Soins vétérinaires virtuels

mars 4, 2026

Les soins vétérinaires virtuels, qui comprennent la télémédecine, et leur utilisation en médecine vétérinaire sont en constante évolution et continueront de se développer au cours des prochaines années. Les personnes intéressées sont invitées à communiquer avec les organismes de réglementation provinciaux ou territoriaux pertinents pour obtenir l’information la plus récente sur les politiques et la réglementation concernant la prestation des soins vétérinaires virtuels qui s’appliquent dans leur région, étant donné qu’il peut y avoir des différences d’une région à l’autre.

Position

L’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) appuie la prestation de soins vétérinaires virtuels aux patients, pourvu que ces services soient fournis conformément à la réglementation de l’organisme de réglementation vétérinaire provincial ou territorial compétent. Bien que les soins vétérinaires virtuels présentent des avantages pour les patients, les clients et les membres de l’équipe vétérinaire, ils ne sont pas nécessairement appropriés dans toutes les circonstances et peuvent, dans certaines situations, comporter des risques.

Sommaire

  • Les soins vétérinaires virtuels comprennent un ensemble d’outils qui complètent l’offre de soins vétérinaires en personne dans le but d’accroître la capacité des médecins vétérinaires à suivre des patients et à leur prodiguer des soins.
  • Au Canada, les soins vétérinaires virtuels sont considérés comme relevant de l’exercice de la médecine vétérinaire, ce qui exige que la personne qui les fournit détienne un permis d’exercice approprié, établisse une relation vétérinaire-client-patient valide, et offre ses services à partir d’un lieu de pratique approuvé, inspecté et enregistré.
  • Les professionnels vétérinaires qui fournissent des soins virtuels sont tenus de respecter les mêmes normes éthiques et professionnelles et ont les mêmes obligations légales que les professionnels vétérinaires qui prodiguent des soins en personne.
  • Malgré leurs avantages dans plusieurs situations, les soins vétérinaires virtuels ne peuvent pas remplacer complètement divers aspects importants de la prestation de soins en personne, notamment l’examen physique, les tests diagnostiques et l’administration de traitements.
  • Les soins vétérinaires virtuels ne sont pas toujours appropriés et peuvent présenter des risques dans certaines situations.
  • L’ACMV appuie la poursuite de l’expansion et de l’adoption des options de soins vétérinaires virtuels par les organismes de réglementation vétérinaire afin de répondre aux besoins en constante évolution des patients et des clients du Canada en matière de soins vétérinaires, y compris les options relatives à l’établissement d’une relation vétérinaire-client-patient virtuelle valide.
  • Les clients potentiels qui souhaitent recourir aux services de soins vétérinaires virtuels devraient se référer à la réglementation provinciale ou territoriale pertinente applicable à ce type de soins, y compris à la télémédecine.

