CJVR - janvier 2026, Vol. 90, No. 1
Scientifique
Articles
Long-term assessment of nephrosplenic space closure in horses
Camila Cantarelli, Nicola C. Cribb, Massimo Delli-Rocili, Brigitte Brisson, Alex zur Linden, Jeff L. Caswell (page 7)
L’évaluation à long terme de la fermeture de l’espace néphrosplénique (ENS) et les comparaisons avec l’échographie et la palpation rectale font défaut. L’objectif de cette étude était d’évaluer la fermeture de l’ENS chez 12 chevaux de recherche 5 ans après une ablation laparoscopique, à l’aide d’un nouveau système de notation des adhérences, et de déterminer si l’examen rectal et les résultats échographiques pouvaient prédire la qualité des adhérences. L’ENS a été examiné par palpation rectale et échographie avant l’intervention, puis 30 jours et 5 ans après. Les distances entre le fascia rénal et la rate ont été mesurées par échographie. Les adhérences de l’ENS ont été notées par laparoscopie à 5 ans et comparées aux résultats de l’échographie et de l’examen rectal. Une régression logistique a été utilisée pour l’analyse statistique (P < 0,05). Trois des 11 chevaux présentaient des adhérences jugées insuffisantes pour prévenir un piégeage du côlon. Les autres chevaux présentaient des adhérences importantes sur plus de 50 % de l’ENS. Les mesures échographiques de l’ENS caudal ont diminué significativement au fil du temps (P < 0,05), mais ces variations n’étaient pas prédictives de la qualité des adhérences. La durée de l’intervention, le nombre de points de suture et les saignements n’étaient pas prédictifs d’une adhérence adéquate. Globalement, la fermeture laparoscopique de l’ENS a permis d’obtenir des adhérences adéquates chez 8 chevaux sur 11, persistant pendant au moins 5 ans. La palpation rectale s’est avérée une méthode fiable pour évaluer la fermeture de l’ENS, tandis que l’échographie a montré une utilité limitée en raison de l’interférence intestinale et de son manque de valeur prédictive. Ces résultats confirment l’efficacité à long terme de la fermeture l’ENS et pourraient contribuer à renforcer la confiance des propriétaires et leur adhésion à cette intervention chirurgicale préventive.
(Traduit par Docteur Serge Messier)
Molecular prevalence of equine alphaherpesvirus-1 shedding in healthy broodmares in Ontario
Carina J. Cooper, Luis G. Arroyo, Jutta D. Hammermueller, Michaela M. Botts, David L. Pearl, Sarah K. Wootton, Brandon N. Lillie (page 16)
L’herpèsvirus équin de type 1 (EHV-1) est omniprésent chez les chevaux, mais les estimations de prévalence varient de 3 à 88 % selon la population et la méthode d’échantillonnage. Aucune étude de prévalence n’a été menée en Ontario, Canada. L’objectif de cette étude était de mesurer la prévalence de l’excrétion d’EHV-1 chez les juments poulinières en bonne santé en Ontario. Au total, 381 juments provenant de 42 élevages ontariens ont été échantillonnées, incluant des juments gestantes et non gestantes. Des échantillons sanguins ainsi que des prélèvements à partir du nez et du vagin ont été effectués chez chaque jument, jusqu’à 6 fois, entre décembre 2016 et octobre 2017, selon un plan d’étude transversal. Le nombre de copies de la glycoprotéine B (gB) de l’EHV-1 a été mesuré par PCR numérique en gouttelettes (ddPCR). Un questionnaire portant sur les caractéristiques signalétiques, le statut de gestation et la vaccination a été rempli au moment du prélèvement. Au total, 85 % des juments échantillonnées étaient positives à l’EHV-1, à au moins un site et à au moins une reprise. Les prélèvements nasaux, vaginaux et leucocytaires étaient positifs respectivement dans 8,1 %, 15,8 % et 17,2 % des cas. Les juments gestantes présentaient une probabilité accrue d’excrétion virale nasale [rapport des cotes (OR) = 1,50, intervalle de confiance (IC) 95 % : 1,03 à 2,18, P = 0,037]. La vaccination réduisait uniquement la probabilité de présence du virus dans le sang (OR = 0,70, IC 95 % : 0,49 à 0,99, P = 0,043). Un stade de gestation avancé semblait également avoir un effet protecteur sur la présence du virus dans le sang (OR = 0,89, IC 95 % : 0,85 à 0,93, P < 0,001). La plupart des juments de l’Ontario étaient positives à l’EHV-1 malgré leur bonne santé et leur vaccination, bien que la quantité d’ADN viral détectée fût extrêmement faible. De plus, le vagin a été identifié comme une source d’excrétion virale.
(Traduit par Docteur Serge Messier)
Whole blood glutathione peroxidase activity in Standardbred broodmares supplemented with vitamin E and selenium
John D. Baird, Luis G. Arroyo, John H. Lumsden (page 25)
L’objectif de cette étude était de déterminer l’effet d’une supplémentation orale en sélénite de sodium et en alpha-tocophérol, ou d’une administration intramusculaire d’une préparation commerciale de sélénium (Se) et de vitamine E, chez des juments poulinières Standardbred présentant une faible activité de glutathion peroxydase (GPx) sanguine (21,0 ± 18,1 UI/g Hb). Dix juments ont reçu 3 injections intramusculaires (IM) hebdomadaires, tandis que 9 autres ont reçu une supplémentation orale quotidienne pendant 10 semaines. Des échantillons de sang ont été prélevés par ponction de la veine jugulaire et l’activité de la GPx sanguine a été mesurée à chaque prélèvement pendant les 32 semaines de l’étude. L’administration orale autant qu’intramusculaire, a entraîné une augmentation significative de l’activité de la GPx sanguine dans les deux groupes de juments.
