie pas que l'activité des tiques commence à 0 °C.
Même s'il nous est impossible de déterminer la température exacte à laquelle les tiques Ixodes scapularis deviennent actives, l'objectif ultime est d'amener les propriétaires d'animaux à comprendre que les tiques peuvent être actives par temps froid et à rester vigilants, surtout dans le contexte de notre climat imprévisible. Quand on ne peut pas prévoir, mieux vaut protéger !
Dr Stevenson, comment des animaux sous traitement antiparasitaire contre les tiques peuvent-ils quand même résulter positifs aux tests de dépistage des maladies à transmission vectorielle ?
Il est important de rappeler que les médicaments antiparasitaires contre les tiques ne constituent qu'un élément d'une stratégie globale visant à réduire le risque d'exposition aux maladies chez nos animaux de compagnie.
Lorsqu'un animal ayant reçu un traitement antiparasitaire contre les tiques présente un résultat positif au dépistage d'une maladie à transmission vectorielle, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. L'animal peut avoir été infecté des semaines, voire des mois, avant le début du traitement préventif, mais n'obtenir un résultat positif que plus tard. Par ailleurs, même si le médicament a été acheté, il peut arriver que des doses soient omises, que l'administration soit retardée ou que le produit soit mal appliqué, ce qui nuirait à l'efficacité du traitement antiparasitaire. Enfin, il est important de reconnaître que même les préventifs les plus efficaces présentent un écart entre l'exposition à la tique et la mort de celle-ci. Écart qui peut, dans certains cas, être suffisant pour permettre la transmission de la maladie.
Il existe un large consensus quant à l'utilisation d'un médicament antiparasitaire contre les tiques pour réduire le risque de maladies transmises par les tiques, comme la maladie de Lyme. Les médicaments antiparasitaires ciblent plusieurs espèces de tiques et offrent ainsi une protection contre la transmission de plusieurs agents pathogènes en tuant la tique. Par exemple, Ixodes scapularis peut transmettre à la fois Borrelia burgdorferi et Anaplasma phagocytophilum. Le vaccin contre la maladie de Lyme, quant à lui, ne protège que contre un seul agent pathogène.
Les vaccins contre la maladie de Lyme offerts sur le marché sont considérés comme efficaces pendant toute l'année. Ils devraient être utilisés dans le cadre d'une approche à trois volets, qui comprend (dans l'ordre) :
- La vérification quotidienne de la présence de tiques et leur retrait rapide lorsqu'elles sont trouvées
- L'utilisation d'un médicament antiparasitaire contre les tiques tout au long de la période à risque
- La vaccination contre la maladie de Lyme (si indiquée)
Au moment d'établir le protocole de prévention le mieux adapté à un animal, il convient de tenir compte des espèces de tiques présentes dans la région, du risque de maladies endémiques, du mode de vie de l'animal, notamment de ses habitudes de déplacement (locaux et à longue distance), ainsi que de la capacité du propriétaire à respecter le traitement.