Euthanasie – Énoncé de position

septembre 28, 2021

Le terme « euthanasie » a plusieurs définitions dans la littérature et s’applique à une variété de situations différentes. L’ACMV l’interprète comme l’acte de mettre fin à la vie d’un animal de façon non cruelle. Le présent énoncé de position concerne toutes les espèces animales et toutes les personnes impliquées dans l’euthanasie d’un animal (médecins vétérinaires, techniciens en santé animale, etc.). D’autres énoncés de position connexes de l’ACMV comprennent celui sur l’abattage sans cruauté, qui porte sur l’action de mettre fin à la vie d’un animal destiné à la production d’aliments, et celui sur la dépopulation de masse d’animaux de manière non cruelle, qui porte sur l’action de mettre fin à la vie d’un groupe d’animaux.

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) estime que lorsqu’un animal est euthanasié, la méthode utilisée doit convenir à son espèce, être fiable et non cruelle, et causer le moins de peur, de douleur et de détresse possible.

Sommaire

  • Les médecins vétérinaires ont la responsabilité d’aider les propriétaires d’animaux à prendre des décisions de fin de vie et de veiller à ce que les animaux aient une mort non cruelle.
  • Lors de l’euthanasie d’un animal, un protocole qui convient à son espèce doit être utilisé.
  • La formation, l’expérience, la sensibilité et la compassion de la ou des personnes effectuant l’euthanasie sont essentielles pour assurer une « bonne mort ». Dans la plupart des cas, les procédures d’euthanasie devraient être effectuées par des professionnels vétérinaires.
  • Il est essentiel de manipuler, de déplacer et d’immobiliser les animaux de façon appropriée pour réduire le stress, et de façon adéquate et suffisante pour permettre une euthanasie efficace et sécuritaire.

Contexte

  1. L’euthanasie (mot d’origine grecque signifiant « mort facile ») est l’acte de mettre fin à la vie d’un animal de façon intentionnelle et non cruelle (1). Cette mort doit être provoquée en prenant soin de réduire le plus possible la peur, la douleur et la détresse.
  2. Les médecins vétérinaires ont la responsabilité d’aider les propriétaires d’animaux à prendre des décisions de fin de vie et de veiller à ce que les animaux aient une mort non cruelle. Les médecins vétérinaires devraient aider leurs clients à évaluer la qualité de vie de l’animal et présenter toutes les options, comme les traitements et leur pertinence, les soins palliatifs et/ou l’euthanasie. L’option de l’euthanasie devrait être mentionnée par le médecin vétérinaire si ce dernier est d’avis qu’elle est appropriée et que le responsable de l’animal n’aborde pas le sujet.
  3. La sensibilité et la compassion sont essentielles pour toutes les personnes impliquées dans les discussions sur la planification de la fin de vie et l’euthanasie.
  4. Les médecins vétérinaires doivent élaborer et utiliser des protocoles d’euthanasie spécifiques aux différentes espèces. La ou les méthodes employées doivent entraîner une perte de conscience irréversible et la mort subséquente, laquelle doit ensuite être confirmée. Une perte de conscience rapide est préférable, mais la rapidité de l’effet ne doit pas l’emporter sur la nécessité de prévenir la peur ou la détresse (2,3). Il faut manipuler, déplacer et immobiliser les animaux en tâchant de réduire le stress, mais de façon adéquate et suffisante pour permettre une euthanasie efficace et sécuritaire. Pour atteindre cet équilibre, la sédation est recommandée avant l’euthanasie dans de nombreux cas et la durée et l’importance de la contention physique doivent être réduites au minimum.
  5. L’ACMV soutient que les médecins vétérinaires doivent participer à l’élaboration des protocoles d’euthanasie pour tous les animaux vertébrés, y compris les animaux de ferme, les animaux de laboratoire, les animaux de compagnie et les autres types d’animaux (4).
  6. Si l’euthanasie doit être effectuée sans la présence d’un médecin vétérinaire, un protocole approprié à l’espèce élaboré par un médecin vétérinaire doit être utilisé.
  7. La formation, l’expérience, la sensibilité et la compassion de la ou des personnes effectuant l’euthanasie sont essentielles pour assurer une « bonne mort » (5-7). Les procédures d’euthanasie devraient être effectuées par des professionnels vétérinaires. Lorsque la participation d’un médecin vétérinaire n’est pas possible, le personnel doit avoir été formé pour reconnaître la douleur et la détresse et y réagir, ainsi que pour euthanasier de manière appropriée et confirmer la mort de chaque espèce et type d’animaux sous sa garde (2,5,6,8-10).
  8. L’exécution d’euthanasies peut causer un stress psychologique. Les médecins vétérinaires, le personnel vétérinaire et les gens qui pratiquent ou voient régulièrement des euthanasies d’animaux doivent être conscients qu’ils peuvent courir un risque accru de préjudice psychologique (fatigue compassionnelle ou épuisement professionnel, par exemple) et prendre des mesures préventives pour atténuer ce risque (11-13).
  9. Il peut parfois arriver que l’opinion du médecin vétérinaire et celle du responsable de l’animal diffèrent quant à la pertinence de l’euthanasie.
    • Si le médecin vétérinaire est d’avis que l’euthanasie est nécessaire pour mettre fin à la souffrance de l’animal ou pour des raisons de sécurité publique, et que le responsable de l’animal n’est pas d’accord, des mesures doivent être prises pour résoudre la situation en temps opportun. Lorsqu’un animal souffre d’une douleur ou d’une détresse qui ne peut être soulagée et que les divergences d’opinions ne peuvent être résolues, il peut être approprié de contacter les autorités chargées de l’application des lois sur le bien-être animal (14,15).
    • Si le médecin vétérinaire refuse la demande d’euthanasie, il doit être conscient des conséquences sur le bien-être de l’animal et proposer d’autres options à son client.