(Traduit par Docteur Serge Messier)
The accuracy of 2 clinically used techniques and a pressure tip catheter for measuring intravesicular pressure in a canine cadaveric model of intra-abdominal hypertension
Elroy V. Williams, Jennifer M. Loewen, Mateo O. Castano, James C. Colee, Anthony P. Carr, Cindy Shmon (page 30)
L’hypertension intra-abdominale persistante ou sévère peut évoluer en syndrome de compartiment abdominal en l’absence d’intervention thérapeutique rapide. Ces interventions reposent largement sur une surveillance fiable et précise de la pression intra-abdominale. La méthode la plus fiable pour surveiller la pression intra-abdominale chez les petits animaux consiste à mesurer indirectement la pression intravésiculaire. L’objectif de cette étude était de comparer la précision de la manométrie à eau, du transducteur de pression externe (ExtT) et de la sonde à pointe fendue pour la mesure de la pression intravésiculaire par rapport à une pression intra-abdominale connue. Nous avons émis l’hypothèse que la manométrie à eau serait plus précise que ExtT sur un modèle canin cadavérique et que la sonde à pointe fendue serait la plus précise des 3 techniques. Chaque technique a été appliquée sur 22 cadavres de chiens de petite race, de manière aléatoire, avec des augmentations progressives de la pression d’insufflation via une aiguille de Veress supra-ombilicale. La pression abdominale induite variait de valeurs normales (4 mmHg) à des niveaux compatibles avec une hypertension intra-abdominale sévère (30 mmHg). Le test de comparaisons multiples de Tukey a été utilisé pour évaluer et isoler les différences, après application du test à effets fixes. Une différence statistiquement significative a été observée en termes de précision avec la technique ExtT par rapport à la pression d’insufflation, avec une surestimation de ± 2,63 mmHg (P = 0,0041). Aucune différence statistique de précision n’a été notée entre la manométrie à eau et la technique de la sonde à pointe fendue. Les limites de l’étude incluent son caractère cadavérique, qui ne permet pas une transposition clinique directe de ces résultats. En conclusion, parmi les 2 techniques couramment utilisées, la manométrie à eau semble plus précise que la technique ExtT. La technique de la sonde à pointe fendue semble être tout aussi précise que la manométrie à eau dans ce modèle cadavérique.
(Traduit par Docteur Serge Messier)
Inaccuracy in assessing reduction of humeral condylar fractures using digital radiography and its effect on the decision to return to surgery
Edward Hart, Grzegorz Lukaszewicz, Damian Chase, Alan Danielski, Alastair Coomer, Alex Walker, Darren Carwardine, Dirsko J.F. von Pfeil, Helen Smith, Ignacio Calvo, James Grierson, Karen L. Perry, Michael A. Nawrocki, Richard M. Jerram, Rob Adams, Stephen P. Clarke, Thomas Cox, Vassilis Chantziaras, Mike Farrell (page 36)
L’objectif de cette étude était d’évaluer la précision des chirurgiens vétérinaires spécialistes certifiés dans l’évaluation de la réduction des fractures du condyle latéral de l’humérus (FCLH) à l’aide de radiographies orthogonales et de déterminer la fréquence à laquelle une reprise chirurgicale immédiate est recommandée pour corriger une réduction jugée imparfaite. Il s’agissait d’une étude ex vivo portant sur 21 coudes provenant de 11 cadavres de chiens adultes. Des FCLH ont été créées chirurgicalement et réparées avec une fixation anatomique ou imparfaite (décalage de 1, 2 ou 3 mm dans les directions distale et caudale). Quatorze chirurgiens certifiés ont évalué les radiographies postopératoires afin de déterminer la qualité de la réduction et la nécessité d’une reprise chirurgicale immédiate. Il a été constaté que les chirurgiens classaient fréquemment mal les fractures imparfaitement réduites, en particulier celles présentant un décalage caudal. Globalement, les défauts de 1 mm ont été mal classés dans 24 % des cas, ceux de 2 mm dans 34 % des cas et ceux de 3 mm dans 28 % des cas. Les malréductions distales, en particulier celles ≥ 2 mm, étaient plus susceptibles d’être identifiées et de faire l’objet d’une recommandation de réintervention immédiate. Au total, 25 % des décalages de 1 mm, 54 % de ceux de 2 mm et 45 % de ceux de 3 mm ont notées comme nécessitant une réintervention immédiate. La reproductibilité intra-observateur était limitée, avec une précision parfaite et des recommandations de réintervention obtenues dans 51 % des cas de malréductions distales et 26 % des cas de malréductions caudales. Il a été conclu que les radiographies standard peuvent ne pas permettre une détection fiable des malréductions des FCLH, notamment dans le sens caudal. Les résultats rapportés de la réparation chirurgicale des FCLH pourraient donc être influencés par une classification erronée de la réduction.
(Traduit par Docteur Serge Messier)