Contexte

  1. Les soins vétérinaires virtuels peuvent être définis comme toute interaction à distance entre les personnes qui ont la garde d’un animal et les membres d’une équipe vétérinaire (c’est-à-dire les professionnels vétérinaires et les personnes travaillant sous leur supervision) au moyen de toute forme de technologie dans le but de faciliter la qualité et l’efficacité des soins prodigués à l’animal (1,2). Les soins vétérinaires virtuels comprennent la télésanté, la télémédecine, la téléconsultation, le télésuivi, le télétriage, la prescription électronique et la santé mobile.
  2. L’ACMV et le Conseil canadien des registraires vétérinaires (CCRV) définissent la télémédecine comme la prestation de conseils et de traitements médicaux vétérinaires spécifiques pour un ou plusieurs animaux d’après le diagnostic d’une maladie, affection ou blessure établi à distance en utilisant des moyens de télécommunications, sans qu’un examen physique par le médecin vétérinaire soit réalisé. La télémédecine ne désigne pas la consultation entre médecins vétérinaires (lorsque des collègues travaillant dans des lieux physiques différents se consultent à distance) ni le fait de donner des conseils généraux non spécifiques (3).
  3. Les soins vétérinaires virtuels peuvent élargir le continuum des soins proposés en facilitant l’accès en temps opportun à des conseils professionnels ainsi que le triage, le suivi et l’éducation des clients. Grâce aux consultations virtuelles, les médecins vétérinaires peuvent évaluer les préoccupations cliniques, assurer le suivi des maladies chroniques, soutenir la convalescence postopératoire, et aider les clients à déterminer quand une consultation en personne est nécessaire. Cette flexibilité permet d’adapter les plans de soins aux besoins de l’animal, à la situation du client et aux ressources locales disponibles, tout en respectant les normes appropriées en matière de pratique et de bien-être animal.
  4. Malgré leurs avantages dans plusieurs situations, les soins vétérinaires virtuels ne peuvent pas remplacer complètement divers aspects importants de la prestation de soins en personne, notamment l’examen physique, les tests diagnostiques et l’administration de traitements. Bien que les soins vétérinaires à distance puissent complémenter les soins en personne et aident à offrir des services vétérinaires aux clients, ils ne peuvent pas et ne devraient pas être un substitut à long terme ou permanent aux soins hybrides ou prodigués en personne. Le client potentiel et le professionnel vétérinaire partagent la responsabilité de déterminer si les soins vétérinaires virtuels sont appropriés dans une situation donnée.
  5. Les soins vétérinaires virtuels comprennent un ensemble d’outils qui complètent l’offre de soins vétérinaires en personne dans le but d’accroître la capacité des médecins vétérinaires à suivre des patients et à leur prodiguer des soins. Les médecins vétérinaires peuvent offrir des services de soins vétérinaires virtuels de plusieurs façons, y compris, sans s’y limiter, par téléphone, par courrier électronique (texte, vidéos, images), par appel vidéo, par des plateformes propres à la clinique ou sur le Web, par des plateformes de communication en ligne ou par des applications spécialisées de télémédecine.
  6. Pour obtenir l’information la plus récente sur la réglementation applicable aux soins vétérinaires virtuels dans des provinces ou territoires en particulier, les personnes intéressées sont invitées à communiquer directement avec l’organisme de réglementation provincial ou territorial compétent (4).
  7. Partout au Canada, les soins vétérinaires virtuels sont considérés comme relevant de l’exercice de la médecine vétérinaire, ce qui exige que la personne qui les fournit détienne un permis d’exercice approprié, établisse une relation vétérinaire-client-patient valide, et offre ses services à partir d’un lieu de pratique approuvé, inspecté et enregistré. Les soins vétérinaires virtuels peuvent être fournis sous forme :
    • de « soins ponctuels », qui consistent en une intervention ciblée, unique ou de courte durée pour traiter un problème particulier;
    • de « soins hybrides », qui combinent les soins virtuels et les soins fournis en personne dans une clinique avec des technologies et des approches novatrices, comme le triage assisté par l’intelligence artificielle, les consultations à distance, les services de diagnostic et de suivi à distance et d’autres services spécialisés, afin d’améliorer l’efficacité et l’accessibilité des soins aux patients (5).
  8. Les soins vétérinaires virtuels ont plusieurs avantages (6).
    • Ils aident à pallier la pénurie de main-d’oeuvre vétérinaire (en contribuant à optimiser l’utilisation du temps limité des professionnels vétérinaires et des ressources de la clinique).
    • Ils éliminent certains obstacles rencontrés par les clients (résidence éloignée des endroits où des services en personne sont offerts, maladie, mobilité réduite, handicap, problèmes de transport, patients anxieux, situations familiales, etc.) (7).
    • Ils permettent la prise en charge vétérinaire professionnelle de patients qui, autrement, n’y auraient pas accès (patients qui vivent dans des régions éloignées, patients isolés en raison de situations d’urgence telles que des feux de forêt ou des inondations, etc.) (8).
    • Ils donnent accès aux soins vétérinaires à des clients qui n’ont pas de fournisseur habituel de services vétérinaires, par exemple en situation d’instabilité résidentielle (9).
    • Ils sont le choix privilégié dans certaines situations, comme le suivi des patients fragiles ou atteints de maladies chroniques.
    • Ils favorisent le bien-être du personnel en réduisant l’achalandage en clinique, en offrant une plus grande souplesse dans les horaires, et en permettant des modalités de travail adaptées qui peuvent aider à gérer la charge de travail et à réduire l’épuisement professionnel (10).
  9. L’énoncé de position de l’ACMV sur l’intelligence artificielle en médecine vétérinaire souligne que les progrès rapides de la technologie soulèvent des préoccupations quant aux risques potentiels pour les patients et à la responsabilité des médecins vétérinaires (11). Étant donné la possibilité que l’intelligence artificielle soit de plus en plus intégrée aux soins vétérinaires virtuels dans les mois et les années à venir, les professionnels vétérinaires devraient s’assurer que les plateformes de soins virtuels qu’ils utilisent protègent les renseignements personnels des clients et la confidentialité des données et qu’elles sont fiables et conformes aux normes de qualité, et que leur utilisation est acceptée et couverte en vertu de leur assurance responsabilité professionnelle.
  10. Les professionnels vétérinaires qui fournissent des soins virtuels sont tenus de respecter les mêmes normes éthiques et professionnelles et ont les mêmes obligations légales que les professionnels vétérinaires qui prodiguent des soins en personne. Une relation vétérinaire-client-patient valide est requise pour qu’un médecin vétérinaire exerçant au Canada puisse offrir des soins vétérinaires virtuels. Chaque organisme de réglementation provincial ou territorial au Canada définit les paramètres relatifs à l’établissement de la relation vétérinaire-client-patient dans sa province ou son territoire (12).
  11. L’ACMV appuie la poursuite de l’expansion et de l’adoption des options de soins vétérinaires virtuels par les organismes de réglementation vétérinaire des provinces et des territoires afin de répondre aux besoins en constante évolution des patients et des clients du Canada en matière de soins vétérinaires, y compris les options relatives à l’établissement d’une relation vétérinaire-client-patient virtuelle valide.
  12. Bien que les soins vétérinaires virtuels ont des avantages pour les patients, les clients et les membres de l’équipe vétérinaire, ils ne sont pas toujours appropriés et peuvent présenter des risques dans certaines situations. Voici quelques exemples :
    • Les clients peuvent être exposés sans le savoir à des services illégaux ou non autorisés qui compromettent la sécurité des patients et les laissent sans recours. Les clients potentiels intéressés à recourir à des services de soins vétérinaires virtuels devraient donc s’assurer qu’ils comprennent d’où proviennent les conseils qu’ils reçoivent (lieu géographique) et comment les services de suivi, si nécessaire, seraient fournis.
    • Une plainte contre un professionnel vétérinaire ne peut être déposée que si cette personne est titulaire d’un permis délivré par une autorité canadienne. Les professionnels vétérinaires sont tenus de détenir un permis d’exercice valide dans la province ou le territoire où ils exercent, car l’octroi des permis d’exercice au Canada relève de la compétence des autorités provinciales et territoriales. Par conséquent, les organismes de réglementation ne sont habilités à recevoir et à examiner que les plaintes concernant des professionnels vétérinaires dûment autorisés à exercer dans leur province ou territoire.
    • Les clients doivent savoir que si le professionnel vétérinaire n’est pas titulaire d’un permis d’exercice délivré par un organisme de réglementation canadien, il peut être impossible ou inutile de déposer une plainte à son endroit. Les professionnels vétérinaires qui ne sont pas titulaires d’un permis d’exercice valide au Canada peuvent ne pas avoir suivi une formation équivalente ou ne pas exercer selon les mêmes normes que les professionnels vétérinaires agréés par les organismes canadiens de réglementation vétérinaire.
    • Les clients devraient être informés que certains organismes provinciaux ou territoriaux de réglementation vétérinaire du Canada ne permettent pas aux professionnels vétérinaires de prescrire et de fournir des médicaments dans le cadre de la prestation de services vétérinaires exclusivement virtuels. Ceux qui le permettent imposent généralement certaines restrictions ou mesures de protection.
  13. Les clients potentiels qui souhaitent recourir aux services de soins vétérinaires virtuels devraient se référer à la réglementation provinciale ou territoriale pertinente applicable à ce type de soins. Une liste des organismes de réglementation vétérinaire du Canada peut être consultée sur le site Web de l’ACMV (4).