    Il faut toutefois préciser que chaque situation est unique, et que les parties sont encouragées à travailler ensemble pour s’entendre sur l’issue la plus appropriée pour l’animal.

Références

  1. Persson K, Selter F, Neitzke G, Kunzmann P. Philosophy of a “Good Death” in Small Animals and Consequences for Euthanasia in Animal Law and Veterinary Practice. Animals 2020;10(1):124.
  2. American Veterinary Medical Association. AVMA Guidelines for Euthanasia of Animals (2020). Disponible au : https://www.avma.org/sites/default/files/2020-01/2020_Euthanasia_Final_1-15-20.pdf (dernière consultation en avril 2021).
  3. Meyer RE. Physiologic Measures of Animal Stress during Transitional States of Consciousness. Animals (Basel) 2015;5(3):702-716. Disponible au : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4598702/ (dernière consultation en avril 2021).
  4. Association canadienne des médecins vétérinaires. Utilisation des animaux à des fins scientifiques – Énoncé de position (2016). Disponible au : https://www.veterinairesaucanada.net/documents/use-of-animals-in-science-position-statement (dernière consultation en avril 2021).
  5. Caffrey N, Mounchili A, McConkey S, Cockram M. Survey of euthanasia practices in animal shelters in Canada. Can Vet J 2011;52(1):55-61. Disponible au : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3003577/ (dernière consultation en avril 2021).
  6. Themens ME. Euthanasia training in New Brunswick animal shelters – A cooperative approach. Can Vet J 2008;49(9):909-912. Disponible au : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2519918/ (dernière consultation en avril 2021).
  7. Marchitelli B. An Objective Exploration of Euthanasia and Adverse Events Veterinary Clinics. Small Animal Practice 2019;49(3):553-563.
  8. Turner PV, Doonan G. Developing on-farm euthanasia plans. Can Vet J 2010;51(9):1031-1034. Disponible au : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2920162/ (dernière consultation en avril 2021).
  9. Conseil canadien de protection des animaux. Lignes directrices du CCPA sur : l’euthanasie des animaux utilisés en science (2010). Disponible au : https://www.ccac.ca/Documents/Normes/Lignes_directrices/Euthanasie.pdf (dernière consultation en avril 2021).
  10. Organisation mondiale de la santé animale. Code sanitaire pour les animaux terrestres (2019). Disponible au : https://www.oie.int/fr/normes/code-terrestre/ (dernière consultation en avril 2021).
  11. Whiting TL, Marion CR. Perpetration-induced traumatic stress – A risk for veterinarians involved in destruction of healthy animals. Can Vet J 2011;52(7):794-796. Disponible au : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3119248/ (dernière consultation en avril 2021).
  12. Ayl K. When Helping Hurts: Compassion Fatigue in the Veterinary Profession (2013). American Animal Hospital Association Press.
  13. Stoewen DL. Suicide in veterinary medicine: Let’s talk about it. Can Vet J 2015;56(1):89-92. Disponible au : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4266064/ (dernière consultation en avril 2021).
  14. Association canadienne des médecins vétérinaires. Responsabilité des professionnels vétérinaires à l’égard de la violence et de la négligence envers les animaux – Énoncé de position (2018). Disponible au : https://www.veterinairesaucanada.net/documents/responsibility-of-veterinary-professionals-in-addressing-animal-abuse-and-neglect-position-statement (dernière consultation en avril 2021).
  15. College of Veterinarians of British Columbia. Euthanasia Guidelines (2018). Disponible au : https://portal.cvbc.ca/wp-content/uploads/2020/03/Euthanasia-Guidelines.pdf (dernière consultation en avril 2021).

Lecture additionnelle

  1. Institute of Medicine (US) Committee on Care at the End of Life. Approaching Death: Improving Care at the End of Life. Field MJ, Cassel CK, éd., Washington (DC), National Academies Press (É.-U.), 1997, PMID : 25121204.

((Énoncé de position révisé en juillet 2021))