Références

  1. American Veterinary Medical Association. Connected care: Telehealth in veterinary practice. En ligne : https://www.avma.org/resources-tools/animal-health-andwelfare/telehealth-telemedicine-veterinary-practice (dernière consultation le 7 avril 2025).
  2. American Veterinary Medical Association. Telemedicine. En ligne : https://www.avma.org/resources-tools/avma-policies/telemedicine (dernière consultation le 7 avril 2025).
  3. Canadian Council of Veterinary Registrars. National Policy Statement on Telemedicine. 2025. Document non accessible au public.
  4. Association canadienne des médecins vétérinaires. Organismes de réglementation vétérinaire du Canada. En ligne : https://www.veterinairesaucanada.net/ressourcespubliques/organismes-de-reglementation-veterinaire-du-canada/ (dernière consultation le 7 avril 2025).
  5. Virtual Veterinary Care Association. 2025. En ligne : https://vvca.org/
  6. Bell RN, et al. Near-Term Digital Health Predictions: A Glimpse into Tomorrow’s AI-driven Healthcare. Telehealth and Medicine Today 2023;8(5). En ligne : https://doi.org/10.30953/thmt.v8.452
  7. Abu-Seida AM. Veterinary telemedicine: A new era for animal welfare. Open Veterinary Journal 2024;14(4):952-961 (ISSN : 2226-4485 [version imprimée]; ISSN : 2218-6050 [version en ligne]; DOI : 10.5455/OVJ.2024.v14.i4.2).
  8. Niemiec R, et al. Veterinary and pet owner perspectives on addressing access to veterinary care and workforce challenges. Frontiers in Veterinary Science 2024;11:1419295. En ligne : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39086761/
  9. Association canadienne des médecins vétérinaires. Accès aux soins vétérinaires au Canada. 2024. En ligne : https://www.veterinairesaucanada.net/politiques-etrayonnement/enonces-de-position/enonces/acces-aux-soins-veterinaires-au-canada/
  10. Volk JO, et al. Work-life balance is essential to reducing burnout, improving well-being. Journal of the American Veterinary Medical Association 2024;262(7):950-957. En ligne : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38729208/
  11. Association canadienne des médecins vétérinaires. L’intelligence artificielle en médecine vétérinaire. En ligne : https://www.veterinairesaucanada.net/politiques-etrayonnement/enonces-de-position/enonces/l-intelligence-artificielle-en-medecineveterinaire/ (dernière consultation le 7 avril 2025).
  12. College of Veterinarians of British Columbia. Guidelines for the Use of Telemedicine in Veterinary Practice. 2021. En ligne : https://www.cvbc.ca/wpcontent/uploads/2021/10/CVBC-Guidelines-Update-Telemedicine-July-2021-FINAL-forposting.pdf (dernière consultation le 7 avril 2025).